Le départ

20160228_112749_resizedNous ne voulions pas partir.

Ils ne voulaient pas non plus que nous partions.

Les vacances étaient pourtant finies.

Pour partager encore quelques instants, nous avons lancé un thé.

Ils ont proposé. Nous n’avons pas refusé.

1er, 2ème, 3ème, bien pratique quand la tradition permet d’étirer un peu plus le temps.

Profiter, rigoler, comme si de rien n’était, à l’ombre des grands feuillages de la maison, le cœur et la gorge tout de même un peu serrés de devoir se quitter.

Les dernières discussions ont laissé la porte ouverte à mille projets, à des promesses de retrouvailles prochaines, à de nouvelles aventures à venir.

Nous nous sommes dit au revoir un peu trop fort, histoire de se donner du courage pour retenir comme on peut les larmes, histoire de se laisser encore un petit peu plus de l’autre.

Sur la route chaotique du retour, personne n’a vraiment osé parler. Je crois que de leur côté non plus personne n’a dit mot.

Puis la vie a repris son cours.

Chacun de son côté, un petit bout de l’autre au fond du cœur.

A très bientôt donc !

Deuxième femme

femme-africaine-triste-720x340C’est en la voyant ce matin, perdue dans ses pensées, accroupie sur les marches de la porte d’entrée, recouverte de son voile pour se protéger de la fraîcheur du matin, que j’ai compris.

Il y a 6 ou 8 mois de cela j’ai entendu des éclats de voix dans la cour des voisins.

Des bruits, des cris, des pleurs, il y en a souvent qui se mêlent aux rires et aux discussions animées, mais un éclat de voix comme celui-ci c’était la première et la dernière fois.

J’ai entendu des menaces de quitter la maison. Par la fenêtre j’ai vu une mère qui tirait ses enfants jusqu’à ce que ses parents fassent barrage de leurs corps devant le portail.

Je n’ai pas entendu sa voix à lui, le mari, mais il était là, serein, à attendre dans le salon que sa femme revienne à la raison, ou qu’on la fasse revenir à la maison/raison.

J’ai appris peu de temps après qu’il avait décroché un emploi à Bamako. En Afrique ce n’est pas rare de devoir quitter le foyer familial pour aller occuper un emploi mieux qualifié, mieux payé, qui permettra de subvenir aux besoins de la famille.

Il a quitté depuis quelques mois la maison maintenant, il reviendra pour des congés, dans un an peut-être ou pour la prochaine fête religieuse, mais le loyer est payé, le bol est servi aux heures des repas, les factures sont honorées.

Ce matin, en croisant le regard mélancolique de ma voisine,  j’ai enfin compris ce que personne ne m’a dit, ce qui ne se raconte pas : il y a aussi derrière cet unique éclat de voix qui résonne encore dans la nuit, derrière cette absence du mari, une deuxième femme…

 

(l’image vient de )

Feuilles d’automne

Ma chère Marie,

Cet instantané singulier, comme les autres, je te l’envoie sous forme de lettre.

Tu voulais que l’on réfléchisse sur le thème des feuilles d’automne et j’ai bien rigolé…

Après les chats qui sont très mal vus au Sénégal, mon ciel si bleu qui me semblait alors si gris à l’époque, voilà que tu me parles d’une saison qui n’existe pas ici !

Nous avons 4 mois d’été que l’on appelle d’ailleurs « hivernage » et 8 de printemps mais pas un seul jour d’automne au compteur… Les feuilles ne dorent pas au soleil de l’été indien, elles brûlent terrassées par la chaleur. Elles ne rougissent pas aux premiers frémissements de l’automne et ne font pas virevolter leurs roux reflets.

Mais je n’allais pas renoncer pour si peu… (ça je n’ai pas besoin de l’écrire, tu me connais déjà !)

Je me mettais à rêver d’histoires d’enfants qui transforment les feuilles en drapeaux de châteaux forts, à inventer les aventures d’une feuille de manguier qui voulait changer de couleur, et puis l’idée m’est venue, tout simplement : ouvrir les portes que l’on se ferme tout seul, créer ses propres opportunités, tracer son chemin sans attendre des autres ou s’appesantir sur son sort. J’allais créer mon propre automne ! Chez moi !

