au bercail !

20150604_225308_resizedDéjà qu’on se sentait un peu carrément en vacances entre le congés maternité des unes, la fin des classes des autres, l’inscription à la piscine et les kermesses qui s’enchainent dans notre agenda de vacancier-ministre. Il faut bien l’avouer… depuis notre retour de Hong Kong, c’est freestyle à la playa… mais là, c’est le pompon !

Michoco a bien compris que je me la jouais plutôt coolos en ce moment… A l’heure de rentrer chez nous, du haut de ses deux pommes et demi il décide que non, lui il reste là. Il faut dire que « là », c’est un peu le paradis pour lui : nos voisins jumeaux ont non seulement bientôt 5 ans (autant vous dire que Michoco les regarde comme des Dieux vivants !), mais aussi une grande cour, une belle salle de jeu, beaucoup de jouets, et surtout chacun de leurs jouets en double exemplaire, gémellité oblige, le pied absolue pour Michoco qui peut faire combattre 2 Spiderman ensemble ou faire rouler 2 motos avengers en même temps (oui parce qu’en plus leurs jouets sont absolument fascinants aux yeux de Michoco qui me lance ses duplo et ses puzzles d’occasion dans la figure en rentrant à la maison…).

Bref, je compte les minutes, je plie bagage, j’explique, puis je menace de partir, rien n’y fait. Quitter le paradis sur terre pour aller ingurgiter une soupe, et puis quoi encore ?! Tu m’as pris pour qui ? Mon fils, cet ado, si si à son regard j’ai pris peur…

« Il n’a qu’à rester dormir » Trop tard, le mot est lancé. Tout le monde trépigne, hurle, saute, s’embrasse, et Michoco aussi. Well… Why not après tout ! Sachant qu’il y 99% de chance pour qu’il change d’avis, je suis joueuse !

Me voyant tourner les talons après 3 mots et 2 clins d’œil échangés avec la maman, je m’attendais à ce qu’il se ravise. Absolument pas. Avec un sens pratique à toute épreuve il me demande tout de même si je vais lui ramener sa tétine pour faire dodo. Oui… bien triste constat : il tient plus à sa tétine qu’à moi.

Je pars, libre comme le vent qui souffle dans le désert, en me disant après tout, la maison pour moi toute seule, et ne pas être réveillée par la morve de quelqu’un d’autre qui coule sur mes yeux, je ne dis pas non…

Au bout de 200 mètres il commence à drôlement me manquer, mais je prends conscience que ça va être mon fardeau de mère toute ma vie, alors autant s’habituer tout de suite ! Je prépare son sac : doudou, tétine, pyjama, change pour demain, sac d’école, brosse à dents. Je refais les 200 mètres dans l’autre sens pour aller déposer le sac de ma progéniture que je trouve entrain de rigoler, déguisé en super man de la tête aux pieds. Ils sont en pleine soirée pyjama ! Qu’il me semble grand soudain… Il vérifie très sérieusement si j’ai emmené sa tétine et s’en retourne d’un coup de cape à ses jeux.

Tant bien que mal j’essaie de m’agripper à lui pour obtenir un bisou. « Oui c’est ça maman, bon laisse moi maintenant ». Même si ce n’est pas formalisé ainsi j’ai bien visualisé ce à quoi j’aurai droit pendant les 20 prochaines années… Pathétique…

Je refais les 200 mètres dans l’autre sens (ça en fait des 200 mètres à force !) et me voilà rentrée chez moi, sans aucune tâche à faire que m’avachir dans le canapé ! ça fait tout drôle, je n’ai plus l’habitude !

Grand choco qui depuis qu’il est hors de Dakar est à nouveau transis d’amour pour nous (sympa mais ce serait mieux d’être transi d’amour pour nous quand tu es avec nous, quitte à faire la gueule quand tu es loin car l’inverse ça ne le fait pas trop…) réagit : « quoi ? Mais non, mais il est petit, Est-ce qu’il va dormir ? Il a besoin de toi ». Je vous dis je ne sais pas quelle mouche l’a piqué en brousse pour tout à coup s’intéresser à notre sort, je ne suis tellement pas habituée que ça devient louche !

