Mon mini-moi

gustav-klimt-mere-a-l-enfantTu viens de moi.

Tu étais moi.

Tu étais dans moi.

Du fond de mon ventre tu es sorti pour mener ta propre vie. Respirer de ton propre souffle.

J’avais hâte de faire ta connaissance et je n’avais pas encore réalisé si tu étais toi ou si tu étais moi.

Je te regardais et je me voyais moi. Je ne m’attendais pas à ça. J’avais juste hâte de te voir et je ne savais pas que j’allais me voir.

C’était un peu troublant mais je ne te voyais pas toi, je me voyais moi.

Aujourd’hui tu grandis, tu voles de tes propres ailes de plus en plus, même si tu as souvent besoin de moi. Tu mènes ta vie. Je suis là seulement pour t’accompagner sur un bout de chemin.

Alors je te donne la main si tu en as besoin, pour te montrer que je suis là, que je serai toujours à pour toi.

Pourtant je ne me suis jamais autant demandé si tu n’étais pas moi…

Je ne sais pas si je continuerai à me voir autant dans toi et si oui, combien de temps. Je ne sais pas si les autres te voient comme ça ou si ils me voient comme ça !

Est-ce parce que l’on passe beaucoup de temps ensemble, parce que je te donne beaucoup et que tu prends beaucoup ?

Est-ce moi qui veux voir ces choses-là en toi… complicité ? empathie ? voir l’autre en soi… et se voir en l’autre… tout un programme !

Je me plonge dans tes yeux et je me vois dans tes amandes. Tu les laisses bien ouverts, grands, malicieux. Tu es plongé dans mes yeux toi aussi et je sais que tu te vois dans mes amandes. Comme moi, tu n’en perds pas une miette !

Aujourd’hui tu as deux ans. Bon anniversaire mon petit moi !

 

 

Si vous êtes féru d’art, vous aurez sans doute reconnu en illustration un gros plan sur une des œuvres de Gustav Klimt, les trois âges de la femme, 1905.

Alors, le deuxième, c’est pour quand ?

chaussons_nourrisson_panaka62

 

Si vous saviez combien de fois on m’a posé la question… Je ne compte plus. J’imagine que toutes les mamans, et surtout celles avec un petit bambin pas plus haut que trois pommes dans leurs jambes, y ont droit…

Je n’y prête plus attention. Enfin si : j’y prête attention, mais je fais la sourde oreille…

Parce que pour l’instant il n’y a pas et il n’y aura pas de deuxième enfant. Vous m’imaginez rentrer dans les détails avec tous les malheureux passants qui font l’erreur de me poser la question ??!

J’aurai bien aimé vous annoncer une bonne nouvelle, je l’avais même imaginé, rêvé. Avoir un second enfant entre les deux et les trois ans de Michoco, c’est ce que j’avais prévu dans les plans qui sont plantés dans ma tête. Je sais que ça ne fait pas partie des plans de tout le monde, mais je voyais bien les choses ainsi pour ma part, pour ma famille.

Même la nature (et les tests de grossesse faillibles) m’ont joué des tours en avril dernier (ici), mais ça n’aura pas lieu.

Sans le savoir, sans le vouloir, l’excellente blogueuse Lexie Swing a exactement résumé dans l’un de ses articles (ici) pourquoi ça n’aura pas lieu :

J’aime ce chemin que nous faisons désormais à deux, reliés par un, deux, trois enfants ou plus, encadrant et protégeant ensemble cette famille qui est la nôtre. L’égalité est là, pas dans le partage de l’aspirateur ou la capacité à faire un lit au carré, mais dans la possibilité d’être deux pour aimer, et s’entraider.

[Je la rassure, cette décision était prise avant la lecture de ses mots, elle n’a donc rien à voir de près ou de loin avec ma situation, mais il y a de ces mots qui résonnent en vous, parfois comme un miroir, parfois comme votre parfait opposé.]

Moi je n’ai pas de chemin à deux, j’ai un chemin toute seule. Et si on parle de deux, il s’agit de Michoco et moi, sûrement pas de grand choco et moi. J’encadre toute seule, je protège toute seule. L’égalité n’est pas là ni dans le partage de l’aspirateur, ni dans la capacité de faire un lit au carré, mais surtout elle n’est pas là -et c’est bien là que le bas blesse- dans la possibilité d’être deux pour s’aimer et s’entraider.

Dans ces conditions et même si pour moi, pour Michoco, je pourrais en avoir envie, je ne me vois pas inviter un autre petit bout dans ce fiasco. Parce que j’ai des mains et du courage pour sécher les larmes d’un enfant, mais pas deux. Parce qu’au premier, je pourrais toujours expliquer que je rêvais d’autre chose pour lui, que je pensais, naïvement, pouvoir faire en sorte qu’avec lui, qu’avec moi, son papa s’implique, mais comment raconter au second que je n’avais pas été avertie ?