Il nous restait une grande feuille de papier. Michoco avait envie de dessiner, Grand choco semblait disposé à participer, « on va faire un arbre ! » ai-je lancé à la cantonade.

Parce que les feuilles d’automne pour moi ce sont les promenades du week-end en famille, ce sont des bouquets de feuilles, des collages dans des herbiers tous ensemble autour d’une grande table de cuisine en attendant que les châtaignes grillent au four.

Nous avons dessiné, peint, rigolé, discuté, nous avons créé. En famille.

Essayant de se respecter, de respecter les envies et les choix des uns, les façons de faire et de voir des autres.

Et voici nos feuilles d’automne !

IMG_20151017_134643

Très imparfaites et plus belles que si je les avais dessinées seules, plus belles que si je ne les avais peintes qu’avec Michoco, aujourd’hui j’ai vécu pleinement ce pour quoi je me bats depuis des mois : à six mains, c’est encore mieux !

Je n’ai pas pleuré sur mon sort, sur ce moment si rare qui doit être somme toute si banal pour une famille « lambda », j’ai juste profité de l’instant comme il se présentait, même s’il restera trop rare à mon goût.

Aussi beau qu’une balade en forêt, aussi coloré que dans mes souvenirs d’herbiers, mais en mieux encore !

Fière d’avoir pris les devant, d’avoir entraîné ma famille dans mon chemin d’automne, j’ai improvisé un « bienvenue dans notre maison ! » et accroché notre arbre (une fresque de 2m x 1m) dans l’entrée de notre maison, pour que chacun puisse se nourrir, en entrant chez nous, de la chaleur qui s’est dégagée de ce moment singulier !

Voilà Marie, pour du singulier, avec moi tu es servie à chaque fois je crois.

Je t’embrasse de si loin et pourtant de si près et finis cette lettre en souriant à l’idée d’être un de tes petits rayons de soleil de la journée :-)

Comme des petits pains

chauffe-coeur-et-chausson-katia-1Il était évident que si ça tournait dans ma tête, d’autres devaient aussi se poser des questions… Le sujet est pour l’instant tranché de mon côté pour les raisons que j’évoquais ici.

Pour d’autres les questions sont devenues de tendres preuves d’amour, un peu d’urine sur des bouts de plastique, de jolis ventres qui s’arrondissent timidement ou allègrement, des annonces qui font un peu moins sauter au plafond que les premières mais drôlement sourire tout de même !

Voilà. Nous sommes entourés de grossesse. Il fallait s’y attendre. D’autant que nous sommes entourés de parents avec des premiers enfants du même âge que Michoco…

Comme des petits pains, la seconde fournée est prévue pour mai, juin, juillet, août, septembre. Ils se sont donnés rendez-vous ou quoi ?!

Michoco a bien compris le concept du bébé dans le ventre : il soulève le T-shirt de tout le monde en demandant où sont les bébés ; ça fait bien rire les femmes enceintes, un peu moins les papis ou les petites filles qui n’ont pas franchement envie de montrer leur nombril…

Et puis le voir si complice avec bébé Sékou, un des derniers nés du village, que d’émotions… Alors quand il cherche un bébé sous mon t-shirt, j’ai un petit pincement au cœur.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis l’aînée, si c’est parce que j’ai aimé avoir une sœur et un frère, mais j’espère que Michoco aura lui aussi cette chance-là.

Un jour…

Pour cette fournée, on passe notre tour !

 

ça va devenir une tradition sur cette thématique… la photo de ces adorables chaussons roses viennent, comme mon précédent article sur le deuxième enfant, du blog de Panaka62 qui justement en a deux, elle… Jamais deux sans trois ?! (mais trois quoi ? trois articles chez petite yaye ou trois bébés chez panaka ?! lol).

Casserole

Au lendemain de son mariage elle l’avait enduit de sable boueux pour la protéger de la suif.

A cette époque Marie portait encore de beaux pagnes. Pas déchirés, pas souillés non plus par les enfants qu’elle aurait un jour. Elle veillait toujours à ne pas salir ses habits neufs en préparant le repas.

La marmite était grosse mais la jeune femme ne s’imaginait pas encore que bientôt elle serait trop petite.

