Royal de luxe : acte 2

Investie d’une mission d’une importance capitale (vous livrer la suite de nos aventures !) et bien contente d’avoir l’occasion de sortir prendre l’air 2 heures avec mon Michoco maladif qui a opté pour le soin « pot de colle », nous sommes repartis le corps fiévreux mais cœur vaillant, la tête remplie d’envie, et sans aucun a priori négatif malgré l’acte I plus que décevant (ici) à l’assaut de l’acte II du Royal de Luxe !

Michoco était absolument ravi de s’y rendre en taxi. Cette fois-ci nous ne sommes pas arrivés à l’heure, mais à l’heure syndicale pondérée par le fait que c’était tout de même organisé par l’Institut culturel français, donc à l’heure + 2 heures de retard sénégalais – 1 heure de french organisation divisées par 2 avec la pression de l’organisateur hystérique = une demi-heure de retard et piles à l’heure !

Une petite foule est déjà proche de la scène. Ouf, cette fois-ci pas de barrières fictives et d’organisateur remonté pour nous harceler ! Nous nous approchons au son des tam-tams. C’est beaucoup plus sénégalais. Des « clans » par quartier se regroupent, ils sont venus représenter les meilleurs coureurs de vélos statiques de leur quartier, sélectionnés pour la grande finale. Pleins de jeunes garçons aussi, attirés par le son du tam-tam visiblement et plus occupés à jouer au foot qu’à essayer de comprendre le spectacle.

Ambiance africaine au sol : tam-tam, djembé, femmes en tenues traditionnelles et même un masque qui effraie les plus petits en brandissant une machette. Michoco n’a pas l’air d’avoir peur, mais sur son passage tous les autres enfants fuient en hurlant, nous foncent dedans, jouent à se faire peur en essayant de revenir toucher les poils synthétiques du yéti rouge. On l’appelle masque, mais il est recouvert de la tête aux pieds de longs poils qui s’agitent avec les gestes saccadés de ses danses. Je garde mes distances quand même, il y a des masques qui viennent vous hurler dessus ou faire de grands gestes à 10 cm de votre tête, je ne voudrais pas que Michoco soit traumatisé à vie des masques, je ne voudrais pas non plus que le masque ne se vexe à entendre que Michoco le prend en fait pour un nounours ! « Nounours, danse nounours » « euh… c’est un masque Michoco, mais tu trouves qu’il ressemble à un nounours toi ? »

Sur scène c’est ambiance triplette de Belleville ! Des vélos statiques, un pommeau de douche old school qui j’imagine servira à arroser les coureurs cyclistes au gré des aléas météorologiques de la course.

Une grande carte du Sénégal représente le parcours, et sous l’action des pédales de petits personnages cyclistes avancent sur le circuit fictif. Décidemment, un petit côté très ancienne époque, ça rappelle les fêtes foraines, le tour de France, les parcours de pitou cyclistes avec des billes qui s’organisaient sur les plages !

Les membres du Royal de luxe sont assis sur la scène, les équipes de coureurs concentrés sur leur banc. A part les tam-tams et l’arrivée des « clans », il ne se passe pas grand chose…

Du coup Michoco s’intéresse principalement à savoir comment il pourrait faire pour passer de l’autre côté de la barrière, là où les quelques VIP présents ont une estrade privilégiée et des fauteuils rembourrés, et au camion de pompier qui derrière la scène alimente l’arrivée d’eau pour les aléas météorologiques de la course.

Juste le temps d’assister au coucher du soleil et nous faisons demi-tour, direction la maison… Nous n’assisterons pas à la grande finale.

Je n’ose pas calculer dans ma tête le prix de tout ça : voyages de la compagnie, cachet artistique, installation de la scène, publicité à coup de 4×3, spots sur canal+ aux créneaux horaires les plus chers et flyers et programmes léchés…

L’idée de cette histoire de vélo statique, de thème Dakar-Dakar est plutôt sympa mais… Je suis déçue. Et plutôt deux fois qu’une ! Suis-je passée à côté ? Les autres spectateurs sont plutôt passifs aussi et confirment mon ressenti !

Peut-être avais-je trop d’attentes ? Je m’étais fait pleins d’images dans ma tête, je rêvais de spectaculaire, de magie, d’en prendre plein les yeux…

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Royal de Luxe : Acte 1

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Il y a quelques semaines, entre deux lignes d’un programme culturel, je lis « le Royal Deluxe bientôt à Dakar ».