Ce que je peux faire avec un toute seule me semble insurmontable avec deux, toute seule. D’autres l’ont fait, il y a un siècle les femmes ne se posaient sûrement pas toutes ces questions, de nos jours non plus, en Afrique notamment, et partout dans le monde, beaucoup ne se posent pas ces questions. Mais moi, avec qui je suis, mon caractère, d’où je viens, ce que j’ai vécu, je me les pose ! Et je n’ai personne pour se les poser avec moi. Enfin si, je vous ai vous, mais pas grand choco…

Nous n’avons pas de problèmes de couple au sens de la partie visible de l’iceberg puisque si on ne met pas ce sujet sur la table, on se parle bien et on réussit même à organiser une sortie familiale tous les 36 du mois. D’ailleurs pour Grand choco ce n’est pas un sujet à mettre sur la table puisqu’il n’y a pas de sujet. Il ne comprend pas de quoi je parle. Et quand je lui demande de l’aide, quand je veux l’impliquer dans quelque chose qui concerne notre famille : Il n’a pas le temps, il est occupé, il dort, il a autre chose à faire, il veut qu’on le laisse tranquille. Bref, on l’emmerde. (Quand il est là. Parce que la plupart du temps il n’est quand même pas là.)

Il n’a pas été là pour les un an de Michoco, ni pour Noël l’an passé d’ailleurs, bientôt un an et la cicatrice est toujours béante. Il n’a pas été là quand j’étais paralysée d’une jambe, quand j’étais au fond du lit avec 40 de fièvre, ni quand Michoco pleurait jour et nuit. Il n’a pas pris part à la décision de l’école de Michoco, des cadeaux de Noël de Michoco, des grandes étapes de Michoco, il ne partage pas à mes questionnements sur les attitudes à adopter pour l’éducation de Michoco, sur nos pérégrinations météorologiques non plus, sur rien de ce qui concerne notre quotidien ou notre avenir, il n’a pas de projets avec Michoco, il n’est même pas au courant que depuis toujours Michoco mange du jambon !

« Mais comprends-moi chérie ». « Oui je comprends qu’on n’est pas ta priorité mon chéri, qu’on passe toujours après les autres, le travail, les obligations, et la grand-mère du voisin de ton oncle. Oui, je comprends que ça ne t’intéresse pas. Qu’ON ne t’intéresse pas… »

C’est un peu triste, voire beaucoup, de ne pas pouvoir faire grandir sa famille. Il dit qu’il nous aime, qu’il pense à nous, qu’il ferait tout pour nous. En attendant il s’occupe surtout de lui et de lui-même.

C’est sûrement dû à beaucoup de questions culturelles, à une attente et une vision très différente de la famille, du couple, j’en conviens mais cette excuse ne suffit pas ni à sécher mes larmes, ni à taire ma colère.

Avec Michoco, je suis passée à autre chose, j’avance. Mais pourquoi faire un deuxième enfant dans ce fonctionnement qui ne me convient pas ?

Certains me diront que je suis trop exigeante, que les hommes sont ainsi. Au contraire, je crois qu’on devrait être plus exigeant aavec ce qu’on a au fond du cœur.

J’étais avec un papa de deux enfants pour le brunch ce dimanche, il était dépassé, il a fait de son mieux pour gérer la semaine d’absence de sa femme qui en temps normal s’occupe de -presque- tout, il a changé sa fille à même le carrelage du bar du resto, ça m’a fait sourire, il s’est énervé un peu vite sur son fils qui a fondu en larmes, mais il se confiait à moi sur le comportement colérique de son fils, il se projetait avec lui dans l’avenir, il se mettait aussi à la place de sa femme. Le lendemain c’est sa femme qui me reparle du bouquin d’isabelle Filiozat que j’ai conseillé à son mari, ça veut dire qu’ils en ont parlé ensemble !

Je ne regrette pas du tout d’avoir Michoco, mais rien qu’à l’idée de devoir bercer, nourrir, changer, rassurer, porter, accompagner, donner des ailes, fixer des limites, laver, soigner, éduquer, divertir un autre enfant, je sais qu’à deux ce serait oui sans réfléchir et que toute seule c’est non tout court…

 

Je ne suis pas allée plagier un site inconnu, la photo de ces adorables chaussons de nourrisson viennent d’ici : Si vous attendez un heureux évènement autour de vous (ou pas !), passez faire un saut chez Panaka62, c’est rempli d’idées ;-)

mon fils, ma béquille !

