Chères maîtresses…

Chères maîtresses,

Dans quelques années j’aurai tout oublié de vous.
Non pas que je ne vous apprécie pas, mais ainsi va la vie ! Mes souvenirs se construiront plus tard…

Je vous reconnaitrai peut-être encore un peu sur une vieille photo de classe, mais j’aurai oublié que c’est vous qui m’avez aidé à tenir mon premier crayon, à formuler mes premières phrases, à dire s’il te plaît ou merci, à respecter une consigne, à aller aux toilettes et me laver les mains ensuite, et tant de choses qui me seront tellement utiles pour l’avenir… Vous ne me laisserez pas de souvenirs mais vous m’avez offert un cadre et des bases, c’est tellement mieux !

C’est vous qui m’avez donné confiance en moi et envie de venir à l’école chaque matin, qui m’avez transmis les joies de la vie en collectivité aussi. Vous avez appris à me connaître. Vous avez pris en compte mon caractère pour mieux m’aider à grandir. Vous vous êtes mis à mon niveau pour me parler. Vous m’avez donné la main et respecté, vous avez été là quand je pleurais et tout aussi présentes pour me protéger des dangers.

Depuis le premier jour de classe, vous avez aussi permis à ma maman de lâcher un peu ma main, et ce pour notre plus grand bien à tous les deux.

L’année prochaine je passerai devant votre classe en vous snobant peut-être un peu, mais vous ne m’en tiendrez pas rigueur car votre reconnaissance vous la tirez dans mon sourire, dans mon enthousiasme à découvrir et à grandir, dans mes progrès.

Alors pour toute cette belle année passée ensemble, merci !

 

petite-yaye_merci

 

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Bonnes vacances !

Après 6 semaines de bons et loyaux services d’école, à notre tour aujourd’hui d’être en vacances pour 15 jours !

Nous avons fait un bisou aux maîtresses et embarqué le cahier de Michoco sous le bras !

Dans quelques jours, nous partirons à l’attaque de la brousse si tout va bien…

Promis, si j’arrive à avoir un semblant de connexion en même temps que de l’électricité et du temps, nous vous donnerons des nouvelles !

Reprise le 9 novembre…

Alors l’école ?

ecoleAprès deux semaines complètes à l’école, vous avez été plusieurs à me demander des nouvelles en privé… C’est l’heure du petit bilan !

Michoco, 21 mois aujourd’hui et deux semaines d’école à son actif, ça donne ça :

Michoco va toujours à l’école avec autant de plaisir. Il faut dire que ça avait particulièrement bien commencé (petit rappel) ! Il connaît le prénom de quelques-uns de ses camarades, de sa maîtresse et des deux assistantes. Ils sont 10 filles et 10 garçons, grosso modo 1/3 chocolat, 1/2 chocolat au lait et 1/3 chocolat blanc ! Jeux d’eau le mercredi, sport le vendredi, comptine, peinture, lecture, ils ont un petit programme déjà bien planifié ! Cette semaine la maîtresse a testé un coucou par la fenêtre avec lui dans les bras pour me dire au revoir, mais ça ne lui a pas plu du tout, de grosses larmes sont venues embuer ses yeux au moment où j’ai quitté la cour… On est revenu à l’ancienne méthode, il me lâche à la porte de l’école, se rue vers les toboggans, je l’emmène tant bien que mal à l’intérieur de sa classe avant que tous les autres enfants n’aient envie de sortir jouer dehors, et lui fais au revoir de loin. S’il ne veut pas (pas pour quitter maman, mais surtout pour faire demi-tour vers les toboggans…), la maîtresse vient lui expliquer l’activité du matin, lui demande s’il veut participer et il dit « ouiiii ! » et fonce ! La première semaine, surtout à cause de la fatigue, je venais le récupérer à 11h30 au lieu de 12h, avec comme excuse que c’est le plus petit de la classe, mais au bout du troisième jour quand le gardien ouvrait la porte de sa classe, il partait se cacher sous une table ou s’accrocher à une chaise !!!

