Ici

Ici il y a des tas de sable en guise de bacs à sable,
des arrivées de pirogues qui remplace les poissonniers de supermarché,
et des sourires qui transforment le monde en or !
Bon week-end !

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(Les autres participations au projet 52 de Ma’ sont ici ! )

Soir

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Entre 20h et 22h, pharmacie, boutiques, épiceries, pressings, tailleurs, quincailleries battent leur plein dans notre rue et le stand de fruits sert de lampadaire public !

 

Voilà ma participation de la semaine au projet 52, retrouvez toutes les autres chez ma’.

rue des clémentines

Quelle mouche a bien pu la piquer ce matin ? Elle prend son téléphone et compose le numéro de la courtière.

– « Je sais ça fait des mois que nous cherchons une maison, mais trouves-nous quelque chose ce mois-ci. Il le faut.

– « Je dois visiter une nouvelle maison ce matin. Je te tiens au courant.

C’est vrai, elle n’en peut plus. L’intérieur rien à dire. Au fil des années elle a même réussi à ce que son appartement ressemble presque à quelque chose.

Par petites touches, discrètes, ce logement est devenu le sien.

Elle ferme les yeux et sourit. Mine de rien, quel chemin parcouru…

Il y a 5 ans les chauffeurs logeaient dans la chambre à côté de la sienne. Elle devait constamment laisser la porte de sa chambre fermée à clé. Chez elle, ce n’était pas l’appartement et toutes ses pièces, mais seulement la chambre puisque c’est là que se traçait la frontière de son espace privé.

Quand elle demandait un peu d’intimité, les autres la regardait comme si elle parlait chinois, son mari en première position. On entrait et sortait de chez elle comme dans un moulin.

Elle a changé de stratégie et gagné du terrain, sans que personne ne le réalise vraiment.

L’alcove du couloir où s’empilait les bagages et les cartons est devenue un adorable salon marocain. La chambre des chauffeurs est devenue celle du bébé, repeinte en violet pour l’occasion. De telle sorte que les chauffeurs ont fini par délaisser également la cuisine où ils prenaient leurs aises à toutes heures. Elle a appris à fermer la porte du pallier à clé du soir au matin, quitte à ce que le gardien soit obligé de se débrouiller pour trouver d’autres commodités. Elle a redécouvert le plaisir de pouvoir dormir nue, la porte de sa chambre grande ouverte, et celui de se laisser caresser par la fraîcheur matinale, de se lever boire un verre d’eau en petite culotte, de prendre son petit déjeuner en tenue légère.

Récemment elle s’est réappropriée l’escalier. Prétextant un rafraichissement de peinture, elle a fait enlever les pneus, les pièces mécaniques qui n’avaient rien à faire là et s’est empressée de remettre, une fois la peinture sèche, de grosses plantes d’intérieur qui occupent bien tout l’espace.

Occuper l’espace, marquer son territoire, céder un peu de terrain pour mieux en gagner et toujours grignoter, centimètre après centimètre cet espace, vital à son intimité. Une stratégie digne des meilleurs traités de guerre !

Il faudrait encore en faire pour que ce chez elle devienne vraiment douillé. Classer, jeter, désencombrer… Repenser le bureau qui est devenu un débarras poussiéreux. La tâche est vaste, le jeu en vaut sûrement la chandelle !

Malheureusement son énergie n’a eu aucun effet sur l’extérieur. Elle est seule, ils sont trop nombreux. Les cours de service des autres maisons, les fourchettes en inox qui cognent les casseroles en alu, les moutons en dessous de sa fenêtre, les enfants et les mamans qui hurlent à toute heure, les bébés des autres qui vivent chez vous comme chez eux, les jeunes qui ne refont même pas le monde et leurs gloussements qui se prolongent jusque tard dans la nuit, le menuisier qui frappe, cogne, rabote, martèle, les séances de récitations religieuses dans l’hygiaphone, la télévision du voisin qui tourne dans le vide, volume 118. Quand elle parle de bruit aux voisins, ils ne comprennent pas. Quel bruit ? Ils n’entendent pas. Ils sont nés avec, vivent dedans depuis toujours. Pas elle.