Bref, il commencerait presque à me faire flipper ! Je tapote un texto pour les parents des jumeaux, puis l’efface. On a convenu qu’en cas de souci ils m’appelleraient, je ne vais pas en plus les harceler et passer pour une mère juive !

Finalement Michoco aime plus sa maman que sa tétine puisqu’il a expliqué à tous ces hôtes de manière apparemment très claire qu’il s’était bien amusé mais que les dodos, c’était avec sa maman ! Ils ont bien compris le message. Après quelques tentativettes et surtout l’avoir laissé bien s’amuser, ils l’ont ramené à 21h30 repu, lavé, dents brossées, en pyjama et surtout bien lessivé après cette demi-soirée pyjama bien excitante !

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Instants rares

femme dans la rueMarcher dans la rue incognito.
Avec l’air fier de mes vingt ans.
Ne pas être reconnue,
Être considérée comme une personne parmi tant d’autres.
Vivre juste pour moi,
Et tenir une conversation futile ou pas, sur un sujet lambda ou sur la dernière actualité du moment.
Occulter un pan de ma vie,
Ne pas me demander non plus qui sont ou comment font les autres.
Et puis sourire du temps qui file.
Ou juste fermer les yeux pour profiter.
M’assoir sur un banc. Manger un pain au lait.
M’impatienter de le retrouver. Quand même.
Respirer intensément ces quelques minutes où ceux qui me regardent ne me voient pas comme une… maman.

Escapade scolaire

Mardi j’étais officiellement désignée d’office maman accompagnatrice de la sortie scolaire de la classe de Michoco. A vrai dire la maîtresse ne m’a pas vraiment laissé le choix, mais j’étais ravie quand même !

C’était une première pour les élèves, comme pour moi…

J’ai eu l’occasion de faire beaucoup de découvertes :

. Ce sont les enfants des parents accompagnants qui pleuraient le plus parce qu’ils voulaient toujours rester à 0cm de leur papa ou de leur maman. Sauf Michoco ! Il s’inquiétait tout de même de vérifier si je suivais bien le groupe… au cas où je me serai perdue ! En effet il était absolument scandalisé que je n’ai pas d’étiquette autour du cou avec mon prénom et le nom de mon école comme lui…

. Cette école est vraiment super (je le savais déjà, mais ça ne fait que confirmer !). C’était très bien organisé, l’équipe avait pensé à tout, des pots pour faire pipi, des nattes et des parasols pour le goûter, des bassines pour se laver les mains, des bouteilles d’eau pour boire au milieu de la visite, le bus et les horaires, au taquet.  Vraiment sympa de sortir dans ces conditions (surtout quand on connaît le Sénégal et qu’on sait que ça peut très vite dégénérer…)

. Michoco me parlait de la sortie scolaire tous les jours depuis 5 jours, il l’attendait, il savait qu’on allait y aller en bus, répétait le bruit des animaux, mais je me suis rendue compte que les autres enfants n’étaient pas forcément aussi renseignés / intéressés au programme que lui. Il fait partie du groupe des élèves qu’on peut qualifier d’enthousiastes ! Je pensais que tous les enfants l’étaient par nature, mais non !

. Les autres garçons de la classe ne sont pas plus autonomes que Michoco pour la gestion de leur pipi… Tandis que toutes les petites filles savent bien baisser leur culotte et leur short, les garçons n’arrivent toujours pas à ouvrir un seul bouton de leur pantalon, ni à baisser leur slip de 5 centimètres. Je ne voudrais pas généraliser, mais quand même il semble que certaines compétences se développent plus vite selon le sexe de l’enfant ! Michoco, qui est de la toute fin de l’année, est presque un des plus dégourdis (d’accord, je dis ça parce que c’est mon fils !! et aussi parce que c’est le seul que j’ai menacé…), il a daigné baisser son slip de 4 millimètres !

