Détail

Sa case est sommaire :

. un lit en ronier,

. un fin matelas recouvert d’un drap,

. une bassine en guise d’armoire à vêtements,

. un saut comme armoire de cuisine,

. un vieux sac de riz pour garde-manger,

. une jarre-canari pour garder l’eau bien fraîche

. une calebasse contenant 2 casses, 2 cuillères et un couteau, le seul de la maison,

. une longue tige de bambou comme porte-habits,

. et une colombe peinte au mur…

« Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail. » Léonard de Vinci

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C’était ma participation au Projet 52 de Ma’ pour la semaine 40 sur le thème détail. Tous les autres détails sont par .

 

 

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Revenir

Début juillet, loin de la connexion, loin de tout, j’écrivais sur une page blanche cette difficulté à me décider à aller au village, cette distance qui me semble à chaque fois insurmontable (12h de route ce n’est pas rien), ces préparatifs qui m’apparaissent si compliqués (quitter son confort, un lit, l’électricité, internet, l’eau, ses repères culinaires, changer sa façon de s’habiller).

J’écrivais sur la magie de l’arrivée.

Instantanément, tout s’efface. Mes doutes, les considérations matérielles, la distance, même le temps qu’il m’a fallu entre deux voyages pour revenir (je reviens à chaque fois comme si j’avais quitté le village hier), tout est si évident. Je me sens bien. Point.

Bien évidemment une fois sur place, je n’ai plus du tout envie de partir !!!

Je ne vous remets pas le texte aujourd’hui, je le garde pour moi, ou je le partagerai avec vous une autre fois peut-être, mais ce matin, au volant de ma voiture je me disais que le blog aussi est mon village.

Je l’ai délaissé depuis des mois sans que jamais il ne quitte mon cœur. Pas un jour ne passe sans que je pense à petite yaye, à vous qui me lisez derrière vos écrans. Des milliers d’articles s’écrivent dans ma tête, des histoires, des anecdotes, des choses plus douloureuses que j’ai envie de partager, des nouveaux projets aussi. Le temps matériel me manque cruellement, les couchers plus tardifs de Michoco ne m’aident pas, mon agenda de wondermum active non plus…

Tout comme je rêve presque chaque nuit de passer ma main dans les champs d’herbes hautes, de courir les sentiers, de m’allonger sous un manguier, de retrouver ma case, je rêve aussi des pages qui défilent, de vos sourires, de vos larmes, de mes sourires, de mes larmes.

Bref, un constat plus qu’évident : le village et le blog sont deux « chez moi ».

Prise dans le quotidien, y retourner me semble douloureux et pourtant une fois arrivée je m’y sens si bien….. Deux chez moi dont j’en ai besoin pour me ressourcer, me retrouver, prendre le temps de vivre…

Allo ? Allo ? Oui, oui… Aimé, Jean-Noël, Alexis, Thiara, vous avez bien entendu : Départ au village pour bientôt et retour sur le blog annoncé !!

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Horizon

C’était un jour où il n’y avait pas encore le réseau au village. Il fallait escalader la colline et faire les 100 pas, portable en main, bras tendu bien haut pour le trouver.

Parfois debout sur la grosse pierre, parfois un peu plus haut près du tamarinier, parfois totalement absent, il était joueur.

Le réseau.

Celui du village voisin plutôt, qu’on ne réussissait à capter que d’ici. Sur 1 mètre carré très précis de cette colline perdue au beau milieu d’hectares de nature sauvage, de champs et de hameaux microscopiques.

Ce jour-là il n’avait pas de crédit pour appeler, ni même pour bipper. Indega était venu se poster, au cas où… De toute façon il n’avait rien de mieux à faire…

Il s’assit sur la grosse pierre et prit le temps de scruter l’horizon. Cette ligne que formaient les collines et le ciel, à peine dentelée par la nature, et le sentier qui fendait la crête. Portable en main, ses souvenirs l’envahissaient petit à petit. Le chemin de l’école, celui des champs, le terrain de foot, la clairière où l’on avait enterré son père, celle où il avait goûté pour la première fois le sucré des lèvres de sa promise.

A l’heure où le soleil décline, la lumière devient si douce.

Plus bas, à peine visibles, les toits de paille. Chez Emile. Chez Tacky. Et là, la vieille Niary.