Elle a capitulé, ou du moins dû revoir son plan d’attaque : battre en retraite…

Pour la maison de ses rêves, elle a mille critères. Quitte à changer d’habitat, autant changer pour le meilleur… Mais au fil des mois et des visites, elle a bien été obligée de constater que la somme de ses critères ne pourrait entrer dans son buget, mathématiques basiques. Le seul critère auquel elle ne renoncera pas, en plus de son intimité, c’est le calme. Elle en rêve la nuit : pouvoir entendre la lune onduler sur les tuiles, le soleil terrasser le sable, et le bruissement des feuilles chanter dans le vent !

Driiiiiing… Un appel la tire de ses pensées.

– « Quand peux-tu venir visiter ? Je pense qu’il faut que tu la vois, lui annonce la courtière.

– « C’est calme ?

– « Très ! Il y a même un clémentinier dans la cour.

– « J’arrive.

Si même mes clémentiniers peuvent y pousser au calme,

Peut-être que…

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(si comme moi vous envisagez dans vos rêves de devenir responsable d’un clémentinier, l’image vient d’ici, avec tous les conseils pratiques pour bien s’en occuper !)

 

Welcome Home Flat Stanley !

Il y a quelques jours une bloggeuse que j’adore suivre et dont je tairais les noms virtuels et réels m’envoyait un lien. J’ai tout de suite adoré le concept ! J’ai tellement adoré que moi qui ne gagne jamais aux jeux et concours sur internet, j’ai été tirée au sort ! Merci Lexie, oups ;-)

Pour ne pas faire durer le suspens plus longtemps… car je sais que vous mourrez d’envie de découvrir de quoi je vais bien pouvoir vous parler, si, si !! avouez…

Alors voilà : d’ici quelques jours / semaines, nous aurons l’honneur (si tout va bien) d’accueillir Flat Stanley à Dakar !

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cette photo appartient à inside expat.

Flat Stanley est un petit bonhomme de papier. Une école primaire française attend des photos de ce petit bonhomme pour un voyage par procuration toute l’année. France, Canada, Australie, Singapour, Etats-Unis, voilà qu’il va venir poser ses valises pour quelques jours en Afrique ! Chez moi !

Je n’ai qu’une chose à vous dire, j’ai hâte !

J’espère que ça lui plaira autant que San Francisco… Les photos et le récit de sa petite virée américaine chez ses derniers hôtes, The B. Family, sont ici !

J’ai déjà envie d’aller lui montrer la mer, la statut de la Renaissance Africaine, l’Ile de Gorée et le Musée des esclaves, de lui faire prendre le bus et de l’emmener au marché aux poissons ou à la pêche aux tissus, de lui faire assister à un baptême ou  à un mariage traditionnel, de le faire jouer avec les enfants dans la rue, pourquoi pas de l’emmener à l’école et bien entendu de manger en sa compagnie un bon thieboudiene (riz au poisson). Oh la la, il va falloir que je fasse des choix !!

Et vous, vous venez bientôt nous rendre visite ?!

Sunday brunch

20120422_145326Dans la série des petits déjeuners, après le samedi grasse mat’ (ici), voilà le brunch du dimanche… Bienvenue à l’Institut français de Dakar !

Le dimanche matin on y a nos petites habitudes…

Et oui, Michoco et moi on est comme ça, bourré de belles habitudes et de jolies routines !

N’y venez pas pour le service : vous aurez à la fois les inconvénients du service à la française (froid et pas arrangeant pour un sou) et ceux du service à la sénégalaise (lent et minimum 3-4 erreurs par commandes). Je suis un peu méchante, mais désolée… quelques mauvaises expériences me sont encore restées en travers de la gorge…

20150208_102634_resizedJe vous rassure, je suis bon public, ça ne m’empêche pas d’y retourner !

Pour la cadre surtout. Petit halo de verdure, de fraîcheur et de calme en plein centre ville, vous oublierez presque qu’on est au cœur de Dakar, au cœur du brouhaha, au cœur de la pollution, au cœur de la misère plus voyante aussi. Ici se côtoient touristes qui ont besoin de reprendre leur souffle, intellectuels et cultureux de la place et expats branchés ou en famille (l’un n’étant presque pas incompatible avec l’autre !).

