le fil du temps

Il a ce don des âmes pures.

Celui de retrouver le fil du temps, juste là où il s’est arrêté.

Ce fil si fin, si invisible, si fragile…

Son papa est revenu. Il ne l’a pas vraiment demandé durant son absence, il ne s’est pas étonné de ne pas le sentir penché au-dessus de son gâteau d’anniversaire, il ne l’a pas cherché au pied du sapin de Noël, n’a pas demandé à lui souhaiter bonne année. Dans les grands moments, comme dans le quotidien, il avait mis sa relation avec son papa sur pause.

« Tu aimes tes stylos ? » lui demande-t-il.

On se regarde lui et moi, sans comprendre de quoi il nous parle…

Mais si bien sûr… le stylo et sa recharge que j’ai offert à Grand choco pour son anniversaire, celui dont je vous parlais ici et avec lequel j’aurai tant aimé que Grand choco s’ouvre un peu à moi.

C’était il y a plus d’un mois.

Comme je t’envie mon enfant…

Comme j’aimerai attraper ce fil sans souffrir du temps qui m’échappe et semble urgent de rattraper avant de recommencer comme si de rien n’était…

5-diy-heart

 

L’image vient de mondiy.fr, un blog rempli de super idées déco, dont certaines que je compte bien piquer très très bientôt !!

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une plume

plume

Moi qui aime tant prendre la plume,
Pour tes 40 ans je t’en ai offerte une.
Parce que parler c’est difficile,
J’avais envie que tu écrives sur papier tes envies, tes rêves d’avenir.

Tu m’as dit que tu les connaissais.
Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire autant…
Tu es parfois si secret, tout le temps si absent.
Comment te deviner ?

J’espère que tu utiliseras cette plume pour m’aider à m’envoler avec toi.
Je pourrais peut-être te donner des ailes, qui sait ?
Encore plus belles et plus grandes,
Pour s’envoler ensemble vers un endroit meilleur.

Tu en doutes encore sûrement,
Mais toi aussi tu as le droit au bonheur,
Et pour cela tu as tout l’avenir devant toi,
et une petite marchande de plumes tout près de toi.

Je t’aime encore tu sais.

 

L’image vient de ce blog rempli de plumes !

Pas digérées

TristesseJe ne peux pas dire que je n’ai pas profité de mon voyage à Hong Kong, mais avec mon retour sur Dakar, je me rends compte que je n’ai pas encore digéré les raisons de mon départ, pour le moins surprise…

Jeudi, à la veille des vacances, je discute tranquillement avec Grand Choco de nos plans de vacances pour Michoco et moi : une petite semaine dans sa ville pour profiter de la grand-mère (et l’arrière-grand-mère), des cousins, des tatas, puis une petite semaine dans mon village pour retrouver les amis et avancer sur les projets de mon association. Avec les 2 jours de voyage et le week-end pour se remettre dans le rythme de Dakar, les 15 jours seront vite passés. J’ai fait ainsi pour Noël, j’ai fait ainsi pour février et c’était super, tant pour Michoco que pour moi.

Il pète les plombs, m’interdis d’aller au village, prétextant les ragots qu’il m’avait rapporté à mon retour des précédentes vacances : que je couche avec du monde au village. Je croyais la question réglée puisque nous avions pris le temps d’en discuter en mars. Je croyais ses doutes dissipés, surtout qu’il est entouré de gens malveillants qui ne cherchent qu’à se faire mousser auprès de lui, un ragot croustillant à lui servir et à colporter au passage c’est très couru… Les gens aiment tellement parler, sur tout et surtout sur n’importe quoi… Bref, je le croyais au-dessus de tout ça. Et je pensais qu’il me faisait confiance.