En bas, c’est l’heure où l’on s’agite. En haut, on n’entend que le silence, et la nature.

Ses yeux reprennent le chemin de l’horizon, toujours pensif. De quoi sera fait l’avenir ?

La sonnerie criarde le fait sursauter à en faire tomber son téléphone.

  • Allo Indega ?
  • Oui allo ?
  • Indega tu m’entends ?
  • Oui je t’entends, je t’entends !
  • Allo ?
  • Oui oui je t’endends, et toi ?
  • Tu es là ?
  • Oui, oui, alors ?
  • Alors c’est bon, tu es pris, on t’attend à Dakar !

La conversation avait déjà été coupée par le réseau capricieux, mais Indega prit une grand inspiration, son horizon allait changer. En route pour l’université…

horizon

C’était ma participation au projet 52 de Ma’ sur le thème horizon. Toutes les autres sont réunies ici.

J’en profite pour vous dire que je suis ravie d’être de retour par ici, je vous souhaite à tous mille horizons tous plus beaux, surprenants, rassurants, délirants, fous, éblouissants pour cette année à venir !

Confiserie

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Pour une coquine, c’est une coquine. Aouka. 6 ans.

Jamais la langue dans sa poche, jamais les yeux dans la poche non plus. Ses poches à elle, elle les utilise pour grappiller tout ce qu’elle trouve de comestible.

Sa maman s’exaspère de la voir porter chaque jour le même pantalon sale, déchiré, qui tombe littéralement en lambeaux. Aouka est bien trop contente d’avoir des poches pour s’arrêter à ces insignifiants détails esthétiques…

Un morceau de sucre par-là, un peu de pâte d’arachide par-ci. Même un morceau de tissu pourrait lui être utile.

Les autres se dépêchent d’avaler les trésors pour ne pas se faire prendre par les mamans, ça leur vaudrait quelques coups de bâton dont ils n’ont pas spécialement envie.

Même le pain de singe, le fruit de baobab, est mangé en douce. C’est si doux et fondant dans la bouche, un vrai bonbon. Mais les mamans leur interdisent d’en consommer en dehors de la bouillie du petit déjeuner, ça constipe.

Aouka, elle, préfère accumuler, accumuler pour créer ses confiseries ! Mélanger les goûts pour obtenir un goût différent. Elle a compris le concept !

Une petite bouteille vide, 6 morceaux de pain de singe, un bec et demi de sucre, un peu d’eau et elle secoue, fort. Secoue encore. Ajoute un minuscule morceau de bonbon à la menthe fraîche, goûte, fait la moue, écrase entre ses dents un peu de jujubes, sort d’on ne sait où un minuscule flacon contenant de l’essence de banane.
Les autres se seraient bien dépêchés d’avaler la douce mixture.

Elle file en douce rajouter encore un peu de miel pendant que sa maman sort puiser de l’eau.

– Aouka, Aouka, viens m’aider… lui demande-t-elle, déjà loin.

– J’arriiive ! s’empresse-t’elle de lui répondre, toute excitée par sa bêtise en douce

Elle sort de sa poche un vieil emballage de bonbon pour y verser sa préparation. Elle referme délicatement l’emballage avant de l’ouvrir tout aussi délicatement pour en lécher goulument le contenu.

Puis, faisant de nous ses complices, elle nous tend le reste avec son plus beau sourire tout édenté et file rejoindre sa maman en sautillant, son sceau sur la tête et encore tout plein de trésors dans les poches !

 

Voilà ma participation tardive à la semaine 19 du projet 52, toutes les autres sur le même thème sont regroupées chez Ma’ : ici !

Jeu

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Pendant que les autres se jaugent à la course, s’entraînent à dribler ou vont se frotter aux plus grands, lui parcourt la brousse à la recherche de matériel. Une brindille, du rônier, une branche de bambou, des feuilles, un bout de corde, quelques pierres.

Chaque fois qu’un avion passe au-dessus du village, il se concentre au maximum pour tout regarder, les ailes, les hélices, la taille des hublots…

Les coucous se font rares dans le coin, mais il n’en perd pas une miette. Depuis qu’il a 6 ans il a dû en voir une dizaine.