20150208_114934_resizedDès le portail passé, on se retrouve dans un jardin, sur la gauche joli bâtiment colonial bien restauré qui accueille la bibliothèque de l’institut français, une salle de cinéma aussi et une longue coursive où s’accrochent toujours de belles images du Sénégal.

A droite, l’allée du restaurant. C’est en fait une agréable terrasse couverte. Avec nos températures, on peut se le permettre ! Carreaux cassés et mosaïque à gogo, nappes en wax qui changent de couleurs plus vite que des caméléons, mobilier soudé par un artiste de renom…

… le décor est planté…

Bienvenues au restaurant de l’institut français de Dakar : le bideew !

20150208_114914_resizedA l’heure où Dakar dort, à l’heure où le centre ville est désert, nous profitons deux fois plus… pas de voiture garée sur chaque centimètre carré de trottoir, pas de piétons qui s’accaparent la rue -faute de pouvoir passer sur les trottoirs, pas de marchands ambulants qui vous suivraient jusqu’en Chine pour vous vendre une paire de tongs ou une poignée de cacahuètes grillées, pas d’étales qui s’étalent de partout -comme quoi elles portent bien leur nom en semaine ! Pas de mendiants, à quoi bon tendre la main dans le vide ? Ni de policiers qui cherchent à vous impressionner pour voir s’il pourraient vous soutirer de quoi faire du thé, ou plus !

20150208_102619_resizedDe 10h à 12 heures le dimanche matin, nous avons le quartier et l’endroit pour nous…

Les serveuses ne sont pas encore en tenue, le barman est encore un peu endormi, ils installent doucement leurs couverts pour le coup de feu de midi.

20141116_105807Michoco fonce s’installer à SA table, la meilleure du resto. Celle qui offre une vue à 360 degrés sur toutes les autres, en hauteur, en angle, avec des rebords de toute part pour faire circuler ses petites voitures et des coussins partout autour pour bien se vautrer. On a l’embarras du choix pourtant… mais nous prenons toujours la même, pourquoi se priver du meilleur ?!

20150208_104522_resizedNous commandons un « brunch ». Il s’apparente plus à un petit déjeuner en réalité : œufs, pain, cake, mini-viennoiserie, confiture, chocolat, beurre, fromage, salade de fruits, jus de fruits, boisson chaude.

Quand l’équipe en cuisine est au courant du contenu du « brunch » (et envoie un plateau relativement complet), ça suffit largement à contenter notre dimanche matin !

La preuve : on ne laisse jamais une miette de pain pour les canards et les lapins que nous allons saluer dans l’arrière cour une fois repus…

Bon dimanche !

Le lion du quartier

Il a 11 ans, peut-être 12. Il s’appelle Ali, Cheikh, Babacar ou peut-être Jean-Jacques, peu importe. Depuis qu’il est né, on ne l’a jamais croisé sans une balle au pied. Parfois des sachets plastiques entourés d’une ficelle pour créer une boule, parfois un vieux ballon de baudruche rafistolé, d’autre fois des chiffons enroulés et les jours de chance une balle de tennis ou un « vrai » ballon, plus ou moins gonflé, plus ou moins recousu. Il s’arrange toujours.

Il shoote, il drible, jongle. Dans sa tête il s’imagine des adversaires mondiaux, la pelouse, la foule en délire. Il n’est jamais allé au stade, personne ne s’intéresse vraiment au foot dans sa famille, mais il ne rate pas un match. Pour cela il a un allié le taille dans le quartier, le vieux Issa qui n’a pas manqué une seule retransmission depuis 1976, d’abord à la radio, puis à la télévision qui ne sert qu’à ça. Il a trop peur que l’écran ne s’abîme si les autres mettent des clips ou des séries. Les matchs de foot et le défilé du 4 avril, la fête nationale, sa télévision pourtant ancienne est comme neuve et personne n’ose plus s’y approcher depuis longtemps ! Il est sympa le vieil Issa mais il ne faut pas trop le chercher non plus. Et on ne rigole pas à propos du football !