. Le goûter de Michoco ne ressemble pas du tout au goûter des autres enfants ! Heureusement ça n’a pas l’air de le déranger pour le moment mais il est le seul à avoir une tranche de gâteau ou une tartine fait maison et surtout un fruit frais ou une portion de fruit frais. Je pensais qu’ils seraient au moins 4 ou 5 dans son cas, mais non. Même si quelques-uns ont des compotes toutes prêtes, pour la plupart c’est sachet de biscuits en quantité parfois… industrielles ! 3 sachets individuels de gâteaux et un paquet de chips pour un enfant c’est trop quand même !!! La maîtresse d’un air désolée m’a dit que non, ce n’était pas parce que c’était la sortie scolaire, c’était tous les jours ainsi, du coup elle fait choisir les enfants et  limite à un paquet. Sans vouloir généraliser non plus, ça a l’air d’être une pratique courante chez les familles sénégalaises… Mais elle m’a demandé de ne surtout pas changer le goûter de Michoco qui est très bien comme il est !

. Michoco que je pensais très sociable est en fait assez solitaire en groupe. A partir du moment où il est entouré par d’autres, il cherche plus à rester seul dans son coin. Quand 19 enfants voulaient s’entasser sur un banc de 4 places, lui est allé se chercher une confortable racine d’arbre pour s’assoir. Durant 10 minutes il est resté peinard sans que personne ne lui dise rien. Après ça a dégénéré puisque tous les garçons ont voulu faire de même, en se griffant, se marchant dessus, s’escaladant. Ils se sont bien entendu tous fait gronder avec interdiction formelle de s’assoir sur la racine de l’arbre, mais Michoco lui avait déjà pris la poudre d’escampette pour créer un nouveau siège sur une pierre !

. A deux ans on peut être la tête de turc d’une maîtresse. Heureusement ce n’est pas tombé sur Michoco, mais personnellement, je n’ai pas trouvé B. plus indiscipliné ou terrible que les autres, et pourtant qu’est-ce qu’il s’est pris comme remarques…

. C’est parfois plus facile de gérer les enfants des autres que son enfant ! Michoco adore prendre la poudre d’escampette à la moindre occasion, pas pour faire des bêtises, juste parce que c’est bien connu : c’est toujours plus intéressant ce qu’il y a ailleurs… Bien évidemment quand j’étais chargée de lui tenir la main, il en profitait à fond et moi ça me stressait ! J’ai heureusement réussi à changer de groupe pour ne plus être responsable de lui et c’était très bien ainsi ! D’ailleurs Michoco était ravi également, tant que je faisais partie du groupe. Je surveillais donc U. qui visiblement a la même bougeotte que Michoco mais qui m’écoutait presque quand je lui demandais de rester prêt de moi. J’ai pu conserver un semblant de dignité aux yeux des maîtresses et des autres parents !

. Sans vouloir être médisante, le personnel du zoo ne semble pas des plus qualifiés (bon, ça aussi je le savais déjà, mais ça confirme…). J’assume le fait que je me suis sans doute adressée à la mauvaise personne mais à la recherche du nom de l’animal qui ressemblait à un faon, une biche, un gazelle sans corne (?) le gardien de l’allée m’a répondu que c’était une autruche. Non pas celui-là, celui d’à côté. Là ! C’est un zèbre madame. Ah d’accord… Merci monsieur ! Je n’ai pas vraiment cherché à polémiquer, d’autant que les 3 enfants qui m’entouraient commencer déjà à chercher partout le zèbre. Non il n’y a pas de zèbres les enfants, vous voulez qu’on retourne voir les crocodiles ?!