Un ventre pour te mettre au monde,
Deux bras pour t’accueillir et te bercer,
Une belle poitrine pour te nourrir,
et une épaule pour te faire roter,
Un cou pour te calmer,
Un dos pour te porter,
Deux yeux pour te dévorer,
et une bouche pour chanter la vie, t’embrasser aussi…
Un nez pour te renifler,
Deux oreilles pour t’écouter souvent rire, parfois pleurer,
Une main pour t’aider à grandir,
Dix doigts pour te caresser,
Des genoux pour te faire sauter de bonheur,
De longs cheveux pour te chatouiller,
Deux jambes pour te courir après
et tout mon cœur pour t’aimer !

Petit poème en souvenir de mon entorse à la cheville droite et d’un orteil gauche fêlé… C’est arrivé vendredi, mauvais chute… Mais mon petit guerrier et moi, on gère comme des chefs, même avec quatre orteils et deux béquilles ;-)

le fameaux grand ménage

20121124_155403Je me décide enfin à démonter le berceau qui traine dans le couloir depuis des jours. Impossible de le faire passer par la porte de la chambre de bébé… Il me faut le démonter et le remonter à l’intérieur de la pièce !

Toi, ce bébé que je ne connais pas encore, que je porte en moi, tu dois arriver dans trois semaines et quatre jours…

Les coups de tournevis sont faciles, mais au niveau du 4ème pied, à quatre-pattes, la main en l’air pour maintenir le pan du berceau en équilibre, je commence sérieusement à m’essouffler…

Je me dis que c’est ça la grossesse. On m’avait prévenu que le dernier mois serait plus difficile physiquement.

En début de semaine le peintre est venu embellir ta chambre. On ne sait pas si tu seras une fille ou un garçon, même si tout le monde est sûr que tu es un garçon ! On a choisi un violet parme qui pourra aussi bien aller à l’un qu’à l’autre…

Ta chambre ressemble enfin à quelque chose avec son berceau ! Je la prends en photo. Elle est prête à t’accueillir. Je ne peux pas en dire autant de la valise pour la maternité… Je reprends la liste, commence à rassembler les affaires. Tout ça ?! Mais ce n’est pas une valise, c’est une malle dont je vais avoir besoin ! Bon… on reverra ça demain !

Je m’allonge sur le canapé. Le cours de gym d’hier, la séance bricolage d’aujourd’hui, décidemment, il faut que je lève le pied !

Je m’endors comme une masse.

Je dors une heure tout au plus, mais me réveille comme si j’avais fait le tour du cadran.

Une sieste réparatrice comme jamais…

Je me lève d’un bon, fonce à la cuisine. J’avale d’un trait un paquet de figolu entier ! Toute la grossesse je me suis rationnée, mais là c’est plus fort que moi ! Le paquet y passe en moins de temps qu’il ne faut pour ne le dire… J’engloutis une demi bouteille d’eau sur mon trajet retour vers le canapé.

Je me rassois et… perds les eaux !

Dans quelques heures tu seras dans mes bras…

 

Je précise pour ceux et celles qui ne me connaissent pas que non je ne suis pas à la maternité ou de retour à la maison avec un nourrisson dans les bras ! Cet épisode a 21 mois 1/2 déjà. Mais aujourd’hui il me semble que c’était hier !

 

une main qui fait du bien

sénégal gilles janvier 2014 10136h30.

J’ouvre les yeux. Je suis perdue. J’ai la tête qui tourne. Fort. Vite. La nausée monte, des crampes de ventre aussi.

Ça ne va pas. J’essaies de refermer les yeux. Ça ne va pas mieux. Mes jambes sont engourdies.

Je frissonne, je grelotte. Je voudrais sortir de ce corps qui me fait mal.

Je tâtonne sous la couette à la recherche d’un repère.

Je trouve une main chaude. Je l’enlace, elle me répond en serrant un peu mes doigts.

Je comprends que je suis malade, que je le serai toute la journée, mais je me sens mieux. Un peu. Beaucoup.

Je me sens mieux et je pense à mon petit loup. Je pense à lui qui m’appelle parfois (très rarement) à 5h, 6h ou 6h30 à au lieu de ses 7h30, 7h45 ou 8h habituels.

Quand ça arrive je râle, me plains, m’agace alors qu’il se réveille seul, perdu, peut-être en grelottant, en transpirant ou en ayant mal au ventre. Il se réveille probablement d’une manière qui ne lui plaît pas. Je devrais savoir qu’il cherche un repère, que ce repère, c’est moi. Je me lève, j’y vais toujours, mais sans conviction, et en râlant contre la journée qui commence mal, alors que lui a tout simplement besoin de la main de sa maman, de sa chaleur, de sa voix pour savoir que même si ça ne va pas, ça va aller quand même !