Ceux qui ont voyagé ont raconté, il faisait nuit depuis longtemps mais il avait réussi à se faire oublier dans l’obscurité, il avait tout entendu, les toilettes à l’intérieur, les dames qui servaient du vin. Un jour il s’est fait punir par le maître, il était sorti en plein milieu de la classe mais ça valait la peine, il l’avait bien vu dans ces détails, et celui-là avait fait deux tours au-dessus du village.

20150101_105300Couper les ailes aux bonnes dimensions, confectionner les hélices, créer un double pont, comme dans ce catalogue qu’un touriste avait laissé derrière lui.

Fait de bric et de broc son avion commence vraiment à ressembler à quelque chose.

Les autres enfants s’approchent peu à peu. Lui reste concentré sur sa tâche.

Du haut de ses 10 ans sa passion à lui c’est fabriquer des jouets. Voiture, vélo, cerf-volant, animaux n’ont pas de secrets pour lui.

Le comble de l’histoire il s’appelle Noël…

Après tout, c’est peut-être le fils du père Noël ?

Il m’a finalement offert cet avion, demandant s’il pourrait avoir un ballon en échange ! J’ai bien entendu transmis la demande au Père Noël ;-)

 

C’était ma participation au Projet 52 de Ma’, semaine 21, retrouvez les autres contributions sur le thème du « jeu » ici !

Vert ou bleu

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A l’heure où les arbres côtoient le ciel, comment osez-vous nous demander de choisir entre le vert et le bleu ?

Djémé s’est allongée à côté de moi, sous le grand manguier, dans la cour déserte.

A cette heure chacun a trouvé sa place et n’en bougera plus pour quelques heures. Il fait chaud, très chaud pour ne pas dire trop chaud…

On n’entend plus que les mouches voler, l’expression est donc vraie !

Le vert des feuilles du manguier bruisse à peine. Le bleu du ciel est stoïque. Bleu stoïque, ça devrait être le nom d’une couleur tiens !

Une fois de plus on dirait que le temps s’est arrêté ici.

Si ce n’est cette mouche qui vole, se pose, chatouille, bourdonne. Quelle est agaçante…

Je compte les minutes au fil des pages. Djémé trace des dessins sur la terre qu’elle efface pour mieux recommencer. Je sais qu’elle aimerait me tresser, mais je n’ai pas le courage de supporter ses mains moites sur ma tête transpirante. Demain peut-être.

Les feuilles vertes sont trop denses pour laisse passer quelques touches de bleu. Tant mieux, si le bleu ne transperce pas le vert, le soleil non plus ne pourra pas passer.

Je tourne la tête et me laisse vite illuminer par tout ce bleu. Il est encore tôt.

Tuer le temps. Jusqu’à ce que le vert devienne moins vert. Jusqu’à ce que le bleu devienne moins bleu.

Vert, bleu, bleu, vert, à cette heure de l’après-midi, comment osez-vous nous demander de choisir ?
Ils vont de pair. Un point c’est tout.

Fin du chapitre, dois-je tourner une autre page ou fermer les yeux ?

 

C’était ma participation au projet 52 de Ma’, les autres contributions de la semaine 22 sont réunies ici.

Se déplacer

 

 

 

vélo

Cette semaine, je vous laisse imaginer l’histoire de cette image…

Elle contient ce proverbe brésilien : « La bonne volonté raccourcit le chemin ». Je publierai celles que vous voudrez bien me faire parvenir par email, par lien sur vos blogs, par lettre ou carte postale si vous êtes inspirés !

A vos plumes ;-)

 

C’est ma participation pour la 16ème semaine du projet 52 de Ma’ sur le thème « se déplacer ». Mon histoire viendra peut-être un jour… Les autres contributions sont réunies ici.

 

 

Demain

Les anciens râlent. « Ce n’est plus ce que c’était, les jeunes ne s’investissent pas comme nous. Ah, de notre temps… »

Les jeunes rêvent de rappeurs, de stars de hip-hop, de football. Pourtant, bercés depuis leur plus tendre enfance dans le dos de leur maman au rythme des chants et danses de leur ethnie, ils sont au rendez-vous. Des nuits entières à taper la cadence, à célébrer des rites, à perpétrer la tradition.