Rien ne réussit à le calmer. Je peux aller à K. si je veux, mais pas dans mon village. C’est lui qui décide. Point à la ligne…
Moi je ne me vois pas partir à 12 heures de voiture pour ne pas partager mon temps entre ces deux lieux : sa famille et « ma » famille sénégalaise. Surtout que les gens là-bas ne comprendront pas non plus. Surtout qu’à K, je suis toute seule avec Michoco dans un appart où il ne peut même pas sortir jouer dehors en sécurité, alors qu’au village notre case est parmi d’autres, que Michoco et moi sommes parmi les autres enfants, les autres femmes, les autres gens, que nous sommes au calme et vivons la vraie vie du village que nous venons justement chercher pour nos vacances. Il ne comprend pas. Il ne comprend pas que l’on puisse aimer vivre dehors, dormir sous un toit en paille, aller chercher de l’eau au puits, cuisiner dans des marmites à même la terre. Il ne voit pas l’intérêt, lui le parvenu qui nous offre l’eau courante, la clim mais nous coupe de tout ce que moi j’aime de l’Afrique, du Sénégal, de la vie rurale.

Lassée, je lui réponds du tac au tac: si je ne pars pas à K. je pars à Hong Kong. Je pensais que ça allait le faire réfléchir. Qu’il allait voir la stupidité de son emportement. Les finances ne sont pas vraiment au rendez-vous ces temps-ci, autant vous dire qu’un billet d’avion (que dis-je… pas un mais deux puisque Michoco a plus de deux ans…) jusqu’au bout du monde n’était pas vraiment dans les projets.

Il me répond : D’accord ! Le lendemain il part à la première heure chercher les billets, nous partons Michoco et moi le surlendemain…

Pour cette fois-ci il a acheté notre non-venue au village. Pour son image personnelle, pour avoir le dernier mot.

Oui j’ai occulté, j’ai voulu profiter du meilleur, de la découverte, du dépaysement, des retrouvailles avec mon petit frère, du fait de tenter l’expérience de voyager seule, loin, sac sur le dos avec Michoco, mais la réalité est de retour.

A nouveau une parfaite incompréhension. Je me sens blessée qu’il ne me fasse pas confiance et triste que mon village, qui me rend si heureuse, soit devenue une source de conflit, un terrain de bataille pour lequel il va falloir que je me batte.

Ne rien lâcher pour préserver ma liberté car c’est la porte ouverte à une longue série d’autres interdits sinon.

Car tout simplement je ne fais rien de mal et je ne peux pas laisser ma vie se faire dicter par les « qu’en dira-t-on » et l’impact que mes actes peuvent avoir sur sa prétendue image, au détriment de mon propre épanouissement.

Pour moi la plus belle image que peut renvoyer une personne c’est l’image d’être bien, heureux, équilibré, il a tout à y gagner. Mais pour l’instant aucun dialogue possible sur le sujet…

Faire la guerre pour mon havre de paix, quel comble, quel chagrin…

Comme des petits pains

chauffe-coeur-et-chausson-katia-1Il était évident que si ça tournait dans ma tête, d’autres devaient aussi se poser des questions… Le sujet est pour l’instant tranché de mon côté pour les raisons que j’évoquais ici.

Pour d’autres les questions sont devenues de tendres preuves d’amour, un peu d’urine sur des bouts de plastique, de jolis ventres qui s’arrondissent timidement ou allègrement, des annonces qui font un peu moins sauter au plafond que les premières mais drôlement sourire tout de même !

Voilà. Nous sommes entourés de grossesse. Il fallait s’y attendre. D’autant que nous sommes entourés de parents avec des premiers enfants du même âge que Michoco…

Comme des petits pains, la seconde fournée est prévue pour mai, juin, juillet, août, septembre. Ils se sont donnés rendez-vous ou quoi ?!

Michoco a bien compris le concept du bébé dans le ventre : il soulève le T-shirt de tout le monde en demandant où sont les bébés ; ça fait bien rire les femmes enceintes, un peu moins les papis ou les petites filles qui n’ont pas franchement envie de montrer leur nombril…

Et puis le voir si complice avec bébé Sékou, un des derniers nés du village, que d’émotions… Alors quand il cherche un bébé sous mon t-shirt, j’ai un petit pincement au cœur.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis l’aînée, si c’est parce que j’ai aimé avoir une sœur et un frère, mais j’espère que Michoco aura lui aussi cette chance-là.