Le jeune garçon fait des yeux ronds, n’en perd pas une miette. Issa en fin commentateur analyse chacune des passes, s’enthousiasme, s’énerve aussi. Lui est assis en tailleur à ses côtés, au plus près des images. Les Lions du Sénégal ne sont pas les meilleurs mais le jeune garçon en est certain, un jour ce seront eux les champions du monde ! Ils ont fière allure. Son cœur tape fort dans sa poitrine.

Alors il continue à s’entrainer. Sa mère se désespère de lui courir derrière pour qu’il vienne manger, ses frères et sœurs ne l’invitent plus dans ses jeux, les devoirs passent après tout le reste, lui son truc, c’est le football.

Quand son oncle qui travaille en Espagne est venu pour les vacances, il n’a pas demandé une paire de crampons ou un maillot du Barça, il a demandé un terrain de football ! Rien que ça…

L’oncle a demandé l’autorisation au propriétaire de la parcelle voisine. « Non, ça ne me dérange pas, je ne compte pas construire avant plusieurs années », lui avait-il répondu au téléphone. L’oncle a couru acheté un bidon de peinture, du colorant aux couleurs du drapeau sénégalais, il a envoyé le jeune garçon chercher une échelle dans le quartier. Lui, intrigué, s’est exécuté sans broncher. Avec tout autre membre de la famille il aurait déjà filé en douce pour rejoindre une bande de jeunes et un ballon. Mais l’oncle avait l’air tellement enthousiaste…

Ils ont peint, une bande verte, une bande jaune, une bande rouge, puis une étoile au milieu, et enfin il ont dessiné le contour des cages.

« Le voilà ton terrain mon garçon ! »

 

La Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2015) débute demain pour 15 jours de compétition, elle se déroulera en Guinée Equatoriale et les Lions du Sénégal font partie des 16 équipes qualifiées. Je sens qu’il va y avoir de l’ambiance dans le quartier, et quelques vocations suscitées aussi !!

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La crémeuse pomme cannelle

20141126_171045(0)Non non, je ne vais pas vous parler de compote de pomme à la cannelle, certains le font bien mieux que moi !

Mais étant donné que j’attends toujours que ma deuxième fournée de concombres cornus d’Afrique achetés il y a 10 jours passent à la couleur orange pour les tester en mode fruit (petit rappel sur leur histoire biscornue ici), j’ai eu la chance d’acheter un nouveau F.N.I. (fruit non identifié).

Sur le stand du marché bio, ils me les ont vendues comme des pommes cajou selon les uns, pomme cayor selon les autres, mais pour avoir goûter des pommes cajou, je savais que ce n’était pas cela.

Bref, l’inconnu ne me fait pas peur ! J’achète !

Je pars sur l’idée que ce sont des pommes cayor, mais dans le doute, je vérifie dès mon arrivée et me rend compte que mes pommes n’ont rien à voir avec des pommes cayor !

Il va falloir qu’ils se renseignent un peu mieux avec une cliente chiante comme moi ! Cela dit, ils ont bien pris mes remarques sur le concombre cornu d’Afrique, je vais peut-être leur proposer de s’abonner à mon blog…

Mes recherches sur Google sont décidemment extrêmement efficaces (ou bien est-ce Google qui est vraiment efficace ?), je retrouve rapidement mon fruit, il s’agit de pommes cannelle !

Le nom de ce fruit viendrait de « pomme » pour sa ressemblance à une pomme de pin et « cannelle » pour son goût se rapprochant de la cannelle.

Le Wiktionnaire confirme : « Fruit de l’attier ou pommier cannelle (Annona squamosa) ; des protubérances à l’allure d’écailles dures protègent une chair blanche, crémeuse, sucrée et parfumée renfermant de nombreuses graines noires. » C’est mon fruit !

Mes pommes cannelle avaient le goût de poire. J’ai fermé les yeux, plusieurs fois car je suis une grande fan de cannelle ! Mais au risque de vous décevoir, je n’ai pas ressenti le goût de la cannelle… J’ai attendu 10 jours pour gouter la seconde pomme cannelle : super conservation, et même goût : une poire, en version très crémeuse et avec de nombreux noyaux. Bon allez, pour vous faire plaisir, et vraiment en cherchant au plus profond de mes papilles, une petite pointe épicée reste sur la langue plusieurs minutes après la dégustation !