Pardon mon petit loup de ne pas toujours savoir être à l’écoute de tes besoins, des besoins tout simples, des besoins tout doux.

 

(la photo est de mon ami Gil)

Alors l’école ?

ecoleAprès deux semaines complètes à l’école, vous avez été plusieurs à me demander des nouvelles en privé… C’est l’heure du petit bilan !

Michoco, 21 mois aujourd’hui et deux semaines d’école à son actif, ça donne ça :

Michoco va toujours à l’école avec autant de plaisir. Il faut dire que ça avait particulièrement bien commencé (petit rappel) ! Il connaît le prénom de quelques-uns de ses camarades, de sa maîtresse et des deux assistantes. Ils sont 10 filles et 10 garçons, grosso modo 1/3 chocolat, 1/2 chocolat au lait et 1/3 chocolat blanc ! Jeux d’eau le mercredi, sport le vendredi, comptine, peinture, lecture, ils ont un petit programme déjà bien planifié ! Cette semaine la maîtresse a testé un coucou par la fenêtre avec lui dans les bras pour me dire au revoir, mais ça ne lui a pas plu du tout, de grosses larmes sont venues embuer ses yeux au moment où j’ai quitté la cour… On est revenu à l’ancienne méthode, il me lâche à la porte de l’école, se rue vers les toboggans, je l’emmène tant bien que mal à l’intérieur de sa classe avant que tous les autres enfants n’aient envie de sortir jouer dehors, et lui fais au revoir de loin. S’il ne veut pas (pas pour quitter maman, mais surtout pour faire demi-tour vers les toboggans…), la maîtresse vient lui expliquer l’activité du matin, lui demande s’il veut participer et il dit « ouiiii ! » et fonce ! La première semaine, surtout à cause de la fatigue, je venais le récupérer à 11h30 au lieu de 12h, avec comme excuse que c’est le plus petit de la classe, mais au bout du troisième jour quand le gardien ouvrait la porte de sa classe, il partait se cacher sous une table ou s’accrocher à une chaise !!!

Michoco est propre ! Je ne pensais pas que ce serait si rapide et si facile… Quand on a commencé le sans-couche (), ce n’était pas dans ce but. J’avais même hésité à l’envoyer à l’école sans couche, mais vous m’avez donné la confiance dont j’avais besoin. Deux accidents la première semaine, un la seconde, mais d’avis de maîtresse, plus à cause des maîtresses qu’à cause de Michoco. Maintenant il demande. Il vide bien sa vessie. S’il est pris dans ses jeux, faut quand même penser à lui demander. Il a réglé ses cacas sur l’heure du matin avant de partir à l’école. Pour la couche de la sieste, c’est la crise totale : il met ses mains sur son zizi, et dit « non, non ». J’ai donc décidé de le laisser aussi sans couche pour la sieste avec renfort d’alèse et de serviette de toilette pour voir (les couches étaient souvent à peine mouillée) et il s’est couché sans problème… Pour la couche du soir, il ne dit rien, mais demande à l’enlever en se levant. à suivre !

Michoco aime me montrer ce qu’il fait. Impossible de quitter sa salle de classe sans qu’il m’apporte quelque chose à me montrer, un livre, un jeu, un pinceau. Il a envie de me montrer ce qu’il fait, ce qu’il aime et ça me plaît bien. Je vois que les autres enfants ne font pas ainsi, mais moi j’aime bien le voir pleinement acteur de sa vie ! J’ai réussi à comprendre la chanson qu’ils apprennent à l’école. Il me fait partager ses jeux de motricité puisque la première semaine il voulait coûte que coute que je tourne, la seconde, le verbe toucher est apparu dans nos jeux ! La maîtresse a confirmé !

Livres, à l’abordage ! Il avait un peu mis de côté ses livres depuis fin juin et nos vacances, la reprise de l’école l’a relancé dans le plaisir de la lecteure et la découverte des nouveaux livres ramenés dans nos valises l’a boosté. Pas un jour, sans qu’il ne réclame de lire au moins 20 livres, seul ou avec moi, selon ses envies et ses humeurs. Dans la maison, il a maintenant 4 coins livres !

Impec avec les autres. Dans la rue il ne se laisse plus embêter par les autres enfants, il enlève leurs mains de lui et dit ‘ »achou » (c’est le mot qu’on utilise pour dire pousse-toi). C’est un peu chiant, à sa place je ferai la même chose, les autres enfants du quartier, certes plus grands que lui avec sans doute une volonté de le protéger, passent tout leur temps à le toucher… Il est très heureux au milieu des autres, parle avec les enfants comme les adultes, rie, salue, tout en restant très indépendant. J’aime bien qui il est ! Il décide vraiment les activités qu’il a envie de faire. Il a parfis ses temps tout seul. Il regarde ce que font les autres, entre dans leurs activités, il est souvent aussi l’initiateur des nouveaux jeux. En revanche quand il a décidé quelque chose, vous avez intérêt à être d’accord avec lui ou à avoir un plan B à lui proposer !!!

