Sur les murs de ma ville

La débrouille, la galère, la jeunesse, l’espoir, la colère…

Les murs sont à l’image de la ville, de sa vie : colorée, animée, de bric et de broc, non achevée, sale mais ensoleillée, poussiéreuse mais pleine de promesses, parfois abattue et découragée mais fière et engagée, ethnique et guindée à la fois, mixte mais unie, ségréguée, solidaire… Dakar !

Sur les murs de ma ville, il ne faudrait pas l’oublier, sont aussi inscrites les folies du passé. Son existence, son importance sont controversées, mais plus important : la symbolique est là, ces murs d’un autre siècle, qui à force devient de plus en plus lointain, soutiennent celle que l’on surnomme la « porte du voyage sans retour »…

Contre ces murs 900 à 1.500 esclaves auraient attendus quelques jours ou plusieurs mois leur départ pour un voyage… sans retour. Donner plus de chiffres précis à ce site touristique serait un peu anecdotique au regard de l’ampleur du « commerce ». Les historiens estiment que 42 millions d’africains ont été victimes de la traite négrière, 11 à 13 millions pour la traite transatlantique qui aurait nécessité quelques 54.200 traversées…

Nelson Mandela, Jean-Paul II, Barack Obama, nombreuses sont les personnalités et les touristes anonymes à avoir visité le site, versé quelques larmes, glissé leurs doigts le long des murs restaurés de la dernière maison des esclaves de l’Ile de Gorée, située à quelques encablures de Dakar.

Toucher ces murs comme pour mieux s’imprégner. Se mettre quelques secondes dans la peau de ceux qui ont vécu cette sombre histoire dont on ne parle pas assez dans l’Histoire. Pour se recueillir. Pour s’indigner. Pour ne jamais oublier… Pour essayer de ne pas refaire les mêmes erreurs…

 

Goree_petite_yaye

 

C’était ma participation aux Instantanés Singuliers de l’atmosphérique Marie Kléber sur le thème : « les murs de votre ville ». Toutes les autres sont regroupées .