Les dragons-dinosaures débarquent !

Toujours pas d’info sur la date du carnaval à l’école de Michoco, mais nous avons préparé un costume pour « petit I » qui fêtera aujourd’hui le carnaval dans sa garderie (mardi-gras aura lieu officiellement le mardi 9 février cette année).

Ce week-end, c’était donc atelier cousette à la maison, et comme Michoco a complètement adhéré au thème, il a bien entendu voulu lui aussi son costume !

Voilà nos tenues de dinosaure / dragon (au choix de la personne !) :

Nous avons utilisé : 1 gilet à capuche, du tissu et des chutes de différentes couleurs, une paire de ciseau, des aiguilles et une machine à coudre.

20160130_124601_resized20160130_124513_resizedNous avons simplement découpé des losanges que nous avons cousu sur toute la longueur du gilet et de la queue pour former les pics.

 

 

20160130_124611_resized20160130_124526_resized20160130_133007_resizedNous avons ensuite rembourré et refermé les losanges sur eux puis cousu et rembourré la ceinture-queue.

 

 

20160130_150748_resized20160130_152151_resizedNous avons ajouté les dents sur tout le tour de la capuche ainsi que les yeux juste au dessus.

 

 

 

Et voilà le résultat ! ça vous plait ?!

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Pour ma part, j’adore l’idée que l’on puisse retirer la queue, rabaisser facilement la capuche, car il n’est pas toujours évident pour un enfant de moins de 2 ans de garder un déguisement sur le dos pendant plusieurs heures… Michoco lui n’a pas voulu quitter le sien de la journée !

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D’ici à ce que la fête à l’école soit annoncée, Michoco aura peut-être l’idée de se déguiser en pirate, chevalier, magicien ou docteur (thèmes évoqués ensemble), mais on s’est bien amusé ! Et s’il veut garder ce costume de dinosaure/dragon, nous rajouterons peut-être des griffes aux pieds et aux mains pour les finitions…

20160130_152405_resizedSachant qu’il a déjà voulu customiser sa queue d’une pierre magique (dénichée à la mercerie locale grâce aux préparatifs pour notre prochaine cousette de carnaval, plus girly cette fois : thème papillon ! à suivre…)

 

Qu’avez-vous prévu comme déguisement chez vous ?

Au revoir tétine !

Voilà un petit moment que je ne vous donne plus de nouvelles de Michoco, mais que vous dire… qu’il est si beau, si grand, si épatant et intéressant ??!!

Ah si ! Il faut quand même que je vous raconte…

Je vous avais parlé tétine , et aussi .

Cet été j’aurai aimé qu’il laisse sa tétine chez papi chic et mamie choc, mais l’occasion ne s’est pas présentée, le moment n’était pas propice alors à la rentrée de septembre j’avais évoqué l’idée qu’il puisse donner sa tétine au Père Noël… Il m’avait dit OK, puis il était revenu quelques jours plus tard sur sa décision en m’expliquant d’un air très fâché que c’était sa tétine et qu’il l’aimait beaucoup, qu’il trouverait un autre cadeau pour le Père Noël ou d’autres tétines à donner aux petits bébés. Je n’avais pas insisté.

Noël est arrivé. Plus vite qu’un TGV. Je ne lui en ai pas reparlé car je ne le sentais vraiment pas prêt. Nous avons réalisé une jolie lettre au Père Noël pour commander un avion, un circuit de train. Bref, des jouets de grands qui ne concernent pas les bébés…

Quelques jours après : « mais maman, les tétines c’est comme les couches, c’est pour les bébés ? » « oui mon grand, en grandissant on n’en a plus besoin, d’ailleurs vois-tu des grands enfants, des papas ou des mamans avec des tétines dans la bouche ? ». D’un sourire jusqu’aux oreilles, il me répond : « Noooooon !!! », avant de remettre sa tétine dans la bouche… Ce n’était pas gagné, je n’ai toujours pas osé remettre le sujet sur la table…

De lui même la veille du spectacle de Noël de l’école (où le Père Noël a annoncé sa venue), il m’informe que demain il donnera sa tétine au Père Noël et qu’il ne faudra pas oublier de l’emmener à l’école. Complètement prise de court et paniquée, j’essaie de lui faire comprendre ce que cela implique, qu’il faut qu’il soit vraiment sûr de lui, qu’il ne pourra plus revoir le père noël pour lui demander de la lui rendre ensuite.