Chaque jour elle mettait du cœur à l’ouvrage. Préparer les meilleurs plats pour son mari, pour ses beaux-parents, c’était la tâche la plus importante de ses journées.

Au fil du temps, son mari rentrait de moins en moins tôt, de moins en moins souvent. Il ne touchait pas aux plus beaux morceaux qu’elle lui réservait amoureusement dans une assiette recouverte d’un torchon et qui n’attendaient que son arrivée. « J’ai déjà mangé » « Je n’ai pas faim ».

Heureusement ses beaux-parents ne se plaignaient jamais de ses plats, elle se consolait comme elle pouvait. Malgré les nausées, signe d’une petite vie qui grandissait en elle, elle ne laissait rien paraître et y mettait toujours autant de cœur à l’ouvrage.

Elle usait de mille stratagèmes pour donner du goût à ses sauces, même si les moyens manquaient pour ajouter de l’huile ou du jumbo, elle cueillait des plantes dont sa grand-mère lui avait confié le secret, et qui donnaient un goût inimitable à ses plats.

La croûte de sable finit par s’écailler puis tomber, la casserole se noircit sous l’effet des braises et des flammes. Mais entre le bébé, les corvées de bois pour avoir de quoi alimenter son foyer, et faire mijoter sa marmite, ça n’avait plus beaucoup d’importance, même si son teint noir s’assombrissait un peu plus quand elle essuyait la sueur de son front d’un revers de la main, même si ses beaux pagnes n’étaient plus que de vulgaires bouts de tissus délavés et déchirés.

Ce qui devrait arriver arriva, la casserole se fit de plus en plus lourde à manipuler. Il y avait de moins en moins d’argent pour y ajouter des ingrédients, de la viande, des légumes, sans parler du poisson si cher à cette distance de l’océan, mais toujours plus de riz pour nourrir ces bouches insatiables.

« Plus vite », « tu es trop lente à préparer », les critiques ne tardèrent pas à arriver. Mais elle continuait à y mettre tout son cœur, pas question de bâcler. On ne l’entendait jamais lever le ton. Les autres membres de la maison faisaient passer cela pour une timidité maladive, « elle est naturellement comme ça » disait-on d’elle sans ne plus lui demander son avis pour rien.

D’abord un oncle. De quelques jours son séjour s’était prolongé jusqu’à ce que plus personne n’ose lui demander s’il avait programmé un départ plus ou moins prochain. La sœur de son mari, répudiée par son propre époux, était revenue avec 5 bouches de plus à nourrir. Ce fût bientôt une autre épouse que son mari installa dans le carré familial, elle n’eût pas vraiment voix au chapitre. On l’informa seulement que maintenant elle préparerait 2 jours sur 6. 2 jours sa belle-soeur, 2 jours sa co-épouse, 2 jours elle, et ainsi de suite. A elles de s’organiser entre elles pour qu’il y ait toujours de quoi satisfaire les estomacs. Pour les nuits il en serait de même, la mari alternerait entre elle et son autre épouse et qu’elle s’estime bien heureuse qu’il n’y en ait pas d’autres.

Les seuls objets qui n’avaient pas changé dans cette maison, c’étaient les 3 pierres sur lesquelles elle calait sa marmite. Entre ces pierres la braise n’avait guère le temps de s’assoupir, toujours alimentée par les branches de bois sec qu’on enfilait au fur et à mesure qu’elles se consumaient. Elles en avaient vu passer ces 3 compères des moments de joie, de tristesse, de découragement, de colère, d’épuisement, d’espoir.

Pour avoir accès aux maigres ingrédients dont les femmes pouvaient disposer dans la semaine, c’était la guerre. Bien entendu, la casserole n’appartenait plus à Marie depuis belle lurette. C’était la casserole de la maison. On lui avait pourtant offert avec son trousseau de mariage et ces beaux pagnes. Quelque part sous la suif figuraient encore ses initiales que le ferronnier avait frappé dans le métal. Comme elle avait été fière ce jour-là de posséder un objet à elle, marqué à son nom… Mais comment revendiquer le droit de propriété sur cette casserole sans passer pour une mégère ?