Colère, caprice, décharge, frustration, affirmation ? Quelques colères d’énervement, quelques crises, c’est nouveau. Il gagne en autonomie, sans pouvoir faire toujours tout ce qu’il voudrait faire, il emmagasine beaucoup aussi à l’école, la fatigue se rajoutant, je reste zen… (j’essaies !!!). J’ai mis en place le plan B, je vous en parle bientôt ;-)

Fini les endormissements sereins… Ecole, venue de son papa, début de la propreté, chaleur, autre phase ? Difficile à dire mais depuis le second jour d’école, retour à la case départ… alors que Michoco s’endormait vraiment bien tout seul le soir depuis ses 12 mois et 18 mois pour la sieste. Si je quitte la pièce, hurlement, destruction de tout élément à sa portée. Si je m’assois dans un coin de la pièce sans parler ni bouger, il s’allonge. Il trouvait son sommeil, mais a compris le truc et commence maintenant à faire le malin et jouer dans le lit ou rire en m’appelant. Il va falloir que je recommence ma technique d’éloignement qui consiste à me déplacer de quelques centimètres chaque jour, pour finalement finir un beau jour en dehors de la chambre… J’ai eu un peu plus pitié de lui et bingo, Michoco a saisi la brèche… Ce n’est pas non plus la mer à boire, l’histoire de 15 minutes que d’autres parents m’envieraient sûrement, mais j’ai hâte de revenir à une situation sans larme ni cri ni stress… Pour le soir, on commence à revenir doucement à la normale, pour la sieste, je m’accroche ! Il a adopté la turbulette qui se trouvait au pied de son lit comme doudou et la réclame systématiquement comme oreiller pour s’endormir.

Beaucoup de sommeil en moins… Crevé par la matinée, les énervements pour s’endormir, couché à 13h au lieu de 12h15. Il se réveille à la même heure (entre 15h30 et 16h), c’est donc 45 minutes à une heure de sieste en moins l’après-midi et des réveils entre 6h30 et 7h au lieu de 8h… ouch, ça pique les yeux ! C’est donc plus d’énervements, plus de moments où Michoco se fait mal, se plaint, réclame de l’attention. On a gardé le plus possible le rythme à la cool pour le reste de la journée, mais le décalage de la sieste de l’après-midi n’a pas encore était accepté par son rythme biologique. L’adage : « plus il dort, plus il dort » a toujours été vrai ici… Je m’accroche encore deux bonnes semaines car j’ai remarqué qu’il faut souvent 21-25 jours à Michoco pour s’adapter vraiment à une nouvelle situation. Et puis je suis optimiste, ce matin il s’est réveillé à 8h, youpi : ma petite grasse mat’ du dimanche !

Et pour moi ? J’ai réussi à être beaucoup plus efficace dans mon travail, à me détacher de la maison, du coup je reprends plus de plaisir dans ce que je fais et ça me motive. Ces plages horaires bien organisées me permettent de mieux séparer les choses. Le temps pour le travail n’est pas mélangé avec le temps pour cuisiner ou interrompu par Michoco ou quelqu’un d’autre. ça fait du bien au cerveau ! Même si on se retrouve à 12h, le temps passe vite : voiture, repas, pipi et dodo. Quand il se réveille je suis replongée dans mon boulot (et le blog, hihi !) depuis belle lurette. Un petit coucou, mais on se retrouve « vraiment » à 17h30 pour notre promenade dans le quartier, un intemporel depuis sa naissance ! Les deux heures ensemble sont donc d’autant plus un plaisir, sans parler des week-ends où on a enfin le temps de trainer, jouer ensemble, profiter !

Les trajets en voiture… L’école de Michoco est à 15 minutes de voiture de la maison, mine de rien, multiplié par plusieurs fois par jour, plusieurs fois par semaine, ça prend du temps. J’ai branché RFI et en profite pour écouter un reportage ou les infos. Michoco lui a adopté la consultation du catalogue Légo comme rituel de trajet. Sur le chemin il commente : citerne, mouton, tracteur, jumbo (notre cube bouillon de poule maggie, en publicité 4×3), allah ouakbakh (ce qui veut dire en arabe : Dieu est grand, oui, Michoco parle arabe ! on passe devant plusieurs mosquées !), mer, arrive (pour m’expliquer que les vagues arrivent), bref, vous l’aurez compris, notre trajet est très intéressant ! Le déménagement de mon bureau ici me permet de limiter les allers-retours inutiles. Dans le quartier de l’école de Michoco, en plus de la plage il y a pas mal de cafés sympas avec la wifi !