Michoco est propre ! Je ne pensais pas que ce serait si rapide et si facile… Quand on a commencé le sans-couche (), ce n’était pas dans ce but. J’avais même hésité à l’envoyer à l’école sans couche, mais vous m’avez donné la confiance dont j’avais besoin. Deux accidents la première semaine, un la seconde, mais d’avis de maîtresse, plus à cause des maîtresses qu’à cause de Michoco. Maintenant il demande. Il vide bien sa vessie. S’il est pris dans ses jeux, faut quand même penser à lui demander. Il a réglé ses cacas sur l’heure du matin avant de partir à l’école. Pour la couche de la sieste, c’est la crise totale : il met ses mains sur son zizi, et dit « non, non ». J’ai donc décidé de le laisser aussi sans couche pour la sieste avec renfort d’alèse et de serviette de toilette pour voir (les couches étaient souvent à peine mouillée) et il s’est couché sans problème… Pour la couche du soir, il ne dit rien, mais demande à l’enlever en se levant. à suivre !

Michoco aime me montrer ce qu’il fait. Impossible de quitter sa salle de classe sans qu’il m’apporte quelque chose à me montrer, un livre, un jeu, un pinceau. Il a envie de me montrer ce qu’il fait, ce qu’il aime et ça me plaît bien. Je vois que les autres enfants ne font pas ainsi, mais moi j’aime bien le voir pleinement acteur de sa vie ! J’ai réussi à comprendre la chanson qu’ils apprennent à l’école. Il me fait partager ses jeux de motricité puisque la première semaine il voulait coûte que coute que je tourne, la seconde, le verbe toucher est apparu dans nos jeux ! La maîtresse a confirmé !

Livres, à l’abordage ! Il avait un peu mis de côté ses livres depuis fin juin et nos vacances, la reprise de l’école l’a relancé dans le plaisir de la lecteure et la découverte des nouveaux livres ramenés dans nos valises l’a boosté. Pas un jour, sans qu’il ne réclame de lire au moins 20 livres, seul ou avec moi, selon ses envies et ses humeurs. Dans la maison, il a maintenant 4 coins livres !

Impec avec les autres. Dans la rue il ne se laisse plus embêter par les autres enfants, il enlève leurs mains de lui et dit ‘ »achou » (c’est le mot qu’on utilise pour dire pousse-toi). C’est un peu chiant, à sa place je ferai la même chose, les autres enfants du quartier, certes plus grands que lui avec sans doute une volonté de le protéger, passent tout leur temps à le toucher… Il est très heureux au milieu des autres, parle avec les enfants comme les adultes, rie, salue, tout en restant très indépendant. J’aime bien qui il est ! Il décide vraiment les activités qu’il a envie de faire. Il a parfis ses temps tout seul. Il regarde ce que font les autres, entre dans leurs activités, il est souvent aussi l’initiateur des nouveaux jeux. En revanche quand il a décidé quelque chose, vous avez intérêt à être d’accord avec lui ou à avoir un plan B à lui proposer !!!

Colère, caprice, décharge, frustration, affirmation ? Quelques colères d’énervement, quelques crises, c’est nouveau. Il gagne en autonomie, sans pouvoir faire toujours tout ce qu’il voudrait faire, il emmagasine beaucoup aussi à l’école, la fatigue se rajoutant, je reste zen… (j’essaies !!!). J’ai mis en place le plan B, je vous en parle bientôt ;-)

Fini les endormissements sereins… Ecole, venue de son papa, début de la propreté, chaleur, autre phase ? Difficile à dire mais depuis le second jour d’école, retour à la case départ… alors que Michoco s’endormait vraiment bien tout seul le soir depuis ses 12 mois et 18 mois pour la sieste. Si je quitte la pièce, hurlement, destruction de tout élément à sa portée. Si je m’assois dans un coin de la pièce sans parler ni bouger, il s’allonge. Il trouvait son sommeil, mais a compris le truc et commence maintenant à faire le malin et jouer dans le lit ou rire en m’appelant. Il va falloir que je recommence ma technique d’éloignement qui consiste à me déplacer de quelques centimètres chaque jour, pour finalement finir un beau jour en dehors de la chambre… J’ai eu un peu plus pitié de lui et bingo, Michoco a saisi la brèche… Ce n’est pas non plus la mer à boire, l’histoire de 15 minutes que d’autres parents m’envieraient sûrement, mais j’ai hâte de revenir à une situation sans larme ni cri ni stress… Pour le soir, on commence à revenir doucement à la normale, pour la sieste, je m’accroche ! Il a adopté la turbulette qui se trouvait au pied de son lit comme doudou et la réclame systématiquement comme oreiller pour s’endormir.