Elle préférait encore être celle qui avait trop bon cœur, celle qui ne disait rien. Quand elle y pensait de trop, elle soupirait mais finissait toujours par retourner à son linge. 4 enfants, bientôt 5, sans compter tous les autres membres de cette famille, c’était un boulot de chaque instant sur lequel il n’était pas question de s’appesantir.

Quand c’était son tour de préparer, on n’entendait plus que les mouches voler au moment de manger.

C’était ça son bonheur, sa raison d’être.

Mettre un peu de magie dans sa marmite.

 

marmite

 

 

C’était ma participation au projet 52 de ma’ sur le thème « casserole ». Toutes les autres sont regroupées ici.

poésie mathématique

20150210_100204_resizedDéjà que quand Grand choco m’a abordée pour la première fois j’étais entrain de penser à Dieu… Oui, je sais je suis comme ça, quand je marche dans une rue au fin fond du monde, je pense à Dieu !!! Et alors ??!

En plus que Michoco est né le jour de la fin du monde / nouveau monde annoncé depuis des millénaires par les Incas/Mayas, un jour de solstice en plus au cas où les prêtresses druidiques voudraient s’en mêler…

Mais voilà que l’autre jour, en jouant avec les chiffres, j’ai fait une découverte mathématiques encore plus cosmique !!

Notre date de rencontre :                                     11   .    02   .   2010

Toi + moi = 2                                                        1     +   1    =        2

…                                                                           ↓          ↓              ↓

Puis 3 ! (date de naissance de Michoco) :            21   .   12   .   2012

Bien sûr en triturant les chiffres on finit toujours par trouver quelque chose, mais avouez que je n’ai pas trituré longtemps ?!

En tout cas pas autant que pour tomber sur ces résultats :

HeartCurves_801

(source : Mathworld)

Pour vous, c’est bizarre ? un pur hasard ? mystique ? Ou alors vous n’avez absolument rien compris à ce que j’ai raconté ?!

Moi je trouve que les maths sont drôlement poétiques dans cette drôle d’aventure qui a commencé il y 5 ans tout pile ;-)

Ce samedi matin, c’était petit déjeuner du dimanche !

Ce matin, Michoco m’a rejoint dans la chambre à 7h30.

Depuis début janvier, finies les 13-14 heures de nuit… Depuis que les barreaux sont ouverts, qu’il fait plus froid, qu’il se dit que le matin est venu au moindre bruit trop matinal des voisins, qu’il a eu deuzans (terrible deuz vous connaissez ??!), c’est plutôt 6h30 que 9h… Ouch, ça me pique les yeux, et puis il faut dire que j’avais bien pris mes aises dans ses amplitudes horaires, mais ça c’était avant…

Bref hier soir, je l’avais bien averti : ne pas se pointer avant qu’il ne voit de la lumière par la fenêtre, il a « essayé de tenter de tester » à 7h (mais sans se lever du lit, comme quoi il a bien enregistré ce que j’ai dit…). Avec un petit rappel à l’ordre, on y est finalement parvenu !

20150207_091337_resized_17h30. Mon petit prince arrive sourire aux lèvres (ouf il ne m’en veux pas de l’avoir abandonnée tout seul dans le noir…), « Jour maman, fini dodoooooo !!! »

Contente de cette mini-victoire (sur moi-même surtout), le samedi matin sous la couette a été encore plus doux que d’habitude.

Ni Michoco, ni moi n’avions envie d’en partir.

J’ai envoyé en mission Michoco pour récupérer l’ordinateur dans le salon et on s’est fait une matinée couette ! et câlins ! et dessins animés ! Bref, on a traîné au lit…

20150207_094557_resized_1Sur les conseils des copines instagram (et oui même dans le lit nous avons la connexion wifi !), nous avons attendu un livreur de petit déj au lit, mais personne n’est venu, alors pour se résoudre à sortir un orteil de la couette, j’ai organisé un « vrai » petit déjeuner  !

Bien vitaminé, gourmand et bien garni : Toasts, fruits, céréales, jus d’orange, œufs à la coque… à 10h du mat.

20150207_095341_resized_1C’était trop agréable ! D’habitude c’est notre petit déjeuner du dimanche mais ce matin j’avais envie qu’on soit dimanche…

Maintenant il va falloir que je me creuse la tête pour que dimanche n’est pas le goût du lundi matin ;-)

Et chez vous, les petits déj’ du week-end c’est sacré ou vite fait ? Matinal ou tardif ? Seul ou en famille ?