Chaque génération intègre un peu d’elle-même dans les costumes ancestraux. Des fils de scoubidou, une paire de « plastiques » blanches, des lunettes de soleil aux verres fumés, des chaussettes de foot, un billet épinglé à la coiffe, des coiffures qui se permettent quelques extravagances aussi ou au contraire des crânes plus sages car ce n’est plus très à la mode au Sénégal un homme tressé…

Les anciens commentent à voix haute mais quand on leur demande si les premiers fils du caméléon portaient du plastique ou des chaînes métalliques, ils sourient en silence et se replongent dans leurs souvenirs de jeunesse, quand les vieux pestaient déjà contre eux et leurs futiles ornementations, leur total non-respect du sacré et des valeurs…

Demain les jeunes reprendront un à un tous les éléments devenus au fil du temps partie intégrante de leur tenue traditionnelle et l’agrémenteront à leur sauce du moment.

Demain quoi qu’en dise les vieux, on continuera de danser et de célébrer jusqu’à l’aube sur la place du village car cette culture est bien VIVANTE !

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C’était ma participation au projet 52 de Ma’ sur le thème « demain », et les autres sont toutes regroupées ici, et ce dès aujourd’hui !

Classique

Plus qu’un classique. LE rendez-vous de la journée !

Du matin au petit soir, il ne se passe pas grand chose. Chacun vaque à ses occupations à la maison, dans les champs. Les habitations sont éloignées les unes des autres. Certains ne croiseront personne tout au long de la journée. Ou d’un salut de main de loin seulement.

Dès que le soleil commence à décliner, les jeunes ont rendez-vous au terrain pour les entraînements de football, les « moins jeunes » au « casino ».

Casino, ou clando, vous pouvez utiliser les deux. C’est le « bar » du village !

Bar est un bien grand mot puisqu’il n’y a pas de bâtiment. Ce lieu dédié a d’ailleurs plusieurs fois déménagé pour cause d’ébriété exagérée, de chipotage de familles. Il change de temps en temps d’emplacement, mais tous ses consommateurs s’y donnent toujours rendez-vous. Et où qu’il se tienne, il a toujours lieu ! Bar éphémère qui en pleine journée ne laisse aucune trace de son activité de la veille…

Quelques troncs d’arbres en guise de bancs, l’ombre des branches sert de toit. On s’assoie tous en alignement, ceux qui « entrent » au casino font le tour pour saluer tout le monde puis rejoignent un petit groupe.

Chacun ou presque vient avec son saut de 4×5.

4×5 ? faites le calcul !

Du vin de palme plus ou moins fermenté, plus ou moins chaud, que chacun s’échange, partage. Les tournées générales se passent dans le même gobelet en plastique. De grosses tasses d’1/2 litre qui passent de mains en mains. Les vapeurs montent vite à la tête !

Tout le monde fait d’ailleurs bien attention à faire circuler le contenant par la poignée car il est plongé directement dans le saut du précieux breuvage qu’il ne faudrait pas souiller…

Quelques buveurs en profitent pour vendre des cigarettes qu’ils étalent sur un minuscule tissu à même le sol. Quelques dosettes de gin aussi (conditionnées comme des mister freeze). Pour trouver les consommateurs d’alcool fort il faut souvent passer derrière une case. Si le vin se partage avec plaisir, le cocktail se consomme en comité restreint !

Au casino, on retrouve tout le village, du moins la partie chrétienne du village qui consomme de l’alcool sans complexe. Les peulhs (de confession musulmane) ne fréquentent pas l’endroit, sauf quelques conseillers élus qui profitent du regroupement. Même les chiens, fidèles compagnons, viennent s’enivrer de l’ambiance. Bien vrai que naturellement les consommateurs se regroupent par afinité, ce qui revient souvent à se regrouper par classe d’âge (les femmes âgées d’un côté, les hommes plus jeunes de l’autre…), mais c’est seulement par habitude, rien d’empêche personne de « naviguer » d’un banc à l’autre, d’un coin à l’autre du clando. C’est le moment par excellence des palabres, des transmissions d’information, des taquineries, des réunions. Une institution. Sans clando je crois bien que tout le village serait perdu ! Lieu de sociabilité de prédilection, mieux vaut tout de même passer tôt s’il s’agit d’une information importante. Pour les affaires « privées » on s’écarte de quelques mètres pour tenir de petits conciliabules, sur lesquels tout le monde tombe bien vite d’accord, le verre de l’amitié aidant. Après fermentation et consommation, les esprits s’échauffent un peu plus vite… mais toujours dans une ambiance bon enfant !