20150414_113414_resized. Ce que l’on fait seule avec son enfant peut soudain devenir très dangereux en groupe. Je ne veux pas jeter la pierre sur le zoo de Dakar, mais quand j’y repense, je ne sais pas ce qui m’a fait le plus peur : les crocodiles séparés de nous par un muret de seulement 1,5 mètres et la maman d’à côté qui nous raconte qu’en plus les crocodiles peuvent sauter très haut, le fait qu’un enfant de moins d’un mètre pourrait se glisser très facilement sous la barrière pour aller directement caresser le doux museau des… lions ! Ou alors les chimpanzés qui, surexcités par l’abus de sucreries que les badauds leur envoient, relancent violemment à la figure des visiteurs tout objet/nourriture dont ils n’ont pas envie. Finalement en fin de visite le dromadaire qui sort sa tête du grillage pour lécher les visages des enfants m’a semblé beaucoup plus amical ! D’ailleurs c’est le seul moment où j’ai eu le temps de prendre une photo. Bref ce zoo est une vraie catastrophe en terme de sécurité, de pédagogie, mais surtout de respect des animaux…

Bilan général : Fatiguant, mais fort instructif ! Et les enfants ont adoré !

 

Vider son sac et repartir sur de meilleures bases !

Une semaine.

Il m’aura fallu une semaine avant de pouvoir ouvrir une nouvelle page blanche de petite yaye.

Il y a certains articles qui vous laissent des marques. Celui sur le sommeil de Michoco n’était pas anodin. Ecrit sur le vif, il m’a permis de me décharger d’un trop plein. Il m’a permis aussi de recueillir d’adorables messages que je n’attendais pas mais qui m’ont fait me sentir vraiment moins seule. Quelle bouffée de courage… Merci !

Le soir même de l’article, Michoco a dormi d’une traite, pour ne se réveiller que le matin une fois le jour bien entamé ! J’ai déchargé mon sac et j’ai pu ainsi le coucher plus sereine, ne pas lui transmettre, sans le vouloir, une partie du poids de mes propres angoisses.

Je suis contente car j’ai aussi réussi à partager mon problème avec Grand Choco. Il revient d’un long voyage à l’étranger où il était seul. C’est donc frais et dispo qu’il m’a entendu. Quand il est trop pris par son travail, ses soucis, sa fatigue, le million de personnes qui le sollicite, c’est impensable… mais là, il est intervenu pour poser quelques limites, pour me soulager aussi. Pour Michoco c’est important de sentir qu’on est deux et qu’on est sur la même longueur d’onde. Pour moi aussi !

Samedi soir, je les ai un peu mis devant le fait accompli, mais ils ont joué le jeu, et puis si je les avais prévenu trop à l’avance Grand Choco aurait trouvé un imprévu impératif dans son planning… : je les ai laissé tous les deux ! Grand choco a joué, fait mangé, lavé, couché Michoco. ça va peut-être vous sembler bête mais en deux ans et 3 mois c’était la première fois… La première fois qu’il s’est occupé 4 heures de suite de son fils ; la première fois qu’il a accepté de gérer des impératifs de la journée : manger, se laver, dormir.

Et moi j’étais au cinéma, bien en avance, pour ne surtout pas rater le très demandé Timbuktu (merci le tout nouveau cinéma numérique de l’institut français qui nous permet de pouvoir découvrir les films bien plus tôt qu’avant !).

Depuis dimanche, Michoco ne s’endort plus l’après-midi. Je lui impose un temps calme d’une heure où il reste dans son lit pendant que je m’allonge moi aussi. Au delà de cette heure-là, s’il ne s’est pas endormi, je n’insiste pas. Du coup le soir il s’endort très tôt et sans souci, et il fait le tour du cadran voire plus. En fait il dort le même temps, mais c’est beaucoup moins stressant pour lui comme pour moi. Moins de conflits, de frustrations, de sentiments d’échec ou d’incompréhension.