Un jour…

Pour cette fournée, on passe notre tour !

 

ça va devenir une tradition sur cette thématique… la photo de ces adorables chaussons roses viennent, comme mon précédent article sur le deuxième enfant, du blog de Panaka62 qui justement en a deux, elle… Jamais deux sans trois ?! (mais trois quoi ? trois articles chez petite yaye ou trois bébés chez panaka ?! lol).

poésie mathématique

20150210_100204_resizedDéjà que quand Grand choco m’a abordée pour la première fois j’étais entrain de penser à Dieu… Oui, je sais je suis comme ça, quand je marche dans une rue au fin fond du monde, je pense à Dieu !!! Et alors ??!

En plus que Michoco est né le jour de la fin du monde / nouveau monde annoncé depuis des millénaires par les Incas/Mayas, un jour de solstice en plus au cas où les prêtresses druidiques voudraient s’en mêler…

Mais voilà que l’autre jour, en jouant avec les chiffres, j’ai fait une découverte mathématiques encore plus cosmique !!

Notre date de rencontre :                                     11   .    02   .   2010

Toi + moi = 2                                                        1     +   1    =        2

…                                                                           ↓          ↓              ↓

Puis 3 ! (date de naissance de Michoco) :            21   .   12   .   2012

Bien sûr en triturant les chiffres on finit toujours par trouver quelque chose, mais avouez que je n’ai pas trituré longtemps ?!

En tout cas pas autant que pour tomber sur ces résultats :

HeartCurves_801

(source : Mathworld)

Pour vous, c’est bizarre ? un pur hasard ? mystique ? Ou alors vous n’avez absolument rien compris à ce que j’ai raconté ?!

Moi je trouve que les maths sont drôlement poétiques dans cette drôle d’aventure qui a commencé il y 5 ans tout pile ;-)

la couleur de mon ciel

Chère Marie,

On ne se connaît pas, ou si peu, ou bien peut-être si bien, je ne sais plus…

On se croiserait dans la rue comme deux parfaites inconnues et pourtant on se parle presque tous les jours, dans quel monde vivons-nous ?

Quand tu me demandes quelle est la couleur de mon ciel, j’ai envie de me confier. Plus à toi qu’à d’autres, peut-être parce que notre relation ne nous engage que par claviers interposés, ça rend les choses plus simples, peut-être parce que je sais que toi, plus que quiconque, tu me comprendras sans doute, sûrement.

Et puis après tout c’est toi qui a posé la question, tu l’as bien cherché, je le prends comme une perche tendue…

Alors voilà, la couleur de mon ciel…

mon ciel

Si tu viens dans mon pays, tu me feras remarquer que le ciel est toujours bleu chez moi. Tu lèveras la tête, fermeras les yeux, éblouie par le soleil cinglant de midi et laisseras la brise océanique caresser ta peau de tout ce bleu. Tu te diras que la vie et belle, que les vacances s’annoncent belles aussi. Tu me demanderas quel est le meilleur endroit pour aller admirer le coucher du soleil, à l’heure où le ciel devient flamboyant et se mélange avec la mer. Un ciel de paradis. Quelle ironie du sort…

Mon ciel est lourd comme mon cœur. Chargé comme mes yeux. Menaçant comme toujours.

Mon ciel n’a même pas d’horizon en ce moment. Pas d’horizon, pas d’avenir. Rien sur quoi se raccrocher pour se rassurer, se dire qu’après la pluie vient forcément le beau temps. ça fait bien trop longtemps qu’il est ainsi.

Bien sûr il a parfois des éclaircies, de brèves embellies. « Bref » c’est le mot, ça ne dure jamais, c’est juste pour pouvoir s’assombrir de plus belle.

Mon ciel est tout sauf serein, et c’est vraiment épuisant.