La nuit est déjà tombée sur le village, au loin le bruit de fond se poursuivra jusque tard dans la nuit, certains en oubliant même de rentrer manger… D’autres oubliant jusqu’au chemin pour rentrer jusqu’à chez eux !

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C’était ma participation au projet 52 de Ma’, toutes les autres contributions sur le thème « classique » sont regroupées ici.

Jolis vœux du bout de la nuit [bai jia bei]

Ils ont de suite adhéré au projet.

Je n’ai pas eu besoin de réexpliquer (sauf de répéter 100 fois de ne surtout pas découper un habit neuf !). Ils ont compris et aimé l’idée.

Je n’ai pas eu besoin d’en reparler, chacun était à l’heure pour livrer son  tissu et son vœu.

Il reste encore beaucoup d’amis à solliciter au village bien sûr, mais ce n’est pas  notre dernier voyage…

Alors bien sûr je n’avais aucune attente sur la qualité des cartes de vœux, on a déchiré dans les pages des cahiers, écrit pour ceux qui ne savaient pas écrire mais le cœur y était. Nous avons reçu des morceaux de 5 cm, d’autres de 1 mètre, mais on en fera notre affaire !

20150304_201823_resizedMême les enfants ont adoré le concept. Il ont eux aussi immédiatement compris, aimé l’idée et bien entendu voulu y participer ! C’est à la lueur de la torche, à quatre autour d’un cahier qu’il ont dessiné et signé de leur nom. Les autres sont déjà couchés, la prochaine fois ! Papis en CP confond encore les p avec des q… Souleyman, grande section ne sait absolument pas écrire une seule lettre de son prénom. Maïmouna CE2 ne s’en sort pas trop mal mais elle ne peut pas écrire le mot vélo, école ou voiture dans son vœu, seulement son prénom et son nom. Je remarque tout de même qu’ils utilisent les couleurs avec facilité, ce n’était pas le cas des enfants du même âge il y a quelques années ! Il y a encore du boulot, mais ce soir, alors qu’on profite d’une agréable brise fraîche, on n’est pas à l’école, alors place au vœux… Quelle rigolade ! Ils souhaitent à Michoco de conduire un vélo, non une voiture, le débat est lancé !! Et ne pas oublier de bien apprendre à l’école… On note tout ! Et on parle de leurs vœux à eux aussi : conduire un vélo, apprendre à l’école, pour la voiture, le mot est lancé mais personne n’ose trop y croire, pourquoi pas une moto… Moi je leur souhaite des ailes pour qu’ils osent croire à leurs rêves !

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20150314_145453_resizedChez les plus grands, il y a ceux qui maîtrisent parfaitement l’arabe et qui n’osent pas le coucher sur papier. Quel dommage… Les langues locales sont des langues orales, pas mieux de ce côté-là donc, même si elles ont été codifiées en langue écrite, pour le vœu de Michoco ce sera en français… re-dommage… Longue vie, bonne santé, bon travail, argent, très classiques mais utiles pour mon petit bonhomme. On aurait tendance à peut-être souhaiter du bonheur avant tout, mais il a l’air d’être plus évident par ici, alors on n’y pense même pas !

20150314_145541Au moment des adieux , le papa de mon homonyme s’éclipse pour revenir quelques minutes plus tard avec… un magnifique vœu ! Je suis assez bluffée, je le taquine : « en fait tu n’es pas maçon, tu es poète !! ». Ecriture magnifique, mots bien choisis, j’étais déjà émue de partir, mais alors là… « Je veux quand Michoco grandisse qu’il soit partenaire avec tout le monde, un homme célèbre à travers le monde entier et qu’il soit ami de tous les hommes. Surtout un homme sentimental. Bonne chance. » Sentimental, je sais qu’il l’est aussi…

Finalement, c’est assez universel, on souhaite toujours un peu aux autres ce que l’on est ou ce que l’on voudrait soi-même être ou avoir !