Bon hier soir il était tellement claqué qu’il est parti se coucher à 18h55 avec 2 cuillères de soupe dans le ventre et sans prendre de bain… pas sûre que si je le mets dans une voiture dans l’après-midi, il ne sombre pas dans un profond sommeil, mais on va continuer à se chercher/observer/essayer…

20150401_083942_20150401084259770Il est trop tôt pour vous dire si on arrête les siestes auxquelles je tenais tant, qui lui faisaient du bien et qui me permettaient de poursuivre mon travail l’après-midi. Je ne sais pas si il est entrain de changer de rythme ou si c’est une période, si je fais bien ou mal, et de là à savoir ce que nous ferons dans quelques semaines… mais aujourd’hui, 7 jours après de chaudes larmes qui roulaient sur nos joues, on se porte mieux vis à vis du sommeil !

 

Comme des petits pains

chauffe-coeur-et-chausson-katia-1Il était évident que si ça tournait dans ma tête, d’autres devaient aussi se poser des questions… Le sujet est pour l’instant tranché de mon côté pour les raisons que j’évoquais ici.

Pour d’autres les questions sont devenues de tendres preuves d’amour, un peu d’urine sur des bouts de plastique, de jolis ventres qui s’arrondissent timidement ou allègrement, des annonces qui font un peu moins sauter au plafond que les premières mais drôlement sourire tout de même !

Voilà. Nous sommes entourés de grossesse. Il fallait s’y attendre. D’autant que nous sommes entourés de parents avec des premiers enfants du même âge que Michoco…

Comme des petits pains, la seconde fournée est prévue pour mai, juin, juillet, août, septembre. Ils se sont donnés rendez-vous ou quoi ?!

Michoco a bien compris le concept du bébé dans le ventre : il soulève le T-shirt de tout le monde en demandant où sont les bébés ; ça fait bien rire les femmes enceintes, un peu moins les papis ou les petites filles qui n’ont pas franchement envie de montrer leur nombril…

Et puis le voir si complice avec bébé Sékou, un des derniers nés du village, que d’émotions… Alors quand il cherche un bébé sous mon t-shirt, j’ai un petit pincement au cœur.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis l’aînée, si c’est parce que j’ai aimé avoir une sœur et un frère, mais j’espère que Michoco aura lui aussi cette chance-là.

Un jour…

Pour cette fournée, on passe notre tour !

 

ça va devenir une tradition sur cette thématique… la photo de ces adorables chaussons roses viennent, comme mon précédent article sur le deuxième enfant, du blog de Panaka62 qui justement en a deux, elle… Jamais deux sans trois ?! (mais trois quoi ? trois articles chez petite yaye ou trois bébés chez panaka ?! lol).

En prendre… et en laisser !

blablaEn matière de maternité, les mêmes mots ne signifient pas la même chose pour tout le monde. Mieux vaut donc ne pas trop prendre les mots des autres au pied de la lettre !

Un parent sera tout fier d’annoncer que son bébé fait ses nuits alors qu’il dort seulement 5 heures de suite ; avec 7 ou 8 heures d’affilées d’autres seront désespérés qu’il ne fasse pas ses nuits… D’autres encore diront qu’il fait ses nuits alors que l’enfant se réveille en cododo 4 ou 5 fois dans la nuit…

Ici avec les Dakarois, j’ai encore plus l’impression qu’on ne parle pas la même maternité. « Moi aussi le mien se couche à 20h » Le 20 heures veut en fait dire entre 20h et 22h, ou alors que c’est après 20 heures qu’on envisage l’idée de commencer à penser à préparer l’enfant à se coucher ! ça n’a plus trop rien à voir avec Mon 19h30 qui signifie « couché et on n’y revient plus » entre 19h28 et 19h35 !

« Surtout ne pas l’habituer aux bras » m’a-t-on répété 5 fois dans une famille où le nourrisson passait 20 heures sur 24 dans les bras de la nounou, la grand-mère, la tante, l’oncle, le grand frère, la femme de ménage, la voisine !!!