Il a l’air sûr de lui. Moi je suis rongée entre l’idée de le laisser aller au bout de sa décision et ce que cela implique ! Je repense à cette vidéo qui m’avait déchiré le cœur : attacher la tétine à un ballon gonflé d’hélium et le laisser s’envoler…

Pourtant c’est lui encore qui en plein spectacle revient me demander sa tétine quand le père Noël fait son apparition dans l’école.

Il court vers lui, lui donne sa tétine puis se remet dans le rang. Il a 3 ans moins 3 jours.

Quel courage ! Quel panache !

Moi je n’en mène pas large, je cours derrière la maîtresse pour qu’elle récupère quand même la tétine en douce, je saoûle j’en parle à tous les parents qui ont le malheur de se trouver dans mon périmètre, je me vois déjà me relever 30 fois dans la nuit pour gérer la disparition de la tétine et me motiver pour ne pas craquer, pire : je le vois avec son pouce dans la bouche et tous mes efforts réduits à néant… Je ne suis pas prête !!!!!

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Et bien à part les deux premiers soirs où Michoco m’a dit qu’il était vraiment triste de ne plus avoir sa tétine et où je lui ai répondu que je le trouvais vraiment courageux et que le père noël lui apporterai sûrement des cadeaux de grand, une nuit où il s’est réveillé perdu dans ses rêves en la cherchant de partout, il ne m’en a plus reparlé !

Quand je vous dis que Michoco est vraiment épatant !!!

 

ps 1 : si vous croisez Michoco, évitez quand même d’aborder le sujet avec lui !!
ps 2 : si vous croisez le Père Noël, pensez à le remercier encore de notre part…
ps  3 : un mois déjà… il est temps que je me décide à jeter définitivement la tétine, non ?! mais c’est horrible… j’y suis tant attachée !!!!

 

L’image vient de , un joli article d’une maman blogueuse qui se demandait il y a quelques années quand et comment gérer l’arrêt de la tétine en évoquant la tradition de l’arbre à tétines au Danemark. Depuis ses enfants ont bien grandi, et son blog aussi, allez y faire un tour, il est rempli de bonne humeur et de bonnes idées !

 

Première fois

Le premier jour, attiré par les haut-parleurs, il m’a demandé de l’accompagner jusque devant la porte.

Le lendemain, c’est en chantant qu’il demandait aux voisins de venir avec lui,

Le troisième jour, il s’est aventuré seul sur le chemin.

Puis finalement l’autre soir, le plus naturellement du monde, il a trouvé le portail ouvert, alors il est entré.

Il a vu les chaussures éparpillées et a retiré ses bottes avec lesquelles il sautait dans les flaques d’eau quelques instants plus tôt.

En franchissant la seconde porte, il a trouvé quelques dizaines d’hommes, calmes, alignés. Il s’est rangé à leur côté.

Ses pieds enfoncés sereinement dans la moquette, les paumes de ses mains et son front venant les rejoindre de temps à autre,

Des paroles puissantes au silence, il a tout écouté.

Il a serré quelques mains et a suivi le flot naturel des hommes se dirigeant vers la sortie. Comme s’il avait fait ça toute sa vie.

A l’heure où le crépuscule a pointé son nez,

Il venait d’entrer dans sa première mosquée.

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(l’image vient de )

 

Contre vents et marées

20151001_165127Michoco continue à aimer porter ses bébés au dos.

Contre vents et marées.

Je savoure ces moments intensément.

En grandissant il deviendra peut-être plus sensibles aux critiques des étrangers, plus vigilant au regard que les autres porteront sur lui.