Bon week-end !

Mon beau sapin

Quand on était petits on avait toujours le plus beau sapin !

20141202_181633_resizedVous pourrez bien me répondre que le vôtre était le plus beau, mais attention, vous allez avoir à faire à mon père !

Il était plus beau parce que c’était la meilleure qualité de sapin, d’ailleurs ses épines duraient 3 semaines de plus que les autres. Il ne perdait pas ses épines sans compter les 7.875 coups de balai que mon père passait par heure. Il était plus beau car il n’avait pas de défaut, il avait été choisi avec soin pour son équilibre parfait, sa pointe aux bonnes dimensions, ses proportions idéales. Il avait les plus belles décorations, n’était composé que d’une couleur, maximum deux, mais dans tous les cas du rouge, du vert, du doré, de l’argenté, jamais au grand jamais de rose, de violet ou de bleu turquoise, sacrilège !

Nous avions droit durant tout le mois de décembre au déballage de critiques sur les sapins moches des autres.

20141202_181835_resizedDes bougies naturelles, des cierges magiques… Pure tradition allemande. Le jour où la guirlande classique aux lumières colorées a pu être remplacée par une guirlande moderne monochrome, c’était l’extase totale !

Au moment de faire le sapin, je ne vous raconte pas la montée de stress générale… De la boule mise trop basse, à la guirlande placée au mauvais moment, en passant par les critiques sur les cheveux d’ange pas assez dispersés… Quand ça ne finissait pas en dispute, plus personne n’osait bouger le petit doigt…

Heureusement le soir de Noël tout le monde était toujours réconcilié !

20141202_181755_resizedEn fait je ne me souviens pas très bien si ce sont de bons ou de mauvais souvenirs ! Il en était juste ainsi, invariablement d’année en année…

Mon plus grand plaisir était de retrouver nos petits objets fétiches. Ceux qui étaient là avant notre naissance et ceux que nous avons peu à peu ajouté, au fil de nos créations scolaires, de nos trouvailles. De petits skieurs, pommes de pain, bonhommes de neiges, lutins… et les indétrônables : le petit ange de ma maman et le petit cheval rouge de mon papa. Tout en haut une étoile… filante que nous avions en modèle doré et argenté, mais jamais les deux en même temps dans le même sapin ! Je me suis surprise à être vraiment peinée quand mon Père Noël créé en CP avec de la feutrine collée sur un pot de confiture a été brisé. on s’attache à ces petites choses…

Il y a deux ans, j’ai acheté un mini-sapin blanc en déco, histoire de… J’ai ramené Michco pour la première fois à la maison le 24 décembre au soir. Il n’était pas prévu si tôt et j’ai regretté de ne pas lui avoir fait une belle décoration.

20141202_181659_resizedL’année passée, j’ai acheté un sapin synthétique de taille moyenne, histoire qu’il soit à hauteur de Michoco ainsi que les décorations (tout aussi synthétiques) qui vont avec. Notre gardien a offert à Michoco un magnifique Père Noël qui chante et agite les bras quand on l’allume et nous avions même trouvé une guirlande électrique.

Cette année j’ai acheté une étoile sur un marché de Noël, faite en papier mâché par un artiste local. Il paraît que Michoco prépare lui aussi une étoile à l’école ! Nous guettons le passage des vendeurs de rue opportunistes qui après nous avoir fourgué des couteaux pour égorger les moutons en octobre ne manquerons pas de nous proposer les décorations derniers cris (made in China bas de gamme of course)… 20141202_181720_resizedEn revanche, pour la guirlande, je vais voir car j’ai pris le jus en voulant brancher cette année ma guirlande à 50 centimes d’euros depuis je n’ose même plus la toucher (même débranchée), comme quoi les normes NF, CE, ça sert bien à quelque chose !!

Je me rends compte que c’est parti, la construction de notre sapin familial a commencé !