En matière d’allaitement des mamans donnent le sein une fois par jour, le reste en biberon, et se ventent d’allaiter, d’adorer ça et de ne pas être du tout fatiguée. Ah oui, en effet comme ça je comprends mieux ! Mais ça n’a pas grand chose à voir avec la maman qui donne 8-12-15 tétées par jour et ne peut se décharger de son enfant ne serait-ce qu’une petite heure…

« Oui il ne prend que le sein » m’a dit un jour une maman en enfournant dans le bec du cérélac à son bébé de 5 mois. Le sein + des biberons + de l’eau + du cérélac donc !

J’ai du coup vite appris à me faire préciser dans le détail le contenu des affirmations qui me déstabilisait au début avant de prendre tout au pied de la lettre et nous comparer, voire de carrément culpabiliser, me remettre en question, me perdre…

En tant que parent (maman dans mon cas, mais je suis sûre que certains papas sur cette planète se posent aussi quelques questions !) d’un premier enfant, je pense que l’on a besoin de comparer notre petite prunelle avec les autres enfants du même âge, de jauger où on en est car on n’a pas vraiment de repères. Peut-être qu’avec les suivants aussi je n’en sais rien, mais j’imagine qu’on aborde les aspects techniques avec peut-être un peu moins de stress et de questionnements existentiels !

Bien entendu les parents plus expérimentés ont toujours quelque chose de très intéressant à raconter : moi mon premier… avec moi… non mais il ne faut surtout pas… Des fois les souvenirs s’embrouillent ou concernent des enfants d’un autre âge. Avec le temps on a aussi tendance à oublier certains détails invivables sur le moment, qui perdent en intensité ou en importance en grandissant. Ces interventions sont perturbantes pour le parent qui est déjà complètement perdu avec son tout-petit et se noie et dérive au gré des commentaires.

Sans parler des adultes qui n’ont pas d’enfant et des idées très arrêtées sur l’éducation !

Bref mieux vaut ne pas trop écouter ce qu’on raconte autour de vous et faire comme vous le sentez !
J’ai eu cette chance de recevoir des commentaires tellement aberrants que j’ai très vite pu faire le tri… J’ai eu la chance de croiser de telles différences sur ma route que j’ai vite été obligée de tracer mon propre chemin maternel en ce début de maternité si déstabilisant, fragilisant, déroutant, fatiguant, éprouvant…

Avec le recul, les gens qui se sont avérés de meilleur conseil, sont je crois ceux qui ont dû beaucoup souffrir eux-mêmes des remarques, conseils, intrusions des autres. Spéciale dédicace à ma sœurette chérie d’amour dont je retiens à vie deux conseils inestimables :

– « T’inquiête, à 18 ans il… (aura toutes ses dents, fera ses nuits, mangera proprement… adpater la phrase à votre cas) ou pas ! et alors ?! » En matière de dédramatisation, il n’y a pas mieux !

– « Mais qu’est-ce que tu as envie, toi ? » être au clair avec soi-même permet en effet de mettre en œuvre des stratégies adaptées à son besoin et celui de son bébé. Celui qui est attaché au sommeil, à l’alimentation, à la politesse, à… (adapter le mot à votre cas) de son enfant pourra alors réfléchir à quelles actions il a envie d’inscrire dans son quotidien. Cela peut paraître bizarre à certains mais NON : Nous n’avons pas tous les mêmes priorités pour nos enfants !

Chaque enfant est unique, chaque parent est unique aussi. Personne ne connaît mieux votre enfant que vous et quand bien même ce serait le cas, ils ne seront pas là pour le nourrir, coucher, consoler… et toutes vos angoisses ne les empêcheront pas de dormir sur leurs deux oreilles, eux !

Ne pas rejeter tout en bloc, certains conseils peuvent être utiles, salutaires, peuvent aider à prendre du recul ou à se positionner, mais savoir en prendre… et en laisser ! Pour rester le capitaine du bateau…

 

Pour ceux qui veulent poursuivre la minute psychologie, l’illustration vient justement d’un cours en ligne ici.