Même si ça demande quelques ajustements et adaptations, je crois que Michoco est content de cette nouvelle organisation ! A l’école les maîtresses sont également très contentes de lui ! Et moi je suis très contente de l’équipe qui s’occupe de lui, contente de voir Michoco content et contente d’être moi-même contente de cette nouvelle organisation… Bref, tout le monde est content !!! Lol !

 

 

 

 

Petit bonhomme, grande classe !

20140909_082041_resizedComme vous avez pu le comprendre hier, la rentrée s’est super bien passée !

Trop pressé d’aller à l’école, Michoco n’avait pas le temps de boire son biberon pour ce premier matin de rentrée… Il était surtout obnubilé par les gâteaux. Je lui avais expliqué que je mettrai un gâteau dans son sac pour le goûter et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !

tateau, tateau + signe du gâteau avec la main !

Ceux qui ont lu l’article précédent (ici), savent que dès qu’il a passé la porte de l’école, il a lâché ma main…

Alors pour les curieux, voilà la suite de l’histoire :

Il a foncé vers les jeux extérieurs qui avaient été installés en face de sa salle de classe. Sa maîtresse est venue vers lui, nous nous sommes présentés, elle a laissé les autres enfants pour lui consacrer quelques minutes, rien qu’à lui. Le temps aussi pour moi de lui glisser trois mots.

Il s’appelle Michoco. Il est tout petit, il est de fin décembre. Il a 20 mois.

Il ne porte plus de couches, mais il faut bien lui proposer d’aller aux toilettes car il n’y pense pas de lui-même.

Voilà son sac.

[Michoco fait le signe du gâteau en montrant son sac]

Oui *michoco* il y a des gâteaux dans son sac.

Ah oui, on fait le langage des signes à la maison, ne vous étonnez pas s’il fait des signes. ça (en faisant le signe) ça veut dire gâteau.

Elle l’entraîne vers le tobogan.

Tu veux faire du tobbogan ?

Oui*

Tu dis au revoir à maman et papa ?

Oui*

Il nous fait un bisou plus que furtif à mon goût et s’en retourne aux jeux, regardant à peine notre petit au revoir de la main…

Non mais quelle ingratitude tout de même, moi qui me fais un sang d’encre depuis des semaines !!! Je me plains mais c’est pour la forme (et essayer de vous faire rire !) car en fait moi non plus je n’ai pas pleuré, je n’en n’ai pas eu envie. J’étais vraiment heureuse.

J’étais super contente et dès que j’ai repassé la porte de l’école dans l’autre sens, pour la première fois depuis la naissance de Michoco je ne me suis pas demandée s’il allait bien, si tout se passait correctement sans moi. J’étais sûre que tout irait bien et que même si ça n’allait pas c’était sa vie et que je n’y pouvais pas toujours tout. Pour les psychologues de comptoir, à cet instant où j’ai repassé la porte de l’école en sens inverse, le laissant derrière moi, s’est produit le « big bang de la défusion ». Cette seconde précise où votre relation mère-enfant est transformée, à tout jamais. Décidemment, cette porte doit être magique, il faut que je pousse un peu mon enquête !

3 heures plus tard, je suis revenue le chercher et il allait super bien.

ça s’est très bien passé ! m’explique la maîtresse

Pas une larme, pas une trace de morve, il portait toujours le même pantalon donc pas de fuites urinaires non plus.

Je ravale ma salive pour éviter d’ensevelir la maîtresse sous les 300 questions que j’aimerai lui poser… elle a 19 autres bambins à s’occuper. Je suis la première à être venue le chercher, mais j’ai une bonne excuse : c’est le plus petit de l’école !

Il ne m’a même pas embrassé, il ne m’a pas sauté dans les bras comme si je repeuplais enfin son monde. Non. Il m’a entraîné vigoureusement vers le bac à sable, me montrant un à un camions, sauts et autres pelles. Il m’a montré la cabane au fond de la cour, le lapin en face de leur classe, il a attaqué le toboggan par la face nord. Bref il ne voulait pas partir ! Bref, il était chez lui ici ! Au bout de 10 minutes de tergiversations sur la nécessité pour lui de rentrer à la maison pour aller manger puis dormir, il a finalement accepté que je le maintienne fermement et vigoureusement dans mes bras pour ne pas qu’il s’échappe à nouveau… congratulant toute l’équipe d’un énorme au revoir. Je pourrais vous dire que c’est honteux, inadmissible de saluer des inconnus et ignorer sa mère 3 heures plus tôt, mais non : c’est super bien !