Je m’attèle à le rendre beau, à le rendre bleu, à profiter de chaque millimètre carré de bon qu’il m’offre. Mais un énorme nuage noir me suit où que j’aille, il me fait peur. Pour moi, pour mon fils. Pourra-t-on continuer à vivre ici ? Pourra-t-on réussir à vivre sous ce ciel que tous les autres voient bleu ? Pourra-t-on partir d’ici ? Arrivera-t-on à chasser ce ciel gris de notre vie ? Arrivera-t-on à laisser ce ciel derrière nous quand on prendra un bateau pour partir ailleurs ? Où… je ne sais pas. Nous suivra-t-il où que l’on aille ? A quoi bon partir alors ?

J’aimerai que mon ciel m’accorde une énorme tempête qui détruise tout sur son passage, qui ne laisse aucune trace du passé et nettoie l’horizon. Le ciel serait d’un bleu renouveau, plein de promesses, plein de rires, de douceur et de bonheur, il serait serein, reposant, il serait motivant et donnerait envie de créer un monde meilleur chaque matin, pour tout mieux reconstruire. Il serait simple, et nous aiderait à ne pas nous prendre tout le temps au sérieux. Mais la tornade qui vit dans mon monde ne fonctionne pas comme ça, elle veut surtout détruire les gens, les ternir, les assombrir et ne leur rend qu’un ciel plus gris après son passage car tout est et doit être grave.

Puis petit à petit, quand j’aurai reçu une bonne dose de bleu, dont j’ai tant besoin, j’aimerai tout simplement un ciel qui change de couleur au grè des vents car c’est ça aussi la vie. Le ciel n’est pas toujours bleu, mais c’est aussi bien ainsi : parfois bleu, parfois gris ou même noir, mais c’est un ciel sous lequel on avance main dans la main, avec une confiance inébranlable en nous, en demain.

Je me sens si seule sous mon ciel.

Je me réfugie sous un ciel étoilé, si étoilé qu’on ne voit même plus la nuit. Ce ciel là je ne les ai vu que dans deux endroits, deux chez moi, mes montagnes enneigées et mes collines asséchées. Mais même à l’abri des étoiles, le soleil finit toujours par se lever, réveillant avec lui ce ciel si pesant.

Tu me diras alors en choisissant tes mots un à un que tu me comprends si bien, que c’est à moi de peindre un ciel en accord avec ma palette, que c’est à moi de rendre mon ciel à mon image, que ça fait mal, que ce n’est pas juste.

Bref, tu voulais qu’on te fasse rêver, vraiment désolée… si l’image fait rêver, la réalité un peu moins.

En ce moment, Maire, mon ciel, comme tu t’en doutes, est tout sauf bleu même avec les meilleures lunettes roses.

 

C’est ma participation au rendez-vous des « instantanés singuliers » de l’Atmosphérique Marie Kléber sur le thème « la couleur de votre ciel », pour connaître tous les détails et modalités, découvrir les autres participations, c’est ici.

 

Merci Père Noël :)

Je me disais bien que ça vaudrait la peine un jour de continuer à croire au Père Noël…

Pour Noël, et malgré mes harcèlements hystériques insistances bienveillantes mais fermes et répétées et ce depuis début décembre auprès de Grand Choco pour qu’il pense à me préparer un petit cadeau de Noël, rien, nada…

Je lui ai bien expliqué et réexpliqué le concept, que ce n’était pas la peine de dépenser une fortune, qu’une petite surprise suffisait ; je lui ai rappelé le plaisir qu’il a à chaque fois à ouvrir les cadeaux que je lui fais, lui qui ne reçoit jamais de cadeaux de la part de personne ; je lui ai raconté nos Noëls précédents, ceux de mon enfance, celui qu’on a passé avec ma famille ; je l’ai impliqué dans la préparation des cadeaux pour Michoco, mais ça n’a pas dû suffire puisque le jour J au moment de déballer les cadeaux il n’avait rien à m’offrir…