En attendant entre deux tirs de pistolets-mitraillette, un cri de Spiderman et trois attaques de dragons, il est ce petit garçon doux et attentionné qui aime jouer tous les matins au bébé qui né et sort de mon ventre (non non, je vous vois venir : je ne suis pas enceinte !), qui aime donner à manger à ses poupées et aller les promener au dos.

Qui donne sans calculer ce qu’il aime sans doute recevoir…

son circuit automobile

Nous n’avions pas de tapis pour jouer aux petites voitures.

ça ne nous a jamais empêché de nous amuser, inventant mille parkings autour de parcours et de courses improvisés !

Il faut dire que l’on se fait tellement remarquer à l’aéroport au moment de chaque transhumance vers l’hémisphère sud avec nos 52 valises pesées au gramme près, qu’on aurait eu l’air fins à l’embarquement avec un rouleau de moquette sous le bras…

Peu importe… nous avons désormais notre propre circuit automobile !

Une feuille grand format, une heure à tuer, l’imagination débordante de Michoco, et mon talent artistique hors du commun (remarquez, à force de m’entraîner, et sans vouloir me lancer des fleurs, je trouve que je fais vraiment bien les bulldozers et les pelles-mécaniques !!).

Michoco a participé en traçant les premières routes mais il s’est vite transformé en dictateur autoritaire conducteur de travaux affirmé pour que maman mette en forme une ville à la hauteur de son imagination :

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. des parkings, plusieurs parce que c’est « pratique » pour se garer,
. un chantier avec un tas de sable (« tu sais maman, on a toujours besoin de sable sur un chantier »), un bulldozer, un camion-benne et une pelle-mécanique versant le précieux sable (je ne voudrais pas avoir l’air d’insister, mais mes engins de chantier sont vraiment réussis !),
. une caserne de pompiers (il m’a rappelé, histoire de trouver une bonne excuse pour sortir de son lit une fois couché…, que nous avions oublié de dessiner les flammes de l’incendie, ce n’était pas faux, mais c’était l’heure de dormir… au lit !)
. la police attaquée par des bandits-policiers en casquette (je n’ai pas tout compris mais j’ai essayé d’être fidèle à la description, ça a eu l’air de convenir à mon chef…),
. un aéroport avec une tour de contrôle qui est ouverte jour et nuit, une piste d’atterrissage et de décollage, des voyageurs, leurs bagages, un avion avec une porte et un escalier pour monter, un pilote dans la cabine (l’avion, il maîtrise ! Il faut dire que son père passe sa vie dedans et que nous avons bien donné aussi entre Dakar-Hong Kong aller-retour en mai et les vacances d’été),
. un parc pour se promener (il ne m’a pas précisé si le parc était ouvert jour et nuit, il faudrait que je pense à lui poser la question pour fignoler les barrières d’accès…)
. et un zoo contenant 1 lion, 1 lionceau, 1 lionne s’appelant Nala (comme c’est bizarre, on vient justement de lire le roi lion !), 2 éléphants et 2 girafes.

Je n’ai pas eu le temps de lui demander s’il voulait autre chose (il ne m’a pas parlé de la mer, de l’école, du supermarché qu’il affectionne tant dans la vraie vie), mon idée de construire des maisons ne lui a pas semblé opportune (bah tant pis, on dormira dans la voiture !), bref il était déjà trop occupé à faire circuler ses bolides.

Et puis ce qui est bien avec la version papier du circuit automobile, c’est que l’on peut tout déchirer et recommencer !

ps : pourvu qu’il ne me demande pas un circuit automobile avec des chevaliers, des dragons et des Spiderman la prochaine fois, déjà que je suis nulle en petites voitures…

Chères maîtresses…

Chères maîtresses,

Dans quelques années j’aurai tout oublié de vous.
Non pas que je ne vous apprécie pas, mais ainsi va la vie ! Mes souvenirs se construiront plus tard…

Je vous reconnaitrai peut-être encore un peu sur une vieille photo de classe, mais j’aurai oublié que c’est vous qui m’avez aidé à tenir mon premier crayon, à formuler mes premières phrases, à dire s’il te plaît ou merci, à respecter une consigne, à aller aux toilettes et me laver les mains ensuite, et tant de choses qui me seront tellement utiles pour l’avenir… Vous ne me laisserez pas de souvenirs mais vous m’avez offert un cadre et des bases, c’est tellement mieux !