Tu reviendras demain matin à l’école ?

Oui ! *

 

 

* à la choupitude du oui (cf ici), je dis oui pour la vie !!

 

 

il a lâché ma main et j’ai su

plume en volA la seconde où nous avons franchi la porte de l’école, j’ai su.

J’ai su que tout se passerait bien

A cette seconde précise, j’ai oublié la panique ce matin car le gardien nous avait enfermé à l’intérieur de la maison. J’ai oublié l’engueulade avec grand choco à propos du gardien et des clés de la maison. J’ai oublié que Michoco n’a pas voulu avaler une goutte de son biberon. J’ai oublié l’énergie qu’il m’a fallu déployer pour que tout se passe de manière agréable, fluide et efficace dans cette nouvelle organisation matinale.

A cette seconde précise où nous avons passé la porte de l’école, il a lâché ma main.

Il a lâché ma main et j’ai su.

Je suis devenue sûre, intimement persuadée que tout se passerait bien.

Pour lui.

Pour moi.

Il a pris son envol, et je n’avais pas peur.

Je l’ai laissé ouvrir ses ailes. S’éloigner de moi.

Je n’ai pas retenu sa main dans la mienne, j’ai juste laissé ses doigts glisser le long de ma paume pour profiter de cette dernière caresse. Une plume. Une caresse que je n’oublierai jamais. Celle de sa première rentrée à l’école.

Peu importe ce que je pourrais dire, faire, nous avons déjà fait notre rentrée. Au moment même où il a franchi la porte de l’école. Au moment même où il a lâché ma main. Au moment même où je l’ai laissé aller.

Call me mum…

keep-calm-and-call-me-mum

Parfois Michoco m’appelle « maman », parfois il m’appelle par mon prénom…

Je ne lui ai rien demandé, rassurez-vous je ne lui apprends pas non plus à me vouvoyer, mais il copie tout bonnement ce qu’il entend. Il n’entend personne m’appeler maman et il est entouré de gens qui m’appelle par mon prénom.

Alors comme il enregistre les prénoms de tout son entourage (proche ou moins proche, chien et poissons rouges inclus), et vu que tout le monde s’extasie devant cette capacité à connaître les prénoms d’une bonne centaine de personnes, il a dû penser que ce serait super cool de m’appeler moi aussi par mon prénom…

D’ailleurs quand on est tous les deux, ça me rassure un peu, il m’appelle plus souvent « maman ». Si ça vous rassure un peu aussi, tans mieux ! L’utilisation de mon prénom c’est beaucoup devant les autres, et après le 4ème « mamaaaaaan ! » crié de l’autre bout de l’appart !

Il s’attribue parfois mon prénom. A quoi ça a servi que je me prenne la tête neuf mois pour lui choisir et faire valider un prénom, hein ?? Quand on lui demande comment il s’appelle, il donne mon prénom comme réponse ! Et là c’est le moment où les psy de comptoir me disent qu’il serait grand temps de défusionner… A sa décharge il n’arrive pas encore à prononcer son prénom, à part quand il en lit les lettres accrochées sur sa porte ! Mais il se reconnaît bien quand on l’appelle par son prénom et/ou son nom de famille (le sénégalais car le français il ne l’a pas encore enregistré !). Et là c’est le moment où vous êtes totalement rassurés !

C’est comme ça, je n’y peux pas grand chose. Sans doute une phase, alors je prends mon mal en patience… Autour de nous les réactions sont diverses et variées.

A mamie chic de s’extasier :

– Ah mais c’est super, il t’appelle par ton prénom!!!

– Ah oui ? et toi, tu aimerai que je t’appelle par ton prénom ?

– non

– ben voilà…

A sa nounou d’être scandalisée :

Non Michoco, c’est ta maman, tu dois l’appeler « maman » !

A un passant de m’interroger :

Mais c’est votre fils ? Pourquoi il vous appelle par votre prénom, vous l’avez adopté ?

Je n’ai pas trop compris le rapport entre l’adoption et le fait de ne pas appeler sa maman « maman », mais je n’ai pas vraiment eu envie de prolonger la conversation, si vous voyez ce que je veux dire !

Alors c’est vrai que j’ai un prénom magnifique (cœur, cœur dans les yeux ! merci les parents !), le même qu’une certaine petite fille qui vit dans les montagnes avec son grand-père… Mais j’aimerai bien que mon fiston m’appelle « maman » quand même !!!

Cela dit restons positifs :  si un jour il se perd, il sera toujours dire aux passants comment je m’appelle !