Je ne  rentrerai pas les pommes cannelle dans la catégorie des fruits à emporter dans la poche puisque pas vraiment pratique à manger avec tous ses noyaux (une trentaine par fruit -oui j’ai compté !- d’une taille se situant entre un pignon de pain et une amande). Grosse déception : Michoco n’a pas voulu en goûter :-( Avec ses noyaux, difficile aussi d’en récupérer la chair pour le transformer dans des compotes ou un gâteau… Mais pour un petit voyage exotique, une évasion gustative, c’était juste parfait !

Garanti achat local, fruit de saison, bio et équitable, alors que demander de plus ?!

Royal de luxe : acte 2

Investie d’une mission d’une importance capitale (vous livrer la suite de nos aventures !) et bien contente d’avoir l’occasion de sortir prendre l’air 2 heures avec mon Michoco maladif qui a opté pour le soin « pot de colle », nous sommes repartis le corps fiévreux mais cœur vaillant, la tête remplie d’envie, et sans aucun a priori négatif malgré l’acte I plus que décevant (ici) à l’assaut de l’acte II du Royal de Luxe !

Michoco était absolument ravi de s’y rendre en taxi. Cette fois-ci nous ne sommes pas arrivés à l’heure, mais à l’heure syndicale pondérée par le fait que c’était tout de même organisé par l’Institut culturel français, donc à l’heure + 2 heures de retard sénégalais – 1 heure de french organisation divisées par 2 avec la pression de l’organisateur hystérique = une demi-heure de retard et piles à l’heure !

Une petite foule est déjà proche de la scène. Ouf, cette fois-ci pas de barrières fictives et d’organisateur remonté pour nous harceler ! Nous nous approchons au son des tam-tams. C’est beaucoup plus sénégalais. Des « clans » par quartier se regroupent, ils sont venus représenter les meilleurs coureurs de vélos statiques de leur quartier, sélectionnés pour la grande finale. Pleins de jeunes garçons aussi, attirés par le son du tam-tam visiblement et plus occupés à jouer au foot qu’à essayer de comprendre le spectacle.

Ambiance africaine au sol : tam-tam, djembé, femmes en tenues traditionnelles et même un masque qui effraie les plus petits en brandissant une machette. Michoco n’a pas l’air d’avoir peur, mais sur son passage tous les autres enfants fuient en hurlant, nous foncent dedans, jouent à se faire peur en essayant de revenir toucher les poils synthétiques du yéti rouge. On l’appelle masque, mais il est recouvert de la tête aux pieds de longs poils qui s’agitent avec les gestes saccadés de ses danses. Je garde mes distances quand même, il y a des masques qui viennent vous hurler dessus ou faire de grands gestes à 10 cm de votre tête, je ne voudrais pas que Michoco soit traumatisé à vie des masques, je ne voudrais pas non plus que le masque ne se vexe à entendre que Michoco le prend en fait pour un nounours ! « Nounours, danse nounours » « euh… c’est un masque Michoco, mais tu trouves qu’il ressemble à un nounours toi ? »

Sur scène c’est ambiance triplette de Belleville ! Des vélos statiques, un pommeau de douche old school qui j’imagine servira à arroser les coureurs cyclistes au gré des aléas météorologiques de la course.

Une grande carte du Sénégal représente le parcours, et sous l’action des pédales de petits personnages cyclistes avancent sur le circuit fictif. Décidemment, un petit côté très ancienne époque, ça rappelle les fêtes foraines, le tour de France, les parcours de pitou cyclistes avec des billes qui s’organisaient sur les plages !

Les membres du Royal de luxe sont assis sur la scène, les équipes de coureurs concentrés sur leur banc. A part les tam-tams et l’arrivée des « clans », il ne se passe pas grand chose…

Du coup Michoco s’intéresse principalement à savoir comment il pourrait faire pour passer de l’autre côté de la barrière, là où les quelques VIP présents ont une estrade privilégiée et des fauteuils rembourrés, et au camion de pompier qui derrière la scène alimente l’arrivée d’eau pour les aléas météorologiques de la course.