Encore cette histoire de culture, il faut croire, mais ça me sort par les yeux et par les trous de nez car quand on a un(e) chéri(e) d’une autre culture on essaie de faire des efforts pour lui faire plaisir au moins une fois dans l’année (bon allez… trois avec mon anniversaire et la Saint-Valentin ;-)

Heureusement j’avais réussi à transmettre au Père Noël mon adresse sénégalaise et un petit lutin (ou plutôt un couple de vieux lutins, grands-parents d’un petit lutin qui est dans la même classe que Michoco !!) était venu m’apporter des petits paquets pour mettre sous le sapin : un de mes parents, un de ma soeurette chérie d’amour (dont je vous reparle bientôt) et un fait de moi-même à moi-même !

C’est un peu triste de penser à préparer des petites surprises pour tout le monde et qu’on ne pense pas à vous, alors que vous êtes un peu seule au monde, au fin fond du bout du monde… Bref, je suis un peu habituée à la chose donc je ne me suis pas laissée trop envahir par ce malheureux oubli. Michoco était tellement aux anges avec sa draisienne et ses duplo que c’était vite oublié.

Grand Choco a reçu de super cadeaux : des cravates des Galerie Lafayette. Il était content car c’est le top du top dans l’esprit sénégalais de s’habiller aux Galeries Lafayette de Paris ! ça va donc lui permettre de crâner auprès de ses confrères qui lui demandent souvent si ses costumes viennent des Galerie Lafayette, maintenant il pourra montrer la preuve par l’étiquette de ses cravates !!!

Donc oui il avait un cadeau pour moi, mais il était dans une valise, il l’avait oublié, et il me le donnerait plus tard.

De demain en demain, presque un mois après, mon cadeau, finalement, et après des relances quotidiennes et de plus en plus insistantes est enfin arrivé !

Il a été oublié dans une valise, laissé au fin fond du bout du monde, ramené dans une voiture fantôme qui avait volé les bagages, puis qui est retournée au fin fond du bout du monde avec le cadeau retrouvé, retour à la case départ… je n’ai pas eu droit aux extraterrestres ou enchantements mystiques autour de mon cadeau pour qu’il ne me parvienne jamais…

Mais sans vouloir passer pour une quiche, je soupçonne tout de même Grand Choco d’être allé acheter mon cadeau hier…

cadeau de grand chocoJe suis bonne joueuse puisqu’au final petite victoire : j’ai reçu mon cadeau !

Dommage qu’il n’est pas plus souvent l’idée de me faire des cadeaux, il choisit super bien !

Bonne taille, bon modèle, bonne couleur, rien à redire, si ce n’est le délai de livraison…

Une petite robe Mango (dans laquelle je me suis étonnée moi-même à rentrer dedans comme un gant car habituellement je ressors de ce magasin complètement déprimée…) et un pendentif cœur en or et diamant adorable et surtout pas trop bling bling comme raffolent certaines sénégalaises qui aurait pu très mal le conseiller.

20/20 !

Pour le taquiner (et me rassurer car ça m’aurait un peu fait flipper de me balader avec un vrai diamant de cette taille autour du cou !), je lui ai demandé si c’était un vrai diamant. Pas d’inquiétude, il m’a confirmé avec la juste dose d’humour qu’il s’agit bien d’un « vrai faux » diamant !

Et en plus il était tout excité de me l’offrir et super content de voir qu’il a réussi à me faire plaisir ! Peut-être le début du commencement d’une étincelle de déclic… (l’espoir fait vivre !)

Si vous croisez Grand Choco, dites-lui que pour nos 5 ans (qui tombent autour de la Saint-Valentin) je voudrais une bague, une journée avec lui au spa, une semaine de vacances sur une île paradisiaque rien que nous deux + une semaine de vacances à trois, et dîtes-lui aussi qu’il me doit toujours : un lit en cadeau des mes anniversaires 2012, 2013 et 2014, une vingtaine de bouquets de fleurs juste pour le plaisir et un bijou promis à l’occasion de la naissance de Michoco il y a deux ans, plus des surprises pour tous les Noëls ratés bien sûr et j’allais oublié… trois jolis boubous pour les Tabaski 2012, 13 et 14…

Peut-être que pour tout ça il vaut mieux que je m’adresse directement au Père Noël, non ?!