Ce samedi matin, c’était petit déjeuner du dimanche !

Ce matin, Michoco m’a rejoint dans la chambre à 7h30.

Depuis début janvier, finies les 13-14 heures de nuit… Depuis que les barreaux sont ouverts, qu’il fait plus froid, qu’il se dit que le matin est venu au moindre bruit trop matinal des voisins, qu’il a eu deuzans (terrible deuz vous connaissez ??!), c’est plutôt 6h30 que 9h… Ouch, ça me pique les yeux, et puis il faut dire que j’avais bien pris mes aises dans ses amplitudes horaires, mais ça c’était avant…

Bref hier soir, je l’avais bien averti : ne pas se pointer avant qu’il ne voit de la lumière par la fenêtre, il a « essayé de tenter de tester » à 7h (mais sans se lever du lit, comme quoi il a bien enregistré ce que j’ai dit…). Avec un petit rappel à l’ordre, on y est finalement parvenu !

20150207_091337_resized_17h30. Mon petit prince arrive sourire aux lèvres (ouf il ne m’en veux pas de l’avoir abandonnée tout seul dans le noir…), « Jour maman, fini dodoooooo !!! »

Contente de cette mini-victoire (sur moi-même surtout), le samedi matin sous la couette a été encore plus doux que d’habitude.

Ni Michoco, ni moi n’avions envie d’en partir.

J’ai envoyé en mission Michoco pour récupérer l’ordinateur dans le salon et on s’est fait une matinée couette ! et câlins ! et dessins animés ! Bref, on a traîné au lit…

20150207_094557_resized_1Sur les conseils des copines instagram (et oui même dans le lit nous avons la connexion wifi !), nous avons attendu un livreur de petit déj au lit, mais personne n’est venu, alors pour se résoudre à sortir un orteil de la couette, j’ai organisé un « vrai » petit déjeuner  !

Bien vitaminé, gourmand et bien garni : Toasts, fruits, céréales, jus d’orange, œufs à la coque… à 10h du mat.

20150207_095341_resized_1C’était trop agréable ! D’habitude c’est notre petit déjeuner du dimanche mais ce matin j’avais envie qu’on soit dimanche…

Maintenant il va falloir que je me creuse la tête pour que dimanche n’est pas le goût du lundi matin ;-)

Et chez vous, les petits déj’ du week-end c’est sacré ou vite fait ? Matinal ou tardif ? Seul ou en famille ?

Bon week-end !

Poésie du soir

20141223_184025_resizedEntre l’heure où s’allume le premier lampadaire et celle où la lune est la principale source de lumière dans notre rue, il y a le repas que l’on prépare ensemble, l’histoire du soir le temps que le dîner refroidisse un peu, le moment de manger qui commence toujours un peu mal car c’est si dur de devoir abandonner les livres, l’heure du bain, chaud, chantant, rempli de mousse, de bulles ou de sauvetage de playmobils et un tout petit moment câlin à la sortie du bain, où michoco est lové dans mes bras, enrubanné dans sa serviette de toilettes, mon toujours tout petit, tout chaud et tout humide. C’est juste avant de l’emmener dans sa chambre pour le pyjama et le dodo et ça dure quelques secondes, juste le temps d’un séchage de petit homme…

Petit moment câlin pour se dire des choses que l’on n’a pas toujours pris le temps de se dire dans la journée.

Souvent ce sont des mots doux, des bisous, parfois des chatouilles ou des « je fais le tour de la maison », des découvertes des parties du corps, le sien, en miroir le mien, des comptines, parfois aussi la réponse à certaines questions ou malentendus de la journée. C’est un moment rien qu’à nous que Michoco s’approprie de plus en plus, je soupçonne que c’est entre autre pour retarder d’autant l’heure du coucher…

Ce soir, c’était une conversation un peu surréaliste… une poésie à deux voix…

– J’ai passé une bonne journée aujourd’hui. On s’est bien amusé et tu sais, je suis drôlement contente d’être ta maman, ça me rend très heureuse !