Je me suis déjà vue reprendre Michoco pour ne pas qu’il mette deux mêmes boules côte à côte et dire à ma sœur « mais c’est quoi ce sapin ??!! », mais je vous jure, je me soigne…

Certaines personnes dépensent des fortunes en décoration, créent des sapins dignes des plus beaux catalogues. Celui de nos voisins est juste magnifique et dégoulinant de cadeaux. Nous n’avons pas vu celui de cette année encore, mais l’année passé nous en avions le souffle coupé !

20131230_180453Le nôtre n’est pas ainsi. Il sera toujours simple car l’esprit de Noël invite à l’humilité mais une chose est sûre : il va se construire au fil du temps, au gré des humeurs d’une année sur l’autre, petit à petit, il va se remplir de souvenirs, bref, il va grandir avec nous !

Vous dire à quoi il ressemblera dans dix ans, j’en suis bien incapable, mais on a commencé bas, la marge de progression est donc infinie !

Et vous, à quoi ressemble votre sapin d’enfance, de cette année, du futur ?

 

Messages personnels :
Sœurette ton sapin (malgré sa mocheté esthétique selon des critères que l’on nous a inculqué) est juste parfait, je suis juste jalouse que mes nièces chéries soient allées le choisir tout frais dans la forêt avec leur papa :-p
Papa : tu as fini par trouver ton sapin parfait pout cette année ?!
Mamounette : l’année prochaine ce sera ton tour, ah ah !

 

Alors, le deuxième, c’est pour quand ?

chaussons_nourrisson_panaka62

 

Si vous saviez combien de fois on m’a posé la question… Je ne compte plus. J’imagine que toutes les mamans, et surtout celles avec un petit bambin pas plus haut que trois pommes dans leurs jambes, y ont droit…

Je n’y prête plus attention. Enfin si : j’y prête attention, mais je fais la sourde oreille…

Parce que pour l’instant il n’y a pas et il n’y aura pas de deuxième enfant. Vous m’imaginez rentrer dans les détails avec tous les malheureux passants qui font l’erreur de me poser la question ??!

J’aurai bien aimé vous annoncer une bonne nouvelle, je l’avais même imaginé, rêvé. Avoir un second enfant entre les deux et les trois ans de Michoco, c’est ce que j’avais prévu dans les plans qui sont plantés dans ma tête. Je sais que ça ne fait pas partie des plans de tout le monde, mais je voyais bien les choses ainsi pour ma part, pour ma famille.

Même la nature (et les tests de grossesse faillibles) m’ont joué des tours en avril dernier (ici), mais ça n’aura pas lieu.

Sans le savoir, sans le vouloir, l’excellente blogueuse Lexie Swing a exactement résumé dans l’un de ses articles (ici) pourquoi ça n’aura pas lieu :

J’aime ce chemin que nous faisons désormais à deux, reliés par un, deux, trois enfants ou plus, encadrant et protégeant ensemble cette famille qui est la nôtre. L’égalité est là, pas dans le partage de l’aspirateur ou la capacité à faire un lit au carré, mais dans la possibilité d’être deux pour aimer, et s’entraider.

[Je la rassure, cette décision était prise avant la lecture de ses mots, elle n’a donc rien à voir de près ou de loin avec ma situation, mais il y a de ces mots qui résonnent en vous, parfois comme un miroir, parfois comme votre parfait opposé.]

Moi je n’ai pas de chemin à deux, j’ai un chemin toute seule. Et si on parle de deux, il s’agit de Michoco et moi, sûrement pas de grand choco et moi. J’encadre toute seule, je protège toute seule. L’égalité n’est pas là ni dans le partage de l’aspirateur, ni dans la capacité de faire un lit au carré, mais surtout elle n’est pas là -et c’est bien là que le bas blesse- dans la possibilité d’être deux pour s’aimer et s’entraider.

Dans ces conditions et même si pour moi, pour Michoco, je pourrais en avoir envie, je ne me vois pas inviter un autre petit bout dans ce fiasco. Parce que j’ai des mains et du courage pour sécher les larmes d’un enfant, mais pas deux. Parce qu’au premier, je pourrais toujours expliquer que je rêvais d’autre chose pour lui, que je pensais, naïvement, pouvoir faire en sorte qu’avec lui, qu’avec moi, son papa s’implique, mais comment raconter au second que je n’avais pas été avertie ?