Dire que je vais balancer mon tout petit dans la cour des grands…

scared womanNous étions encore la tête dans les vacances.

La blogosphère n’avait pas encore été inondée d’articles « comment préparer la rentrée ? »  » conseils pour bien commencer l’école » « la rentrée : on compte les dodos » « les meilleurs livres pour préparer vos petits à la reprise » « le meilleur et le pire des rentrée des classes », etc.

Il y a deux semaines, je vous aurai fait un article ultra positif sur mon bonheur d’envoyer Michoco à… l’école !

J’étais sur mon petit nuage, ravie qu’il puisse enfin vivre des expériences en collectif, contente de lui donner l’occasion de découvrir pleins d’activités, de se faire des amis, d’interagir avec d’autres adultes. J’étais fière qu’il puisse faire son petit bout de chemin un peu plus loin de sa maman, soulagée d’imaginer pouvoir enfin bosser 2 heures consécutives sans être interrompue, bref heureuse qu’il grandisse ! J’ai fanfaronné tout l’été sur cette nouvelle étape dans notre vie à tous les deux. J’avais une confiance absolue en lui, en moi aussi. Je me sentais prête, je le sentais prêt aussi.

Oui mais ça c’était il y a deux semaines…

Et depuis, j’ai peur ! Je n’ai pas peur : je suis carrément flippée !!!!

Michoco semble toujours aussi serein, il connait son cartable, sait dire le mot école, mais il ne sait pas ce qui l’attend, lui !

Je n’avais pas réalisé :

  • que j’allais abandonner mon petit bonhomme
  • que peut-être il allait pleurer
  • que peut-être il n’allait pas pleurer (qu’est ce qui est pire ??)
  • que je ne saurai pas exactement comment se sont déroulées ses journées
  • qu’il faudrait que je le bouscule un peu le matin, lui qui vient (enfin) de rallonger ses nuits jusqu’à 8h15 (couché à 19h30, pas mal hein ?!)…
  • que quelqu’un pourrait lui faire du mal
  • qu’il n’y aurait pas toujours quelqu’un pour l’aider à se relever s’il tombait
  • qu’il ne réussirait peut-être pas toujours à se faire comprendre, moi qui connais chacun de ses signes, chacun de ses mots, chacun de ses battements de cils…
  • qu’il n’aurait pas tous les mots, la maturité pour me faire partager son ressenti
  • qu’étant né fin décembre, il serait aussi le plus petit de la « toute petite section », le plus petit de toute l’école… mon déjà grand que je trouve finalement si petit pour cette cour de grands…

Je n’avais pas non plus réalisé :

  • qu’il faudrait que je prenne sur moi,
  • que c’était moi l’adulte de l’histoire et que c’est probablement lui qui va me donner une grande leçon de grand…
  • que, même si j’adore le voir grandir, je voudrais aussi le garder toujours tout contre moi comme mon petit bébé tout juste sorti de mon ventre.

Alors je vous rassure (vous n’avez pas besoin d’être rassurés, mais moi si !!!), à deux ans (20 mois 1/2 pour Michoco), le but n’est pas d’apprendre à lire et à écrire ! L’école à deux ans (pour ceux qui en ont les moyens…) correspond à un besoin de socialisation car ici beaucoup de petites têtes blondes (ou brunes !) sont avec une nounou dans leur maison et qu’il n’y a pas vraiment de lieux de rencontre (ludothèque, square, bacs à sable… si ce n’est au hasard d’un coin de plage). Il ira 5 matinées par semaine dans des conditions ultra privilégiées par rapport à la France (une maîtresse et 3 ou 4 assistantes de classe pour 20 élèves, ça vous fait rêver ?), accompagné par une équipe qui semble ultra bienveillante.

Je me regonfle à bloc, remplis mes poumons. Je sais que mon état d’esprit influera beaucoup sur le sien. Je pense aux mamans qui ont dû laisser leur petits bouts à 2 mois, 5 mois, un an et goûte mon bonheur d’avoir tant pu profiter de lui. Je me ressasse toutes les raisons qui m’ont fait faire ce choix, compte les points positifs. Bref, à J-7, je me donne du courage comme je peux…

Mais une chose est sûre :

Même si le jour de la rentrée j’oublie son cartable, son goûter, sa gourde, sa tenue de rechange, ses fournitures scolaires, ses chaussures…

Même si le jour de la rentrée je l’oublie à la maison…

Je ne vais pas oublier d’emporter mon paquet de mouchoir !!!

 

crédit photo : j’ai cherché une photo au hasard du web, mais l’article d’où elle provient est très éclairant : je viens enfin de comprendre pourquoi je ne mincis pas ;-)