 

Alors, le deuxième, c’est pour quand ?

chaussons_nourrisson_panaka62

 

Si vous saviez combien de fois on m’a posé la question… Je ne compte plus. J’imagine que toutes les mamans, et surtout celles avec un petit bambin pas plus haut que trois pommes dans leurs jambes, y ont droit…

Je n’y prête plus attention. Enfin si : j’y prête attention, mais je fais la sourde oreille…

Parce que pour l’instant il n’y a pas et il n’y aura pas de deuxième enfant. Vous m’imaginez rentrer dans les détails avec tous les malheureux passants qui font l’erreur de me poser la question ??!

J’aurai bien aimé vous annoncer une bonne nouvelle, je l’avais même imaginé, rêvé. Avoir un second enfant entre les deux et les trois ans de Michoco, c’est ce que j’avais prévu dans les plans qui sont plantés dans ma tête. Je sais que ça ne fait pas partie des plans de tout le monde, mais je voyais bien les choses ainsi pour ma part, pour ma famille.

Même la nature (et les tests de grossesse faillibles) m’ont joué des tours en avril dernier (ici), mais ça n’aura pas lieu.

Sans le savoir, sans le vouloir, l’excellente blogueuse Lexie Swing a exactement résumé dans l’un de ses articles (ici) pourquoi ça n’aura pas lieu :

J’aime ce chemin que nous faisons désormais à deux, reliés par un, deux, trois enfants ou plus, encadrant et protégeant ensemble cette famille qui est la nôtre. L’égalité est là, pas dans le partage de l’aspirateur ou la capacité à faire un lit au carré, mais dans la possibilité d’être deux pour aimer, et s’entraider.

[Je la rassure, cette décision était prise avant la lecture de ses mots, elle n’a donc rien à voir de près ou de loin avec ma situation, mais il y a de ces mots qui résonnent en vous, parfois comme un miroir, parfois comme votre parfait opposé.]

Moi je n’ai pas de chemin à deux, j’ai un chemin toute seule. Et si on parle de deux, il s’agit de Michoco et moi, sûrement pas de grand choco et moi. J’encadre toute seule, je protège toute seule. L’égalité n’est pas là ni dans le partage de l’aspirateur, ni dans la capacité de faire un lit au carré, mais surtout elle n’est pas là -et c’est bien là que le bas blesse- dans la possibilité d’être deux pour s’aimer et s’entraider.

Dans ces conditions et même si pour moi, pour Michoco, je pourrais en avoir envie, je ne me vois pas inviter un autre petit bout dans ce fiasco. Parce que j’ai des mains et du courage pour sécher les larmes d’un enfant, mais pas deux. Parce qu’au premier, je pourrais toujours expliquer que je rêvais d’autre chose pour lui, que je pensais, naïvement, pouvoir faire en sorte qu’avec lui, qu’avec moi, son papa s’implique, mais comment raconter au second que je n’avais pas été avertie ?

Ce que je peux faire avec un toute seule me semble insurmontable avec deux, toute seule. D’autres l’ont fait, il y a un siècle les femmes ne se posaient sûrement pas toutes ces questions, de nos jours non plus, en Afrique notamment, et partout dans le monde, beaucoup ne se posent pas ces questions. Mais moi, avec qui je suis, mon caractère, d’où je viens, ce que j’ai vécu, je me les pose ! Et je n’ai personne pour se les poser avec moi. Enfin si, je vous ai vous, mais pas grand choco…

Nous n’avons pas de problèmes de couple au sens de la partie visible de l’iceberg puisque si on ne met pas ce sujet sur la table, on se parle bien et on réussit même à organiser une sortie familiale tous les 36 du mois. D’ailleurs pour Grand choco ce n’est pas un sujet à mettre sur la table puisqu’il n’y a pas de sujet. Il ne comprend pas de quoi je parle. Et quand je lui demande de l’aide, quand je veux l’impliquer dans quelque chose qui concerne notre famille : Il n’a pas le temps, il est occupé, il dort, il a autre chose à faire, il veut qu’on le laisse tranquille. Bref, on l’emmerde. (Quand il est là. Parce que la plupart du temps il n’est quand même pas là.)

