… et revenir au calme

En plus de notre coussin de colère (petit rappel ici), Michoco a aussi son coin de calme !

Deuxième stratégie car parfois ce n’est évacuer sa colère dont il a besoin, mais plutôt revenir au calme…

20140917_164115_resizedJ’ai dédié un petit coin du salon qui ne servait à rien, contre un bord du canapé, où Michoco ne joue jamais habituellement. Un jour ça débordait… Je l’y ai placé quelques instant en lui disant qu’il avait besoin de se calmer et suis revenue discuter avec lui.

Maintenant quand je lui dis qu’il a besoin de se calmer, il fonce dans le coin de calme et s’assoit. Si je viens à sa rencontre il me dit « non, pas, pas », pour me signifier qu’il n’est pas calme, que ce n’est pas le moment de venir ou bien « a y est » en faisant dépasser sa petite tête trop craquante de derrière le canapé pour me dire qu’il est calme.

Parfois je le surprends à s’y rendre tout seul et à en sortir tout seul sans que j’intervienne, c’est vraiment hallucinant ! Se joue-t-il un film dans sa tête ? En ressent-il le besoin à ce moment précis ? Il est le seul à savoir…

Son coin de calme fonctionne bien, ces « mises sur la touche » ne durent jamais plus de quelques secondes et permettent de faire descendre la pression, de l’écarter un peu pour lui faire prendre conscience d’une situation.

Vu l’efficacité sur Michoco, je suis moi-même entrain de réfléchir à me créer un petit coin de calme  où je pourrais m’isoler pour quelques secondes/minutes quand je sens que ma cocotte-minute monte ! Un petit coin de calme où Michoco saurait que je peux moi aussi avoir besoin de quelques secondes toute seule avec moi-même pour prendre du recul, me calmer, retrouver un petit équilibre intérieur perturbé par un facteur extérieur…

Je ne sais pas si c’est notre coussin de colère et notre coin de calme vont marcher dans la durée, mais nous les avons vite adoptés. Nous ne les utilisons pas toutes les minutes, ni même tous les jours mais ce sont des petites astuces faciles à mettre en place, peu « coûteuses » en temps, gratuite et vraiment efficaces (pour nous) (pour l’instant). Bref, elle me plaisent bien ! Et en plus elles me rendent fière de mon fiston et fière de moi-même !

Et vous, quelles sont vos petites astuces ?!

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Pour évacuer la colère…

Avec le début de l’école, la fatigue en plus, sûrement quelques frustrations cumulées, le terrible-two qui pointe son nez, Michoco a commencé à piquer quelques colères, s’énerver en lançant des objets ou en me tapant (merci les petits copains de l’école qui donnent l’exemple…), faire le foufou sans raison apparente.

N’aimant pas me faire taper (ah ! vous non plus ?),
ni subir les roulades incontrôlées de mon petit ange soudain possédé par le démon en personne (si, si !),
ni le voir fondre littéralement en larme si j’ai le malheur de hausser un peu le ton sur lui (snif…),
en plus de bonnes doses d’ocytocines (petit rappel ici), j’ai décidé de réagir illico presto !

20140917_164143_resizedNous avons maintenant un coussin de colère. Il est toujours positionné au même endroit de la maison. Michoco a le droit d’être en colère, tout le monde a le droit d’être en colère. Mais il n’a pas le droit de l’exprimer sur les objets ou sur sa maman, ni personne d’autre d’ailleurs. S’il est en colère, je l’invite à exprimer sa colère en allant taper le coussin autant qu’il en a besoin. C’est la seule chose qu’il a le droit de taper.

Je lui ai expliqué que c’est un coussin spécial qui n’a pas mal quand on le tape et qui permet de faire sortir toute la colère qu’on a en soi. Je lui ai réexpliqué qu’on ne tape pas les autres objets, ni les animaux, ni les personnes. Je lui ai redit qu’il avait le droit d’être en colère, que ça arrive à tout le monde, que ça fait partie des sentiments de la vie, mais qu’on ne pouvait pas l’exprimer n’importe comment en cassant les choses ou blessant les personnes. Une fois toutes ces explications données, mise en pratique sur quelques cas concrets…

Figurez-vous que j’étais la première étonnée : ça marche super bien (avec Michoco) (pour le moment) ! Le coussin lui permet effectivement d’évacuer sa colère de manière radicale. Une fois qu’il a donné deux ou trois coups dessus, il passe très vite à autre chose alors qu’avant il pouvait se rouler par terre, démolir tout ce qui lui tombait sous la main, me ou se blesser, rester grognon pendant de longs instants, ne plus vouloir rien durant de longues minutes. J’ai l’impression qu’il a intégré le fonctionnement du coussin de colère. J’étais fâchée contre quelqu’un et entrain de l’expliquer à Grand choco et Michoco, qui n’a pas les oreilles dans sa poche, s’est levé, a foncé cherché le coussin et me l’a présenté !

J’étais à la fois très surprise qu’il ait si bien capté notre conversation (ça veut dire attention aux conversations devant mon fiston-éponge…) et étonnée qu’il m’apporte la solution.