J’ai l’impression de rêver. C’est une compagnie de renom. Pourquoi un simple filet si discret ? Ils la jouent en mode teasing ? Si l’information est exacte, c’est vraiment génial !

« Les Nantais cultivent le mystère jusqu’au bout, ça fait partie de leur marque de fabrique », m’explique une connaisseuse.

L’info est bien confirmée dans le programme novembre-décembre de l’Institut français. La compagnie Royal Deluxe sera présente toute la semaine précédent le Sommet de la Francophonie pour des performances orignales autour du thème « Dakar Dakar ».

Le pitch : Un pilote, égaré du dernier Paris-Dakar ayant eu lieu en terre africaine (2007), finit par arriver à Dakar et décide d’y organiser une grande course de vélo statique. Un spectacle d’ouverture, des spectacles de quartier et un final, je trépigne déjà !

Michoco sur les épaules de Grand Choco, mon attelle de cheville et moi-même nous donnons tous rendez-vous place de l’Obélisque à l’heure dite. Pas un chat. Michoco passe sous les barrières de l’installation scénique qui se résume à une grande scène et deux chevaux en bois. Mis à part un organisateur hystérique, ça n’émeut pas grand monde et surtout pas les autres enfants de moins de trois ans qui se donnent à cœur joie de passer sous les mailles du filet et de faire criser leurs parents ET l’organisateur hystérique qui s’est adjoint entre temps d’une armoire à glace sénégalaise. 30 minutes de retard. Nous décidons de descendre l’avenue. Si parade il y a, mieux vaut être en bord de route que d’attendre une heure pour rien au point d’arrivée… C’est la fête, je sers les dents pour ma cheville, trop excitée, trop curieuse de découvrir enfin cette compagnie de rue dont tout le monde me parle tant depuis des années. A peine dans le taxi, la parade arrive à nous.

En fait la parade est vraiment limitée. Le fameux pilote du pitch circule dans une baignoire sur roulettes, il est suivi de quelques tirailleurs sénégalais (hommage centenaire à la participation des tirailleurs sénégalais à la guerre de 14-18), de voitures transportant des carcasses de voiture sur leur toit et d’une machine à cracher de la mousse, effet neige.

Bon. Je m’attendais vraiment à en recevoir plein les yeux. En 15 minutes la parade est pliée. Déambulation, arrivée sur la place et discours du pilote esseulé compris. La communauté française (qui compose 80% des spectateurs) reste pantoise, les rares sénégalais qui sont venus s’ajouter aux badauds s’éparpillent sans avoir compris à quoi ils assistaient. « Avec Royal Deluxe, c’est comme ça, ils aiment l’impro, on ne sait jamais quand ça sera grandiose » commentent certains.

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Michoco redemande encore de la neige, ramasse trois cotillons au sol… S’intéresse finalement au fourgon jaune fluo du Samu qui suivait le cortège par obligation règlementaire.

L’ambiance générale est à la déception.

Nous attendons maintenant le chanteur Ismaël Lô qui en seconde partie de programme doit donner un concert. Il ne vient pas. Après 30 minutes d’attente, la fanfare militaire comble un peu. Dans l’indifférence générale, une, deux, trois chansons très… militaires. Le silence à nouveau, l’attente. La place se vide du peu de courageux et fans d’Ismaël Lô. « Ismaël Lô est en route, il ne devrait plus tarder » nous annonce au micro une voix mi-désolée, mi-suppliante ce qui ne présage rien de bon. 30 minutes plus tard, toujours rien à l’horizon, ou si plutôt, à l’horizon le coucher du soleil…

Les connaissances nous saluent. C’est décidé, nous plions nous aussi bagage.

Au moment où nous contournons la place en voiture, je crois apercevoir un 4×4 qui entre dans l’enceinte de la scène. ça doit être lui. Sur la place une vingtaine de patients… Les premières notes de musique auront je l’espère attiré un nouveau public ? Pour nous, c’est raté !

Nous avons bien fait rire les connaissances qui n’ont pas voulu venir par peur de la foule et de la cohut !

Je n’ai pas pu me rendre aux spectacles de quartier cette semaine, et je vous avoue que je me tâte encore pour le « Grande Final » de samedi…

A votre avis le Royal Deluxe va-t-il nous sortir le grand jeu ?