C’est vous qui m’avez donné confiance en moi et envie de venir à l’école chaque matin, qui m’avez transmis les joies de la vie en collectivité aussi. Vous avez appris à me connaître. Vous avez pris en compte mon caractère pour mieux m’aider à grandir. Vous vous êtes mis à mon niveau pour me parler. Vous m’avez donné la main et respecté, vous avez été là quand je pleurais et tout aussi présentes pour me protéger des dangers.

Depuis le premier jour de classe, vous avez aussi permis à ma maman de lâcher un peu ma main, et ce pour notre plus grand bien à tous les deux.

L’année prochaine je passerai devant votre classe en vous snobant peut-être un peu, mais vous ne m’en tiendrez pas rigueur car votre reconnaissance vous la tirez dans mon sourire, dans mon enthousiasme à découvrir et à grandir, dans mes progrès.

Alors pour toute cette belle année passée ensemble, merci !

 

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Quand on aime, on compte quand même, papa…

Voilà.

Un an. 367 jours pour être précis.

Avec maman, on t’avait écrit une lettre l’année passée.

On l’avait entourée d’un joli ruban.

On l’avait accompagné d’un cadeau : un short et une chemisette, histoire que tu aies envie le week-end de poser ton costume-cravate et venir passer de bons moments avec nous.

Tu l’as à peine lu. Le téléphone a interrompu ta lecture et tu es passé à autre chose.

Et elle n’a eu aucun effet sur toi, sur nous. Si ce n’est quelques intentions avortées. Des bonnes intention tu en as souvent, mais elles sont vite rattrapées par la réalité.

Je t’avais fait un joli dessin aussi. T’en rappelles-tu ?

En un an, tu as passé 135 jours avec nous, 1 tiers de ton/notre temps.

Quand tu n’es pas là, je me préoccupe toujours de savoir où tu es, avec quel véhicule tu es parti et quelle valise tu as prise.

135 jours dans la balance ça ne pèse pas bien lourd, mais si en plus, quand tu es là, tu n’es pas là…

Tu m’as emmené 3 fois à l’école, le jour de la rentrée, un jour où maman était malade et un autre jour où vous êtes venus tous les deux avec maman.

J’étais fier que tu viennes me voir au carnaval. J’étais le plus beau pompier de l’école.

Sinon sur les 135 jours j’ai dû prendre mon petit déjeuner avec toi une quinzaine de fois, les autres jours quand je partais de la maison tu étais encore couché. Le week-end aussi tu dors.

Le soir tu as dû être là une vingtaine de fois au moment où je m’endormais. Le reste du temps tu es toujours arrivé après, mais maman m’a expliqué que tu venais me faire un bisou dans mon sommeil. En réalité, c’est arrivé 2 fois dans l’année.

Un jour tu m’as lu une histoire, j’ai aimé. Tu ne m’as jamais fait prendre mon bain. Je me suis assis quelques fois sur ton tapis de prière.

On a pris le repas de midi 4 fois ensemble dans l’année. Le dîner jamais, mais une fois tu m’as donné à manger mon repas du soir.

On avait voulu te faire une surprise avec maman et te rejoindre un midi dans un restaurant, mais nous sommes arrivés trop tard, tu étais déjà parti. Depuis je veux toujours aller dans ce restaurant avec toi. Dès que je passe devant, j’en parle à maman. On passe devant tous les jours car c’est sur le chemin de l’école…

Maman t’a demandé de passer du temps tout seul avec moi. ça a marché cinq fois. On ne voulait pas vraiment au départ, ni toi, ni moi, mais on est tous les deux rentrés ravis, à chaque fois : on est allé au zoo, on a fait du toboggan, on a fait du vélo, jamais plus d’une heure trente ou deux heures mais je me rappelle de tout.