Juste le temps d’assister au coucher du soleil et nous faisons demi-tour, direction la maison… Nous n’assisterons pas à la grande finale.

Je n’ose pas calculer dans ma tête le prix de tout ça : voyages de la compagnie, cachet artistique, installation de la scène, publicité à coup de 4×3, spots sur canal+ aux créneaux horaires les plus chers et flyers et programmes léchés…

L’idée de cette histoire de vélo statique, de thème Dakar-Dakar est plutôt sympa mais… Je suis déçue. Et plutôt deux fois qu’une ! Suis-je passée à côté ? Les autres spectateurs sont plutôt passifs aussi et confirment mon ressenti !

Peut-être avais-je trop d’attentes ? Je m’étais fait pleins d’images dans ma tête, je rêvais de spectaculaire, de magie, d’en prendre plein les yeux…

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Royal de Luxe : Acte 1

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Il y a quelques semaines, entre deux lignes d’un programme culturel, je lis « le Royal Deluxe bientôt à Dakar ».

J’ai l’impression de rêver. C’est une compagnie de renom. Pourquoi un simple filet si discret ? Ils la jouent en mode teasing ? Si l’information est exacte, c’est vraiment génial !

« Les Nantais cultivent le mystère jusqu’au bout, ça fait partie de leur marque de fabrique », m’explique une connaisseuse.

L’info est bien confirmée dans le programme novembre-décembre de l’Institut français. La compagnie Royal Deluxe sera présente toute la semaine précédent le Sommet de la Francophonie pour des performances orignales autour du thème « Dakar Dakar ».

Le pitch : Un pilote, égaré du dernier Paris-Dakar ayant eu lieu en terre africaine (2007), finit par arriver à Dakar et décide d’y organiser une grande course de vélo statique. Un spectacle d’ouverture, des spectacles de quartier et un final, je trépigne déjà !

Michoco sur les épaules de Grand Choco, mon attelle de cheville et moi-même nous donnons tous rendez-vous place de l’Obélisque à l’heure dite. Pas un chat. Michoco passe sous les barrières de l’installation scénique qui se résume à une grande scène et deux chevaux en bois. Mis à part un organisateur hystérique, ça n’émeut pas grand monde et surtout pas les autres enfants de moins de trois ans qui se donnent à cœur joie de passer sous les mailles du filet et de faire criser leurs parents ET l’organisateur hystérique qui s’est adjoint entre temps d’une armoire à glace sénégalaise. 30 minutes de retard. Nous décidons de descendre l’avenue. Si parade il y a, mieux vaut être en bord de route que d’attendre une heure pour rien au point d’arrivée… C’est la fête, je sers les dents pour ma cheville, trop excitée, trop curieuse de découvrir enfin cette compagnie de rue dont tout le monde me parle tant depuis des années. A peine dans le taxi, la parade arrive à nous.

En fait la parade est vraiment limitée. Le fameux pilote du pitch circule dans une baignoire sur roulettes, il est suivi de quelques tirailleurs sénégalais (hommage centenaire à la participation des tirailleurs sénégalais à la guerre de 14-18), de voitures transportant des carcasses de voiture sur leur toit et d’une machine à cracher de la mousse, effet neige.

Bon. Je m’attendais vraiment à en recevoir plein les yeux. En 15 minutes la parade est pliée. Déambulation, arrivée sur la place et discours du pilote esseulé compris. La communauté française (qui compose 80% des spectateurs) reste pantoise, les rares sénégalais qui sont venus s’ajouter aux badauds s’éparpillent sans avoir compris à quoi ils assistaient. « Avec Royal Deluxe, c’est comme ça, ils aiment l’impro, on ne sait jamais quand ça sera grandiose » commentent certains.

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Michoco redemande encore de la neige, ramasse trois cotillons au sol… S’intéresse finalement au fourgon jaune fluo du Samu qui suivait le cortège par obligation règlementaire.

L’ambiance générale est à la déception.