Ce que je peux faire avec un toute seule me semble insurmontable avec deux, toute seule. D’autres l’ont fait, il y a un siècle les femmes ne se posaient sûrement pas toutes ces questions, de nos jours non plus, en Afrique notamment, et partout dans le monde, beaucoup ne se posent pas ces questions. Mais moi, avec qui je suis, mon caractère, d’où je viens, ce que j’ai vécu, je me les pose ! Et je n’ai personne pour se les poser avec moi. Enfin si, je vous ai vous, mais pas grand choco…

Nous n’avons pas de problèmes de couple au sens de la partie visible de l’iceberg puisque si on ne met pas ce sujet sur la table, on se parle bien et on réussit même à organiser une sortie familiale tous les 36 du mois. D’ailleurs pour Grand choco ce n’est pas un sujet à mettre sur la table puisqu’il n’y a pas de sujet. Il ne comprend pas de quoi je parle. Et quand je lui demande de l’aide, quand je veux l’impliquer dans quelque chose qui concerne notre famille : Il n’a pas le temps, il est occupé, il dort, il a autre chose à faire, il veut qu’on le laisse tranquille. Bref, on l’emmerde. (Quand il est là. Parce que la plupart du temps il n’est quand même pas là.)

Il n’a pas été là pour les un an de Michoco, ni pour Noël l’an passé d’ailleurs, bientôt un an et la cicatrice est toujours béante. Il n’a pas été là quand j’étais paralysée d’une jambe, quand j’étais au fond du lit avec 40 de fièvre, ni quand Michoco pleurait jour et nuit. Il n’a pas pris part à la décision de l’école de Michoco, des cadeaux de Noël de Michoco, des grandes étapes de Michoco, il ne partage pas à mes questionnements sur les attitudes à adopter pour l’éducation de Michoco, sur nos pérégrinations météorologiques non plus, sur rien de ce qui concerne notre quotidien ou notre avenir, il n’a pas de projets avec Michoco, il n’est même pas au courant que depuis toujours Michoco mange du jambon !

« Mais comprends-moi chérie ». « Oui je comprends qu’on n’est pas ta priorité mon chéri, qu’on passe toujours après les autres, le travail, les obligations, et la grand-mère du voisin de ton oncle. Oui, je comprends que ça ne t’intéresse pas. Qu’ON ne t’intéresse pas… »

C’est un peu triste, voire beaucoup, de ne pas pouvoir faire grandir sa famille. Il dit qu’il nous aime, qu’il pense à nous, qu’il ferait tout pour nous. En attendant il s’occupe surtout de lui et de lui-même.

C’est sûrement dû à beaucoup de questions culturelles, à une attente et une vision très différente de la famille, du couple, j’en conviens mais cette excuse ne suffit pas ni à sécher mes larmes, ni à taire ma colère.

Avec Michoco, je suis passée à autre chose, j’avance. Mais pourquoi faire un deuxième enfant dans ce fonctionnement qui ne me convient pas ?

Certains me diront que je suis trop exigeante, que les hommes sont ainsi. Au contraire, je crois qu’on devrait être plus exigeant aavec ce qu’on a au fond du cœur.

J’étais avec un papa de deux enfants pour le brunch ce dimanche, il était dépassé, il a fait de son mieux pour gérer la semaine d’absence de sa femme qui en temps normal s’occupe de -presque- tout, il a changé sa fille à même le carrelage du bar du resto, ça m’a fait sourire, il s’est énervé un peu vite sur son fils qui a fondu en larmes, mais il se confiait à moi sur le comportement colérique de son fils, il se projetait avec lui dans l’avenir, il se mettait aussi à la place de sa femme. Le lendemain c’est sa femme qui me reparle du bouquin d’isabelle Filiozat que j’ai conseillé à son mari, ça veut dire qu’ils en ont parlé ensemble !