De plus en plus souvent tu dis que je suis bizarre. Mais c’est moi qui me sens de plus en plus bizarre quand tu es là, je tape, je crie, je pleure beaucoup plus.

Quelques dimanches après-midis nous sommes allés à la plage tous les trois. C’est un rituel. Quand ton plat de poisson est servi sur la table basse de notre QG je viens toujours m’assoir à côté de toi et tu me découpes délicatement des morceaux. Quand je vais tout seul à la plage avec maman on ne commande pas de poisson.

On a fait trois week-ends en famille, mais il y en a deux où tu étais en séminaire toute la journée. Avec Maman on s’est bien amusé dans la piscine. A l’heure où tu finissais moi j’étais entrain de me coucher. Mais un dimanche on est resté et on a fait un concours de foot avec les autres familles, j’ai beaucoup rigolé. Pas autant que la fois où on a joué à cache-cache dans la maison !

La korité, la tabaski, ton anniversaire, mon anniversaire, la fête de l’indépendance, je n’ai passé aucune fête avec toi. Heureusement le jour de Noël tu es resté 1 heure le matin avec nous pour ouvrir les cadeaux. Le Père Noël c’est mon héros, j’en parle tous les jours, même si on est en juin maintenant. Des fois je porte les cravates qu’il t’a apporté.

Maman m’a parlé des vacances d’été mais elle ne m’a rien dit sur toi, ni si tu serais là. En fait je crois qu’elle n’en sait rien puisque tu n’as rien dit, rien proposé.

Les papas de mes copains sont là. Ils mettent des photos d’eux deux en t-shirts de foot sur Facebook, ils vont faire du cheval ensemble ou nous font sauter tous en même temps sur leurs épaules. Maman m’a expliqué que certains enfants ne voyait jamais leur papa et qu’il fallait qu’on profite bien de toi quand tu étais là.

A l’école on a préparé un drôlement joli cadeau, mais tu ne seras pas là. Pourtant je fais parti de ceux qui récitent le mieux le poème que l’on a appris pour la fête des pères.

Quand on aime on ne compte pas.

Mais tu sais papa à la fin on compte quand même sur les choses qui comptent…

J’ai deux ans et demi aujourd’hui. Bientôt j’aurai 10 ans, 20 ans, 40 ans, que restera-t-il de nous deux, papa ?

Bonne fête papa !

 

 

au bercail !

20150604_225308_resizedDéjà qu’on se sentait un peu carrément en vacances entre le congés maternité des unes, la fin des classes des autres, l’inscription à la piscine et les kermesses qui s’enchainent dans notre agenda de vacancier-ministre. Il faut bien l’avouer… depuis notre retour de Hong Kong, c’est freestyle à la playa… mais là, c’est le pompon !

Michoco a bien compris que je me la jouais plutôt coolos en ce moment… A l’heure de rentrer chez nous, du haut de ses deux pommes et demi il décide que non, lui il reste là. Il faut dire que « là », c’est un peu le paradis pour lui : nos voisins jumeaux ont non seulement bientôt 5 ans (autant vous dire que Michoco les regarde comme des Dieux vivants !), mais aussi une grande cour, une belle salle de jeu, beaucoup de jouets, et surtout chacun de leurs jouets en double exemplaire, gémellité oblige, le pied absolue pour Michoco qui peut faire combattre 2 Spiderman ensemble ou faire rouler 2 motos avengers en même temps (oui parce qu’en plus leurs jouets sont absolument fascinants aux yeux de Michoco qui me lance ses duplo et ses puzzles d’occasion dans la figure en rentrant à la maison…).