Nous attendons maintenant le chanteur Ismaël Lô qui en seconde partie de programme doit donner un concert. Il ne vient pas. Après 30 minutes d’attente, la fanfare militaire comble un peu. Dans l’indifférence générale, une, deux, trois chansons très… militaires. Le silence à nouveau, l’attente. La place se vide du peu de courageux et fans d’Ismaël Lô. « Ismaël Lô est en route, il ne devrait plus tarder » nous annonce au micro une voix mi-désolée, mi-suppliante ce qui ne présage rien de bon. 30 minutes plus tard, toujours rien à l’horizon, ou si plutôt, à l’horizon le coucher du soleil…

Les connaissances nous saluent. C’est décidé, nous plions nous aussi bagage.

Au moment où nous contournons la place en voiture, je crois apercevoir un 4×4 qui entre dans l’enceinte de la scène. ça doit être lui. Sur la place une vingtaine de patients… Les premières notes de musique auront je l’espère attiré un nouveau public ? Pour nous, c’est raté !

Nous avons bien fait rire les connaissances qui n’ont pas voulu venir par peur de la foule et de la cohut !

Je n’ai pas pu me rendre aux spectacles de quartier cette semaine, et je vous avoue que je me tâte encore pour le « Grande Final » de samedi…

A votre avis le Royal Deluxe va-t-il nous sortir le grand jeu ?

 

Dakar se fait belle pour la francophonie

Le XVème Sommet de la Francophonie se tiendra ce week-end à Dakar. On en a entendu parlé il y a des mois, mais concrètement il ne s’est pas passé grand chose…

ça c’était avant cette semaine. Soyez rassurés, il est maintenant impossible de passer à côté de l’évènement ! Il était temps…

20141126_122014Dimanche soir nous avons déposé grand Choco à l’aéroport. Ils étaient entrain d’installer la porte à ouverture automatique du tout nouveau salon d’honneur spécial VIP. Michoco voulait coûte que coûte donner un coup de main aux techniciens, mais il était trop petit pour se trouver dans le champs du détecteur automatique… En même temps, je doute fort qu’un des chefs d’Etat ou autres membres de l’OIF mesure moins de 1 mètre… J’ai donc fait diversion pour que Michoco change de sujet… Vexé de n’avoir pu participer au contrôle technique des portes, il a bien fait remarquer aux ouvriers que leur tas de gravas était sale et que la peinture n’était pas faite. « teinture là maman, teinture ». C’était il y a 4 jours… espérons que la peinture aura enfin tapissé les murs et séché d’ici 2 jours !!!

Sur la VDN (voie de dégagement nord), une des voies rapides de Dakar, des montagnes de gravier se sont couchées sur les terre-pleins centraux. Quelques minuscules arbustes ont été déposés ci et là. En même temps un ficus au milieu d’un terre plein de 25 mètres de large, entouré de chaque côté de 2 double voies, d’allées de dégagement, de trottoirs et contre-allées, ça fait un peu cache misère… Mais bon je suis bon public : c’est mieux qu’avant ! Je fais donc remarquer à Grand choco qu’ils auraient pu le faire depuis très longtemps, mais il me répond « s’ils l’avaient fait depuis longtemps ça aurait été sale pour le jour J ». « Ah. » C’est vrai que vu comme ça on n’a qu’à plus rien faire dans la ville en attendant le prochain jour J. Le dernier sommet de la Francophonie au Sénégal avait eu lieu en 1989… 25 ans… 2039, ça va faire long pour attendre la prochaine réfection de trottoir, non ? Je salue tout de même le sens du détail de l’équipe technique puisqu’ils ont repeints les bordures de trottoirs en blanc, c’est vraiment très chic de loin ! (de près c’est… ni fait ni à faire ! Tiens d’ailleurs ça plairait drôlement à Papi choc ça…) Alors certes les vaches errantes n’ont plus de mauvaise herbe à brouter et ont déguerpies ailleurs mais au bout de quelques jours, les détritus commencent déjà à s’amonceler sur le terre-plein…

20141126_111904Michoco était aux anges de revoir sa pirogue préférée. Elle trône au milieu d’un rond point et je ne sais pour quelle raison elle avait été retirée. La voilà à nouveau ! Ah si, au jeu des 7 différences, je crois que l’inscription « Commune de Ngor bienvenue » a été repeinte. D’ailleurs le Maire de ma commune s’est lui offert sa photo sur le tout nouveau panneau lumineux qui est tellement éblouissant que l’autre soir j’ai bien failli râter l’entrée du rond-point… Depuis, je ne sors plus sans mes lunettes de soleil, même de nuit !