Il n’a pas été là pour les un an de Michoco, ni pour Noël l’an passé d’ailleurs, bientôt un an et la cicatrice est toujours béante. Il n’a pas été là quand j’étais paralysée d’une jambe, quand j’étais au fond du lit avec 40 de fièvre, ni quand Michoco pleurait jour et nuit. Il n’a pas pris part à la décision de l’école de Michoco, des cadeaux de Noël de Michoco, des grandes étapes de Michoco, il ne partage pas à mes questionnements sur les attitudes à adopter pour l’éducation de Michoco, sur nos pérégrinations météorologiques non plus, sur rien de ce qui concerne notre quotidien ou notre avenir, il n’a pas de projets avec Michoco, il n’est même pas au courant que depuis toujours Michoco mange du jambon !

« Mais comprends-moi chérie ». « Oui je comprends qu’on n’est pas ta priorité mon chéri, qu’on passe toujours après les autres, le travail, les obligations, et la grand-mère du voisin de ton oncle. Oui, je comprends que ça ne t’intéresse pas. Qu’ON ne t’intéresse pas… »

C’est un peu triste, voire beaucoup, de ne pas pouvoir faire grandir sa famille. Il dit qu’il nous aime, qu’il pense à nous, qu’il ferait tout pour nous. En attendant il s’occupe surtout de lui et de lui-même.

C’est sûrement dû à beaucoup de questions culturelles, à une attente et une vision très différente de la famille, du couple, j’en conviens mais cette excuse ne suffit pas ni à sécher mes larmes, ni à taire ma colère.

Avec Michoco, je suis passée à autre chose, j’avance. Mais pourquoi faire un deuxième enfant dans ce fonctionnement qui ne me convient pas ?

Certains me diront que je suis trop exigeante, que les hommes sont ainsi. Au contraire, je crois qu’on devrait être plus exigeant aavec ce qu’on a au fond du cœur.

J’étais avec un papa de deux enfants pour le brunch ce dimanche, il était dépassé, il a fait de son mieux pour gérer la semaine d’absence de sa femme qui en temps normal s’occupe de -presque- tout, il a changé sa fille à même le carrelage du bar du resto, ça m’a fait sourire, il s’est énervé un peu vite sur son fils qui a fondu en larmes, mais il se confiait à moi sur le comportement colérique de son fils, il se projetait avec lui dans l’avenir, il se mettait aussi à la place de sa femme. Le lendemain c’est sa femme qui me reparle du bouquin d’isabelle Filiozat que j’ai conseillé à son mari, ça veut dire qu’ils en ont parlé ensemble !

Je ne regrette pas du tout d’avoir Michoco, mais rien qu’à l’idée de devoir bercer, nourrir, changer, rassurer, porter, accompagner, donner des ailes, fixer des limites, laver, soigner, éduquer, divertir un autre enfant, je sais qu’à deux ce serait oui sans réfléchir et que toute seule c’est non tout court…

 

Je ne suis pas allée plagier un site inconnu, la photo de ces adorables chaussons de nourrisson viennent d’ici : Si vous attendez un heureux évènement autour de vous (ou pas !), passez faire un saut chez Panaka62, c’est rempli d’idées ;-)

le début de la fin

Quand j’y pense, je me dis que la fin avait peut-être commencé dès le début.

Je n’avais pas voulu y accorder plus d’importance que cela. J’avais répondu pour la forme. A l’époque j’avais sûrement la prétention de pouvoir changer le fond, les choses, les gens. Mais au fond, on ne change jamais vraiment quelqu’un.