Une petite interrogation : Parfois il ne me semble pas du tout en colère, et il tape sur son coussin de colère. Je ne sais pas s’il le fait par jeu ou si il a une colère qu’il a besoin d’exprimer et dont je n’ai pas connaissance ? Etant donné que le coussin de colère est en accès libre, c’est à lui de gérer s’il en a besoin ou non. Je le laisse donc faire tant que ça reste dans le cadre qu’on s’est fixé : le coussin reste toujours au même endroit car quand on est en colère, tout le corps est emporté par la colère et on n’a pas l’esprit à chercher le coussin de colère à gauche ou à droite.

Comme il faut donner l’exemple, et depuis que Michoco m’en a donné l’idée, moi aussi quand je suis en colère, je vais taper un bon coup sur le coussin de colère : figurez-vous que ça fait un bien fou !!! ça évacue toute la tension et je regrette de ne pas l’avoir pratiqué plus tôt pour moi-même…

Une solution toute simple, toute bête mais qui fait vraiment un bien fou et que je conseille aux petits comme aux grands !

 

(la suite demain avec notre astuce complémentaire pour revenir au calme ! c’est !)

ma maladie… mon mal a dit…

douleurQuand le mal a dit, j’ai mal au dos, aux épaules surtout, j’en avais vraiment plein le dos de porter tout le poids de ce nourrisson toute seule.

Quand le mal a dit, abcès au genou, je n’ai pas compris que je n’avais pas pris le temps de nettoyer toute la colère que j’avais enfoui au fond de moi, jusqu’à ce que ça s’infecte et m’empêche même de marcher, d’avancer.

Quand le mal a redit abcès, à l’aine cette fois-ci, je me suis bien dit qu’il y avait un souci, un déséquilibre, et qu’en plus ça touchait à mon intime, mon intimité.

Puis le mal a dit maux de cou, tension, torticolis, blocage de cou, souvent, trop récurrents, tout le temps, je ne savais pas encore que mon corps me disait que ma vie ne prenait pas la direction que je voulais, que j’avais peur / ne voulait pas voir ce qui se passait derrière mon dos, que j’avais du mal à dire NON parfois, que j’avais du mal à dire OUI aussi d’autres fois.

Quand le mal a dit grincements de mâchoire la nuit, à s’en réveiller de douleurs, de tensions, à s’en casser les plombages, à s’en casser des bouts de dents, j’ai mis longtemps à réaliser que j’en avais marre de serrer les dents tout le temps et que la situation me faisait vraiment grincer des dents. Le jour où je l’ai réalisé et formalisé, le jour où je l’ai dit, tout était fini.

Quand le mal a dit règles sans dessus dessous, j’ai bien vu que ce n’était plus moi qui fixais les règles de mon propre corps. Je comprenais aussi que la féminité dans laquelle on me cantonnait, ce n’était pas la féminité que je voulais vivre.

Alors les maux de cou sont revenus…

Les maux de gorge sont arrivés aussi et là j’ai dit : il faut parler, il faut que ça sorte.

J’ai parlé de ce qui se passait derrière mon dos, j’ai dit OUI à ce que j’avais envie de dire oui, j’ai dit NON aussi à ce que j’avais envie de dire non. Mes maux de cou ont disparu. Mes maux de gorge aussi.

Depuis je me sens plus légère, et d’ailleurs j’ai perdu comme par magie ces kilos en trop qui me collaient à la peau !

Alors je traîne toujours mon eczéma, mais je me soigne…

Et vous, vous avez mal où ?!

 

La maladie est une façon que le corps trouve pour exprimer un déséquilibre, un mal-être, un conflit interne. Tout ce qui n’est pas dit, tout ce qui n’est pas en accord avec nous même s’imprime et a besoin un jour de ressortir d’une manière ou d’une autre. Pour une introduction au sujet, j’ai bien aimé ces deux liens ecoute ton corps et dicomaux, mais il en existe beaucoup d’autres sur internet, en librairie et chez les spécialistes de médecine classique, traditionnelle ou alternative.

 

une dose d’ocytocine et d’opioïdes apaisants ?

illustr-isabellefilliozatDepuis quelques temps j’ai découvert une nouvelle couleur : le rouge colère !

Comme à chaque difficulté que je pressens être une « phase » dans l’évolution de Michoco, je ressors ma petite bible : « J’ai tout essayé ! » d’Isabelle Filliozat

Page 81 : Il hurle à la moindre frustration

je lis le premier paragraphe :

Que son frère lui prenne un jouet ou que vous lui refusiez quelque chose, la perte vous semble minime, mais pour son cerveau encore immature et incapable de relativiser, c’est un drame.

C’est lui ! Elle ne le connait pas, mais elle parle de Michoco ! Lui reprendre un stylo des mains, c’est comme le poignarder en plein cœur. Refuser de lui donner un objet, mieux vaut sortir les boules quiès… Michoco s’affirme, sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas et le fait savoir… C’est fatiguant car je garde la même ligne de conduite sur les choses autorisées, interdites, les limites sont claires, mais Michoco pique des colères, hurle, pleure jusqu’à en être inconsolable, de grosses larmes roulent sur ses joues, viennent éclabousser le carrelage. Il veut un câlin et me repousse en même temps avec ses pieds. Il veut que je lui sèche les larmes et en même temps repousse ma main avec vigueur.

