Les coquettes

20150318_112410_resizedAujourd’hui elle se sentait comme ces petites chinoises du siècle dernier aux pieds ridiculement enlacés. Ou comme ces petits rats de l’opéra qui rêvaient de poser leurs orteils sur des steaks bien frais.

Dès qu’on dépassait les 6 mois, cela devenait plus insupportable. La peau frottait, les ongles se cognaient, les sangles s’enfonçait dans la chaire jusqu’à la meurtrir.

Ses pieds étaient confinés. Ils avaient passés plusieurs mois libres. Libres de respirer, libres de gesticuler, libres de s’étaler.

Plus au nord les gens se sentaient peut-être moins libres, plus contraints et n’en souffraient pas plus que ça car c’était comme ça que leurs pieds étaient dressés, domptés, rendus dociles.

Cette année, elle avait résisté aux matinées un peu fraîches. Les soirées à l’extérieur c’étaient faites rares. Et puis pas de retour vers le grand froid au programme, pas de voyage là où ce n’est plus une question de choix ou de confort, mais plutôt une question de survie…

Ce matin, elle avait voulu sortir ces petites ballerines achetées en solde l’été dernier et jamais encore portées. La chaleur faisait timidement son retour. Bientôt il ne serait plus question de les enfiler jusqu’à l’année prochaine.

Ce matin, dès qu’elle y avait glissé le pied, elle sentait que c’était une belle erreur, que ses pieds avaient bien trop pris leur aise pour accepter sans rechigner cette petite coquetterie.

Maudites chaussures fermées…

mon solstice

Mon solstice a 3 demi-printemps…Summer_Solstice_Sunrise_over_Stonehenge_2005

ou plutôt pour être tout à fait précise 2 hivers, 2 printemps, 1 été et 1 automne !

On dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, mais dans mon cas une cigogne était venue inaugurer un hiver.

Elle avait déposé un petit paquet au pied d’un chou.

Ce petit paquet a bien grandi, il file, se faufile, pousse à vue d’œil, s’épanouit et déplie ses ailes. Ce petit paquet est un joli petit garçon qui depuis sa venue rythme mes saisons. C’est ça être né un 21…

Ou devrais-je dire bouleverse mes saisons ? Car ici les étés s’appellent hivernage, les automnes sont plus chauds que l’été, les hivers ont des odeurs de printemps et le printemps est déjà l’été !

3, 6, 9, 12, 15, et maintenant 18 mois. D’équinoxes en solstices, mon petit chronomètre saisonnier me rappelle tous les 3 21 que le temps passe si vite…

Un métronome qui se détraque à tempo fixe car être né un jour de solstice, un jour de solstice où les incas mayas avaient décrété la fin du monde en plus, c’est drôlement puissant… ça vous perturbe et vous met à plat un petit bonhomme. 18 mois ou pas : hyper sensible, à fleur de peau, accroché à sa maman comme s’il voulait retourner se cacher dans son ventre, le regard dans le vide comme s’il avait changé de planète, je ne sais pas ce que les amérindiens dansent, ce que les grandes prêtresses druidiques incantent ou ce que les astrologues prédisent, mais à chaque solstice j’ai droit à 48 heures de révolution interstellaire.

Les fonds des océans doivent bouillonner dans son ventre, les étoiles tournoyer dans son cerveau, il est… déboussolé. Peut-être remet-il ses pendules à l’heure ? Peut-être encaisse-t-il des secrets de solstice…

En attendant que ça passe, je vous souhaite un bon été, et vous donne rendez-vous au prochain solstice pour fêter cet hiver… ses deux printemps !

changement climatique

20140428_1658473 petits indices pour nous informer que l’on change de saison, mine de rien…

… les cheveux de michoco se remettent à friser

… on a délaissé notre blouse-bavoir pour le torse-nu pendant les repas quand notre blouse faisait plus la fonction de « k-way sauna » que de bavoir !

… les chaussons sont restés au placard depuis quelques jours, nos pieds nus apprécient la fraîcheur (toute relative !) du carrelage !

Il faut bien se faire une raison : ma saison préférée touche à sa fin, ce printemps permanant, cette petite brise qui vous caresse toujours même en plein soleil, ce petit polo nécessaire le soir, ce frisson du matin qui vous enroule sous la couette…

On va perdre en confort, gagner en humidité, et on aura même droit à quelques grosses averses d’ici quelques semaines, mais en échange, on va pouvoir… aller à la piscine, se baigner entier dans la mer, manger des tonnes de glaces !

L’été arrive.

 

note pour plus tard : bien garder cet article en lien quand, en octobre/novembre, je n’en pourrais plus qu’on soit toujours en été, avec plus de 40 degrés en température ressentie !
Pour l’instant on est passé de 20 à 25 degrés, encore de quoi se réjouir…

Comme un dimanche…

sénégal gilles janvier 2014 998

 

. Se lever à 7h18 (= grasse matinée pour michoco)

. Jouer au balafon, au ballon et lire tous les livres de la bibliothèque de michoco les uns après les autres, puis tous en même temps

. Causer une demi heure sur skype avec ma soeurette et mes nièces, leur montrer le ciel bleu et le soleil depuis notre balcon

. Aller réveiller mon homme et le trouver tout nu sous la douche, mmmmmmmm !

. Manger deux œufs à la coque avec mouillettes au beurre salé et jus d’oranges pressées

. S’allonger sur le lit pour bouquiner et sombrer dans une sieste d’une heure trente sous la couette au bout de la 3ème page

. Visiter une villa en famille, vue plongeante sur les vagues

. Manger une crêpe bretonne (une complète s’il vous plaît !) dans un cabanon de surfeur

. Rencontrer des tas de nouveaux gens grâce à la sociabilité / curiosité de michoco

. Retrouver un vieil ami et boire une bière les pieds dans le sable

. Aller tremper un orteil dans la mer et finir tout nu dans l’eau salé

. Profiter de la plage, le soleil tombant, jogging à capuche sur la tête

. Endormir son tout petit au son de l’appel à la prière de la mosquée

. Regarder les photos de la journée, les étoiles et aller se coucher