Bref, je compte les minutes, je plie bagage, j’explique, puis je menace de partir, rien n’y fait. Quitter le paradis sur terre pour aller ingurgiter une soupe, et puis quoi encore ?! Tu m’as pris pour qui ? Mon fils, cet ado, si si à son regard j’ai pris peur…

« Il n’a qu’à rester dormir » Trop tard, le mot est lancé. Tout le monde trépigne, hurle, saute, s’embrasse, et Michoco aussi. Well… Why not après tout ! Sachant qu’il y 99% de chance pour qu’il change d’avis, je suis joueuse !

Me voyant tourner les talons après 3 mots et 2 clins d’œil échangés avec la maman, je m’attendais à ce qu’il se ravise. Absolument pas. Avec un sens pratique à toute épreuve il me demande tout de même si je vais lui ramener sa tétine pour faire dodo. Oui… bien triste constat : il tient plus à sa tétine qu’à moi.

Je pars, libre comme le vent qui souffle dans le désert, en me disant après tout, la maison pour moi toute seule, et ne pas être réveillée par la morve de quelqu’un d’autre qui coule sur mes yeux, je ne dis pas non…

Au bout de 200 mètres il commence à drôlement me manquer, mais je prends conscience que ça va être mon fardeau de mère toute ma vie, alors autant s’habituer tout de suite ! Je prépare son sac : doudou, tétine, pyjama, change pour demain, sac d’école, brosse à dents. Je refais les 200 mètres dans l’autre sens pour aller déposer le sac de ma progéniture que je trouve entrain de rigoler, déguisé en super man de la tête aux pieds. Ils sont en pleine soirée pyjama ! Qu’il me semble grand soudain… Il vérifie très sérieusement si j’ai emmené sa tétine et s’en retourne d’un coup de cape à ses jeux.

Tant bien que mal j’essaie de m’agripper à lui pour obtenir un bisou. « Oui c’est ça maman, bon laisse moi maintenant ». Même si ce n’est pas formalisé ainsi j’ai bien visualisé ce à quoi j’aurai droit pendant les 20 prochaines années… Pathétique…

Je refais les 200 mètres dans l’autre sens (ça en fait des 200 mètres à force !) et me voilà rentrée chez moi, sans aucune tâche à faire que m’avachir dans le canapé ! ça fait tout drôle, je n’ai plus l’habitude !

Grand choco qui depuis qu’il est hors de Dakar est à nouveau transis d’amour pour nous (sympa mais ce serait mieux d’être transi d’amour pour nous quand tu es avec nous, quitte à faire la gueule quand tu es loin car l’inverse ça ne le fait pas trop…) réagit : « quoi ? Mais non, mais il est petit, Est-ce qu’il va dormir ? Il a besoin de toi ». Je vous dis je ne sais pas quelle mouche l’a piqué en brousse pour tout à coup s’intéresser à notre sort, je ne suis tellement pas habituée que ça devient louche !

Bref, il commencerait presque à me faire flipper ! Je tapote un texto pour les parents des jumeaux, puis l’efface. On a convenu qu’en cas de souci ils m’appelleraient, je ne vais pas en plus les harceler et passer pour une mère juive !

Finalement Michoco aime plus sa maman que sa tétine puisqu’il a expliqué à tous ces hôtes de manière apparemment très claire qu’il s’était bien amusé mais que les dodos, c’était avec sa maman ! Ils ont bien compris le message. Après quelques tentativettes et surtout l’avoir laissé bien s’amuser, ils l’ont ramené à 21h30 repu, lavé, dents brossées, en pyjama et surtout bien lessivé après cette demi-soirée pyjama bien excitante !

Confiserie

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Pour une coquine, c’est une coquine. Aouka. 6 ans.

Jamais la langue dans sa poche, jamais les yeux dans la poche non plus. Ses poches à elle, elle les utilise pour grappiller tout ce qu’elle trouve de comestible.