Je ne regrette pas du tout d’avoir Michoco, mais rien qu’à l’idée de devoir bercer, nourrir, changer, rassurer, porter, accompagner, donner des ailes, fixer des limites, laver, soigner, éduquer, divertir un autre enfant, je sais qu’à deux ce serait oui sans réfléchir et que toute seule c’est non tout court…

 

Je ne suis pas allée plagier un site inconnu, la photo de ces adorables chaussons de nourrisson viennent d’ici : Si vous attendez un heureux évènement autour de vous (ou pas !), passez faire un saut chez Panaka62, c’est rempli d’idées ;-)

Mon risotto aux légumes râpés

20141019_094128_resizedLes sénégalais sont nombreux à considérer que s’ils ne mangent pas de riz, ils n’ont pas pris leur repas… Le riz c’est minimum une fois par jour et à toutes les sauces ! J’en ai fait rire plus d’un ici en expliquant qu’en France un paquet d’un kilo de riz pouvait durer plus d’un an dans ma cuisine, eux qui achètent leur riz par sac de 50 kilos !! Je ne vais pas vous présenter une recette sénégalaise, très épicée, très huilée, assaisonnée à souhait, pas vraiment recommandée pour une alimentation saine des bébés (même si Michoco adore, et moi aussi !)…

Pour ma modeste contribution aux [rendez-vous des bébés gourmands #3 : le ri(z)kiki] organisés ici par le blog gourmand de Bergamote Family, je vous présente mon risotto aux légumes râpés qu’on prépare environ une fois par semaine chez nous !

 


RISOTTO AUX LEGUMES RAPES


 

pour 3/4 personnes – préparation 45 minutes

  • 1 grand verre de riz arborio
  • une courgette, une aubergine, un morceau de courge, un navet, deux carottes : c’est au choix ! (pour cette recette une courgette et deux carottes, pour la vôtre : à vous de jouer selon vos goûts et la quantité de légumes souhaitée dans votre plat)
  • un oignon
  • une gousse d’ail
  • une bonne rasade d’huile d’olive
  • 2 litres de bouillon
  • parmesan/gruyère/noix de beurre/crème (bref un peu de gras)

20141019_085529_resized1. Emincer finement un oignon, écraser une gousse d’ail et les faire revenir dans un poêle où vous aurez fait chauffer de l’huile d’olive.

 

 

20141019_085859_resized2. A feu doux, ajouter le riz arborio (spécialement adapté à la recette du risotto) et remuer jusqu’à ce que le riz soit « nacré » (prenne une couleur translucide).

 

 

20141019_090209_resized3. A feu moyen, mouiller le riz avec le bouillon (de préférence chaud pour ne pas « casser » la cuisson) louche par louche et en remuant régulièrement et sans laisser le fond attacher.

 

 

20141019_085155_resized4. Après 20-25 minutes de cuisson, ajouter les légumes que vous aurez préalablement râpé avec le coté épais de la râpe.

 

 

20141019_092419_resized5. Continuer à remuer régulièrement, ajouter du bouillon si nécessaire (jusqu’à cuisson parfaite des légumes et du riz, et évaporation du bouillon).

 

 

20141019_093957_resized6. En fin de cuisson, ajouter « du gras laitier » pour créer du liant au fondant ! Parmesan idéalement, qui peut être remplacé par du gruyère, une bonne noisette de beurre ou un peu de crème (ici on fait moitié beurre, moitié gruyère).

 

20141019_094128_resized7. Ajouter les épices (muscade, coriandre… selon les légumes associés), mais penser à réserver les portions pour bébé avant de saler et poivrer.

 

 

Mes astuces :

. La veille ou le jour-même je prépare une soupe avec beaucoup d’eau ce qui me permet de mettre de coté du bon bouillon pour mon risotto !

. Râper les légumes avec le côté épais la râpe permet d’introduire les morceaux en douceur pour bébé, de faire passer la pilulle pour les plus grands qui ont du mal avec les légumes…… Cela rajoute vraiment du goût au risotto et le rend fondant, conserve toutes les vitamines des légumes et évite double vaisselle ! bref, ici on adore cette astuce…

. Vous pouvez également ajouter des portions de protéines déjà cuites ou à faire cuire dans le bouillon avec le risotto (temps à calculer en fonction) : poisson, poulet, foie, crevette, jambon…

Nos associations préférées :

pour les râpés : navet/carotte (ça passe super bien !), courgette/carotte, courge

pour les autres : aubergine/tomate (on enlève la peau des tomates), brocolis, chou romanesco, champignon, épinards, petits pois

 

Bon appétit !

20141019_092105_resizedps : pendant ce temps, Michoco a réorganisé ma boîte à épices dans… le bac à vaisselle !