20141126_114111Le plus beau reste les drapeaux qui décorent les poteaux d’éclairage. Il y a pas mal de vent en ce moment et ils s’en donnent à cœur joie pour nous montrer leurs plus belles couleurs sur fond de ciel bleu. Mon cœur a eu un petit pincement en découvrant le drapeau français, le drapeau sénégalais, le drapeau de mes amis canadiens. Je n’ai pas vu le drapeau suisse et j’en suis venue à me demander si la Suisse est membre de l’OIF, je suis partie vérifier et OUI ! J’ai aussi vu pleins de drapeaux tout aussi chatoyants qu’inconnus : un rose, un avec un soleil, des drapeaux bleus. Un point très positif : le système d’attache des drapeaux est vraiment très bien fait. ça change des trois bouts de ficelle qui servent à accrocher des drapeaux chancelants et pas flottant pour un sou des visites présidentielles officielles plus classiques. J’espère donc qu’ils vont garder la technique à l’avenir ! S’ils pouvaient également trouver l’astuce pour faire fonctionner l’éclairage solaire de nuit, ça serait vraiment parfait car les poteaux sont nombreux, servent certes à accrocher une fois tous les trois mois quelques drapeaux mais n’ont jamais éclairé la rue !

20141126_122009Sur les panneaux d’affichage, c’est la bataille des lions ! Tous les présidents de la République sur la même affiche 4×3, quelle unité, quelle force de l’Histoire et de la Démocratie… Sauf que ça, c’est sur le papier… Abdoulaye Wade (ancien président au centre de l’image) a décidé de bouder l’invitation de l’actuel Président (Macky Sall à droite de l’image) à venir participer au Sommet pour saluer le travail de leur prédécesseur : Abdou Diouf (à gauche), lui aussi ancien Président de la République du Sénégal et actuel Secrétaire général de l’OIF qui va passer le relai cette année… Son excuse : il considère que son fils est pris en otage politique en prison depuis 2 ans. Bien entendu ça passionne beaucoup plus la presse sénégalaise que le contenu du Sommet ! Pas sûre que j’aurai envie de venir faire risette aux côtés de celui qui a mis mon fils en prison, en effet ! La promo de la biographie d’Abdou Diouf passe un peu à la trappe… Et Leopold Sédar Senghor est bien au-dessus de tout ça, lui, et ça a l’air d’ailleurs de bien le faire marrer du haut de son affiche !

logo-sommet-francophonie-dakarDepuis un ou deux mois, nos bouteilles d’eau minérale sont étiquetées aux couleurs de l’évènement, ce qui enthousiasme Michoco qui entre deux imitations du rugissement du lion francophone s’entraîne à répéter les couleurs, vert, jaune, rouge ! ça me change un peu du petit bébé sénégalais à qui il fallait systématiquement donner la becquée, une cuillère pour Michoco, une cuillère pour le bébé…

Bref, on commence vraiment à voir l’effervescence ici, il était temps ! Même si on n’est que très peu concernés, nous citoyens lambda de Dakar, par les activités du Sommet… L’accueil des chefs d’Etat aura lieu hors de Dakar dans le rutilant centre des congrès qui se trouve à quelques kilomètres de la ville, tout proche du tout nouvel aéroport qui lui n’aura pu être prêt pour l’évènement (et il manque visiblement plus qu’un coup de pinceau).

Et vous le Sommet de la Francophonie, vous en entendez parler ?

A toutes fins utiles pour les visiteurs francophones qui mettraient les pieds cette semaine à Dakar, voici un petit lexique de notre français d’ici, écrit à l’occasion de la semaine de la francophonie en mars dernier (c’est ici !).