Sa maman s’exaspère de la voir porter chaque jour le même pantalon sale, déchiré, qui tombe littéralement en lambeaux. Aouka est bien trop contente d’avoir des poches pour s’arrêter à ces insignifiants détails esthétiques…

Un morceau de sucre par-là, un peu de pâte d’arachide par-ci. Même un morceau de tissu pourrait lui être utile.

Les autres se dépêchent d’avaler les trésors pour ne pas se faire prendre par les mamans, ça leur vaudrait quelques coups de bâton dont ils n’ont pas spécialement envie.

Même le pain de singe, le fruit de baobab, est mangé en douce. C’est si doux et fondant dans la bouche, un vrai bonbon. Mais les mamans leur interdisent d’en consommer en dehors de la bouillie du petit déjeuner, ça constipe.

Aouka, elle, préfère accumuler, accumuler pour créer ses confiseries ! Mélanger les goûts pour obtenir un goût différent. Elle a compris le concept !

Une petite bouteille vide, 6 morceaux de pain de singe, un bec et demi de sucre, un peu d’eau et elle secoue, fort. Secoue encore. Ajoute un minuscule morceau de bonbon à la menthe fraîche, goûte, fait la moue, écrase entre ses dents un peu de jujubes, sort d’on ne sait où un minuscule flacon contenant de l’essence de banane.
Les autres se seraient bien dépêchés d’avaler la douce mixture.

Elle file en douce rajouter encore un peu de miel pendant que sa maman sort puiser de l’eau.

– Aouka, Aouka, viens m’aider… lui demande-t-elle, déjà loin.

– J’arriiive ! s’empresse-t’elle de lui répondre, toute excitée par sa bêtise en douce

Elle sort de sa poche un vieil emballage de bonbon pour y verser sa préparation. Elle referme délicatement l’emballage avant de l’ouvrir tout aussi délicatement pour en lécher goulument le contenu.

Puis, faisant de nous ses complices, elle nous tend le reste avec son plus beau sourire tout édenté et file rejoindre sa maman en sautillant, son sceau sur la tête et encore tout plein de trésors dans les poches !

 

Voilà ma participation tardive à la semaine 19 du projet 52, toutes les autres sur le même thème sont regroupées chez Ma’ : ici !

Jeu

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Pendant que les autres se jaugent à la course, s’entraînent à dribler ou vont se frotter aux plus grands, lui parcourt la brousse à la recherche de matériel. Une brindille, du rônier, une branche de bambou, des feuilles, un bout de corde, quelques pierres.

Chaque fois qu’un avion passe au-dessus du village, il se concentre au maximum pour tout regarder, les ailes, les hélices, la taille des hublots…

Les coucous se font rares dans le coin, mais il n’en perd pas une miette. Depuis qu’il a 6 ans il a dû en voir une dizaine.

Ceux qui ont voyagé ont raconté, il faisait nuit depuis longtemps mais il avait réussi à se faire oublier dans l’obscurité, il avait tout entendu, les toilettes à l’intérieur, les dames qui servaient du vin. Un jour il s’est fait punir par le maître, il était sorti en plein milieu de la classe mais ça valait la peine, il l’avait bien vu dans ces détails, et celui-là avait fait deux tours au-dessus du village.

20150101_105300Couper les ailes aux bonnes dimensions, confectionner les hélices, créer un double pont, comme dans ce catalogue qu’un touriste avait laissé derrière lui.

Fait de bric et de broc son avion commence vraiment à ressembler à quelque chose.

Les autres enfants s’approchent peu à peu. Lui reste concentré sur sa tâche.

Du haut de ses 10 ans sa passion à lui c’est fabriquer des jouets. Voiture, vélo, cerf-volant, animaux n’ont pas de secrets pour lui.

Le comble de l’histoire il s’appelle Noël…

Après tout, c’est peut-être le fils du père Noël ?

Il m’a finalement offert cet avion, demandant s’il pourrait avoir un ballon en échange ! J’ai bien entendu transmis la demande au Père Noël ;-)

 

C’était ma participation au Projet 52 de Ma’, semaine 21, retrouvez les autres contributions sur le thème du « jeu » ici !