Tout était dit pourtant. Un dialogue qui tient en deux phrases. Deux monologues.

Lui : – Je t’aimerai toujours.

Moi : – Et si tu m’aimais tous les jours plutôt, un jour après l’autre.

Je suis avec une personne qui m’aimera peut-être toujours mais qui ne fait pas partie de ma vie, qui ne connaît pas mon quotidien, qui ne sait rien de mes peines, mes joies, mes problèmes, mes doutes, mes sourires, qui ne partage rien avec moi. Une personne qui ne ressent pas mes envies, mes besoins, ne me rend pas meilleure. Des promesses de demain, de bientôt, de toujours, des promesses qui ne voient pas le jour. Un joli tableau pour toujours mais un quotidien piétiné, abîmé, oublié, renié, laissé de côté jour après jour.

C’est devenu plus insupportable depuis que je suis avec une personne qui aimera sans doute toujours son garçon mais qui ne fait pas partie de sa vie, ne connaît pas son quotidien, qui ne sait rien de ses peines, ses joies, ses problèmes, ses doutes, ses sourires, qui ne partage rien avec lui. Une personne qui ne ressent pas mes envies, mes besoins, ne le rend pas meilleur. Des promesses de demain, de bientôt, de toujours, des promesses qui ne voient pas le jour. Un joli tableau pour toujours mais un quotidien piétiné, abîmé, oublié, renié, laissé de côté après jour.

Alors quand il me dit « ferme-les yeux » pour me susurrer à distance des toujours, je ne peux pas. Non, je ne peux pas, je ne peux plus « fermer les yeux » justement devant ces toujours qui ne riment à rien au jour le jour.

(cette petite parenthèse juste pour vous dire que l’image vient de  !)

Une tornade vit dans mon monde

tornade

Une tornade vit dans mon monde.

Je crains son arrivée autant que je l’attends.

Je redoute son départ souvent, m’en réjouis parfois.

Car une tornade, pour la survivre, il faut résister, s’accrocher, tenir la branche des deux bras, ne rien lâcher.

On la sent arriver. Parfois plus vite que prévu, parfois dans l’attente, on n’y croit plus.

On a beau se préparer, renforcer les barricades, consulter la météo, le vent se fait plus appuyé, la tornade arrive et vous n’y pouvez rien.

Vous ne pouvez pas influencer sa direction, régler son intensité ou changer sa durée.

C’est fatiguant une tornade. Toute son énergie, toute son attention, ça demande tout, ça vous prend tout. Et ça vous laisse quoi ?

Je voudrais être dompteuse de tornade, mais ne peux que me glisser dans ses coups de vents, apprivoiser ses masses thermiques, faire avec ses bourrasques.

Pourtant la tornade qui vit dans mon monde est vraiment fascinante. Ne le sont-elles pas toutes ?

En un battement de cils, elle efface toutes les colères, toute la rancœur accumulée contre elle.

Dans ses bras, elle apaise tous mes doutes et me remplis de joie.

Dans son souffle, je m’endors sereine.

Rien de tel qu’un passage de tornade pour vous fabriquer un monde tout neuf, un ciel bleu et un air pur.

C’est beau.

Mais derrière elle, la tornade laisse un grand vide, le néant.

Sans force, comment trouver le courage de tout reconstruire après son passage ? Encore, encore, encore.

L’envie de vivre dans un monde sans tornade me vient souvent.

J’arrive à voir au cœur du ventre de la tornade, au fond de ses yeux. Elle aimerait être un soleil, une rosée, une brise parfois. Elle est emprisonnée dans sa propre tornade.

Et je ne sais pas dompter sa tornade non plus.

Pourtant je l’aime. Trop souvent pour le pire, mais quand c’est pour le meilleur alors j’oublie.

La tornade est venue. Elle a tout renversé sur son passage encore. Elle est repartie encore.

(photo : meteocity.com)