– Merci maman. Toi tu es ma maman à moi.

– Oui je suis ta maman et toi tu es mon fils !

– fils ! fil… ficelle !

– oui c’est ça tu es ma petite ficelle !

– Ficelle. C’est doux ça maman.

– Une petite ficelle, pour toujours accrochée à mon cœur.

– J’aime

Bonne nuit les amis !

ma maman a 37 ans…

bougieanniv

 

Quand j’avais 9 ans, elle en avait 37.

Depuis les années passent, je grandis, je vieillis même. Elle aussi. Mais pour moi, elle a toujours 37 ans…

Quand je la vois, je redeviens une petite fille qui regarde sa maman comme si c’était la plus belle maman du monde entier, la seule, l’unique !

Je me souviens les cartes de fête des mères préparées avec soin, les petits mots d’amour laissés sur la table, les fleurs de pissenlis dans un verre à moutarde. C’était hier.

Elle avait les cheveux courts. Et moi aussi. Ne me demandez pas pourquoi mon fiston a une coupe d’iroquois, tout ça c’est une histoire de mini-moi…

J’avais toujours des jupes en matière jogging, des hauts en coton quand toutes les barbies de ma classe étaient en dentelles et en froufrous. Des vêtements pratiques, confortables, plus qu’élégants, et voilà que je suis la première à habiller mon garçon « à l’aise » car on n’est jamais aussi beau que lorsque l’on se sent bien dans sa peau… et libre aussi !

Sa colère, son mal-être, son trop-plein on le reverse malheureusement contre ceux que l’on aime le plus. Peut-être parce que ce sont ces personnes qui vous en voudront le moins ? Peut-être parce que ce sont ces personnes qui vous ont appris à ne pas tout garder en vous. Que c’est injuste d’être maman…

Je me suis souvent exaspérée qu’elle ait toujours un train de retard, sur les tampons hygiéniques, les garçons, les déménagements, mais c’est elle qui m’a fait ce cadeau de billet de train d’avance, de cette capacité à avoir confiance en moi, à ne pas attendre des autres. Au lieu de m’énerver, j’aurais du lui dire merci ! J’essaierai d’y penser la prochaine fois, même si je n’y arriverai pas toujours…

Quand elle allait mal, je n’ai pas compris, ou bien j’ai trop compris. Je n’avais plus 9 ans, j’en avais 15, l’âge où c’est trop révoltant de comprendre que le bonheur ce n’est ni gagné ni acquis. J’ai voulu prendre tous ses problèmes et les enfouir en moi pour qu’elle ait 37 ans à nouveau et que j’ai 9 ans pour toujours. Que les enfants sont à fleur de peau sur les émotions de leurs parents…

J’aimerai plus vous parler d’elle, mais vous parler d’elle revient à vous parler de moi et vous parler de moi à vous parler d’elle. Encore cette histoire de mini moi… Et puis au fond je la connais tellement bien que je ne la connais pas tant que ça… On se côtoie. Pudiquement. Voilà que je ne sais même plus par quel bout commencer…

En ce moment ça ne va pas très fort, elle ne m’a rien dit, je ne sais pas si c’est ce nouveau chiffre tout rond, cette tiroïde, le poids de ces fêtes kilométriques ou autre chose, mais à tout âge les mamans sourient et les mini-moi sont de sacrés drôles d’éponge… ainsi va la vie.

Aujourd’hui elle a 60 ans. Pour sa maman à elle, elle a peut-être toujours 9 ans, pour son petit-fils elle aura peut-être toujours 60 ans, mais pour moi elle a toujours 37 ans !

Bonne anniversaire ma maman chérie d’amour que j’aime tant !

Je t’aime d’un amour infini, plus grand et plus doux que tous les pétales de fleurs de la terre entière réunis !

 

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