Beaucoup de sommeil en moins… Crevé par la matinée, les énervements pour s’endormir, couché à 13h au lieu de 12h15. Il se réveille à la même heure (entre 15h30 et 16h), c’est donc 45 minutes à une heure de sieste en moins l’après-midi et des réveils entre 6h30 et 7h au lieu de 8h… ouch, ça pique les yeux ! C’est donc plus d’énervements, plus de moments où Michoco se fait mal, se plaint, réclame de l’attention. On a gardé le plus possible le rythme à la cool pour le reste de la journée, mais le décalage de la sieste de l’après-midi n’a pas encore était accepté par son rythme biologique. L’adage : « plus il dort, plus il dort » a toujours été vrai ici… Je m’accroche encore deux bonnes semaines car j’ai remarqué qu’il faut souvent 21-25 jours à Michoco pour s’adapter vraiment à une nouvelle situation. Et puis je suis optimiste, ce matin il s’est réveillé à 8h, youpi : ma petite grasse mat’ du dimanche !

Et pour moi ? J’ai réussi à être beaucoup plus efficace dans mon travail, à me détacher de la maison, du coup je reprends plus de plaisir dans ce que je fais et ça me motive. Ces plages horaires bien organisées me permettent de mieux séparer les choses. Le temps pour le travail n’est pas mélangé avec le temps pour cuisiner ou interrompu par Michoco ou quelqu’un d’autre. ça fait du bien au cerveau ! Même si on se retrouve à 12h, le temps passe vite : voiture, repas, pipi et dodo. Quand il se réveille je suis replongée dans mon boulot (et le blog, hihi !) depuis belle lurette. Un petit coucou, mais on se retrouve « vraiment » à 17h30 pour notre promenade dans le quartier, un intemporel depuis sa naissance ! Les deux heures ensemble sont donc d’autant plus un plaisir, sans parler des week-ends où on a enfin le temps de trainer, jouer ensemble, profiter !

Les trajets en voiture… L’école de Michoco est à 15 minutes de voiture de la maison, mine de rien, multiplié par plusieurs fois par jour, plusieurs fois par semaine, ça prend du temps. J’ai branché RFI et en profite pour écouter un reportage ou les infos. Michoco lui a adopté la consultation du catalogue Légo comme rituel de trajet. Sur le chemin il commente : citerne, mouton, tracteur, jumbo (notre cube bouillon de poule maggie, en publicité 4×3), allah ouakbakh (ce qui veut dire en arabe : Dieu est grand, oui, Michoco parle arabe ! on passe devant plusieurs mosquées !), mer, arrive (pour m’expliquer que les vagues arrivent), bref, vous l’aurez compris, notre trajet est très intéressant ! Le déménagement de mon bureau ici me permet de limiter les allers-retours inutiles. Dans le quartier de l’école de Michoco, en plus de la plage il y a pas mal de cafés sympas avec la wifi !

Même si ça demande quelques ajustements et adaptations, je crois que Michoco est content de cette nouvelle organisation ! A l’école les maîtresses sont également très contentes de lui ! Et moi je suis très contente de l’équipe qui s’occupe de lui, contente de voir Michoco content et contente d’être moi-même contente de cette nouvelle organisation… Bref, tout le monde est content !!! Lol !

 

 

 

 

Petit bonhomme, grande classe !

20140909_082041_resizedComme vous avez pu le comprendre hier, la rentrée s’est super bien passée !