En pensant à la glace qu’il espérait, son cerveau a fabriqué de la dopamine et des enképhalines, molécules du plaisir et de l’anticipation de la récompense. Quand vous refusez de la lui donner, le taux de ces molécules chute brutalement et déclenche une réaction d’agression vers le premier objet ou la première personne présents. L’enfant frappe ou crie en manière de protestation par simple immaturité des circuits dans la zone du plaisir, de l’agression et les zones qui maîtrisent les impulsions. La perte active les centre de la douleur dans le cerveau et provoque une chute fulgurante du taux de peptides opioïdes. Il a besoin d’apprendre à traverser ces émotions sans en avoir peur.

Après plusieurs tentatives : refus, compassion, consolation, explication, ignorance, dérision, diversion, je tournais en rond et mes nerfs étaient en pelote… Les conseils de ma petite bible m’ont fait du bien. S’ils n’ont pas réglé complètement la situation, il m’ont donné un autre éclairage, une autre façon de penser et de voir la chose.

Manifester de l’empathie sera plus efficace que de consoler. Il a le droit de pleurer ! Il a vraiment mal et son cerveau est sous stress. Le pleur décharge la tension. Une fois la forte vague passée, vous pouvez diriger son attention vers autre chose. Si l’émotion le déborde ou se montre intense, vous interviendrez en le prenant dans vos bras pour le recharger en ocytocine et opioïdes apaisants.

J’apprends même dans la note de bas de page que « chimiquement proches de la morphine, les peptites opioïdes, synthétisés dans le corps cellulaire du neurone, sont qualifiés de morphine endogènes ou d’endorphines. Ces peptites interviennent essentiellement dans le contrôle de la douleur. » Waouh… ça va loin cette affaire !

Finalement à renfort d’empathie, de « oui, je comprends, tu as le droit d’être en colère », puis d’ocytocine et d’opioïdes apaisants, les crises semblent durer moins longtemps, être moins fréquentes. Est-ce moi qui les supporte mieux ? les comprend mieux ? J’arrive parfois à devancer ses crises en lui expliquant que je comprends qu’il a envie de ça, mais qu’actuellement ce n’est pas possible et en lui proposant une solution alternative ou une autre activité, avant que ça déborde.

Une petite victoire sur cette couleur du diable… Ma dose d’ocytocine et de peptites à moi !

 

couv-isabellefilliozat-jaitoutessayeJe conseille à tout parent la lecture du livre d’Isabelle Filliozat, illustré par Anouk Dubois :
« J’ai tout essayé ! » Opposition, pleurs et crises de rage : traverser la période de 1 à 5 ans, 5,99€ aux éditions Poche Marabout.
Un petit bouquin illustré et rempli d’éclairages et surtout bourré de petites astuces pratiques et très concrètes pour désamorcer les bombes !

Psychologie d’un épi de maïs

Je prends deux épis de maïs au hasard sur les 3-4 restant dans le panier de la marchande. Jusqu’ici, rien d’exceptionnel… Aucune idée que ce geste plutôt anodin sera le sujet de mon prochain article car j’ai déjà une liste de 61.896 idées en attente de réalisation !

C’est sans compter sur les belles surprises de la vie et de la nature ! Décidemment après la biologie de la betterave qui rend les pipis roses ici et le chou romanesco qui fait ses mathématiques dans la neige , je vais sérieusement envisager ma reconversion en légumiste !

Bref, revenons à nos moutons… euh… nos maïs !

Dans leur étui, ces deux-là se ressemblent. Comme deux gouttes d’eau ! Mêmes feuilles, même taille, impossible de les différencier. A priori. Mais voilà… en les « déshabillant », il y en a un bien rangé et un complètement dérangé ! Comme la vie est bizarre…20140310_202551_resized

En fait c’est un peu comme pour les gens… Le plus étrange de l’histoire, c’est que même les cure-dents ne s’y sont pas trompés. Ils se sont piqués tout droits bien parallèles au centre de l’épi pour l’épi bien rangé, et complètement tordus dans l’épi dérangé qui a donc roulé de travers sur mon beurre fondant qui voulait lui même déborder de l’assiette, affolé par tant de désordre !

20140310_205613Tout n’est pas tout noir ou tout blanc dans la vie, ni tout rangé ou tout dérangé, mais quand même… on retrouve certaines grandes lignes, certains traits de caractère !

La meilleure source d’équilibre dans la vie, c’est encore sûrement d’être un peu rangé et un peu dérangé à la fois !
Ca tombe bien, je pense que j’ai été assez rangée pour me rendre compte que les grains de maïs d’un des épis était dérangés, mais assez dérangée pour faire un article bien rangé sur le sujet !!! Ou bien est-ce l’inverse ?!

Et vous, quel type de maïs êtes-vous ?