Trop pressé d’aller à l’école, Michoco n’avait pas le temps de boire son biberon pour ce premier matin de rentrée… Il était surtout obnubilé par les gâteaux. Je lui avais expliqué que je mettrai un gâteau dans son sac pour le goûter et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !

tateau, tateau + signe du gâteau avec la main !

Ceux qui ont lu l’article précédent (ici), savent que dès qu’il a passé la porte de l’école, il a lâché ma main…

Alors pour les curieux, voilà la suite de l’histoire :

Il a foncé vers les jeux extérieurs qui avaient été installés en face de sa salle de classe. Sa maîtresse est venue vers lui, nous nous sommes présentés, elle a laissé les autres enfants pour lui consacrer quelques minutes, rien qu’à lui. Le temps aussi pour moi de lui glisser trois mots.

Il s’appelle Michoco. Il est tout petit, il est de fin décembre. Il a 20 mois.

Il ne porte plus de couches, mais il faut bien lui proposer d’aller aux toilettes car il n’y pense pas de lui-même.

Voilà son sac.

[Michoco fait le signe du gâteau en montrant son sac]

Oui *michoco* il y a des gâteaux dans son sac.

Ah oui, on fait le langage des signes à la maison, ne vous étonnez pas s’il fait des signes. ça (en faisant le signe) ça veut dire gâteau.

Elle l’entraîne vers le tobogan.

Tu veux faire du tobbogan ?

Oui*

Tu dis au revoir à maman et papa ?

Oui*

Il nous fait un bisou plus que furtif à mon goût et s’en retourne aux jeux, regardant à peine notre petit au revoir de la main…

Non mais quelle ingratitude tout de même, moi qui me fais un sang d’encre depuis des semaines !!! Je me plains mais c’est pour la forme (et essayer de vous faire rire !) car en fait moi non plus je n’ai pas pleuré, je n’en n’ai pas eu envie. J’étais vraiment heureuse.

J’étais super contente et dès que j’ai repassé la porte de l’école dans l’autre sens, pour la première fois depuis la naissance de Michoco je ne me suis pas demandée s’il allait bien, si tout se passait correctement sans moi. J’étais sûre que tout irait bien et que même si ça n’allait pas c’était sa vie et que je n’y pouvais pas toujours tout. Pour les psychologues de comptoir, à cet instant où j’ai repassé la porte de l’école en sens inverse, le laissant derrière moi, s’est produit le « big bang de la défusion ». Cette seconde précise où votre relation mère-enfant est transformée, à tout jamais. Décidemment, cette porte doit être magique, il faut que je pousse un peu mon enquête !

3 heures plus tard, je suis revenue le chercher et il allait super bien.

ça s’est très bien passé ! m’explique la maîtresse

Pas une larme, pas une trace de morve, il portait toujours le même pantalon donc pas de fuites urinaires non plus.

Je ravale ma salive pour éviter d’ensevelir la maîtresse sous les 300 questions que j’aimerai lui poser… elle a 19 autres bambins à s’occuper. Je suis la première à être venue le chercher, mais j’ai une bonne excuse : c’est le plus petit de l’école !

Il ne m’a même pas embrassé, il ne m’a pas sauté dans les bras comme si je repeuplais enfin son monde. Non. Il m’a entraîné vigoureusement vers le bac à sable, me montrant un à un camions, sauts et autres pelles. Il m’a montré la cabane au fond de la cour, le lapin en face de leur classe, il a attaqué le toboggan par la face nord. Bref il ne voulait pas partir ! Bref, il était chez lui ici ! Au bout de 10 minutes de tergiversations sur la nécessité pour lui de rentrer à la maison pour aller manger puis dormir, il a finalement accepté que je le maintienne fermement et vigoureusement dans mes bras pour ne pas qu’il s’échappe à nouveau… congratulant toute l’équipe d’un énorme au revoir. Je pourrais vous dire que c’est honteux, inadmissible de saluer des inconnus et ignorer sa mère 3 heures plus tôt, mais non : c’est super bien !

Tu reviendras demain matin à l’école ?

Oui ! *

 

 

* à la choupitude du oui (cf ici), je dis oui pour la vie !!