une plume

plume

Moi qui aime tant prendre la plume,
Pour tes 40 ans je t’en ai offerte une.
Parce que parler c’est difficile,
J’avais envie que tu écrives sur papier tes envies, tes rêves d’avenir.

Tu m’as dit que tu les connaissais.
Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire autant…
Tu es parfois si secret, tout le temps si absent.
Comment te deviner ?

J’espère que tu utiliseras cette plume pour m’aider à m’envoler avec toi.
Je pourrais peut-être te donner des ailes, qui sait ?
Encore plus belles et plus grandes,
Pour s’envoler ensemble vers un endroit meilleur.

Tu en doutes encore sûrement,
Mais toi aussi tu as le droit au bonheur,
Et pour cela tu as tout l’avenir devant toi,
et une petite marchande de plumes tout près de toi.

Je t’aime encore tu sais.

 

L’image vient de ce blog rempli de plumes !

Horizon

C’était un jour où il n’y avait pas encore le réseau au village. Il fallait escalader la colline et faire les 100 pas, portable en main, bras tendu bien haut pour le trouver.

Parfois debout sur la grosse pierre, parfois un peu plus haut près du tamarinier, parfois totalement absent, il était joueur.

Le réseau.

Celui du village voisin plutôt, qu’on ne réussissait à capter que d’ici. Sur 1 mètre carré très précis de cette colline perdue au beau milieu d’hectares de nature sauvage, de champs et de hameaux microscopiques.

Ce jour-là il n’avait pas de crédit pour appeler, ni même pour bipper. Indega était venu se poster, au cas où… De toute façon il n’avait rien de mieux à faire…

Il s’assit sur la grosse pierre et prit le temps de scruter l’horizon. Cette ligne que formaient les collines et le ciel, à peine dentelée par la nature, et le sentier qui fendait la crête. Portable en main, ses souvenirs l’envahissaient petit à petit. Le chemin de l’école, celui des champs, le terrain de foot, la clairière où l’on avait enterré son père, celle où il avait goûté pour la première fois le sucré des lèvres de sa promise.

A l’heure où le soleil décline, la lumière devient si douce.

Plus bas, à peine visibles, les toits de paille. Chez Emile. Chez Tacky. Et là, la vieille Niary.

En bas, c’est l’heure où l’on s’agite. En haut, on n’entend que le silence, et la nature.

Ses yeux reprennent le chemin de l’horizon, toujours pensif. De quoi sera fait l’avenir ?

La sonnerie criarde le fait sursauter à en faire tomber son téléphone.

  • Allo Indega ?
  • Oui allo ?
  • Indega tu m’entends ?
  • Oui je t’entends, je t’entends !
  • Allo ?
  • Oui oui je t’endends, et toi ?
  • Tu es là ?
  • Oui, oui, alors ?
  • Alors c’est bon, tu es pris, on t’attend à Dakar !

La conversation avait déjà été coupée par le réseau capricieux, mais Indega prit une grand inspiration, son horizon allait changer. En route pour l’université…

horizon

C’était ma participation au projet 52 de Ma’ sur le thème horizon. Toutes les autres sont réunies ici.

J’en profite pour vous dire que je suis ravie d’être de retour par ici, je vous souhaite à tous mille horizons tous plus beaux, surprenants, rassurants, délirants, fous, éblouissants pour cette année à venir !

Demain

Les anciens râlent. « Ce n’est plus ce que c’était, les jeunes ne s’investissent pas comme nous. Ah, de notre temps… »

Les jeunes rêvent de rappeurs, de stars de hip-hop, de football. Pourtant, bercés depuis leur plus tendre enfance dans le dos de leur maman au rythme des chants et danses de leur ethnie, ils sont au rendez-vous. Des nuits entières à taper la cadence, à célébrer des rites, à perpétrer la tradition.

Chaque génération intègre un peu d’elle-même dans les costumes ancestraux. Des fils de scoubidou, une paire de « plastiques » blanches, des lunettes de soleil aux verres fumés, des chaussettes de foot, un billet épinglé à la coiffe, des coiffures qui se permettent quelques extravagances aussi ou au contraire des crânes plus sages car ce n’est plus très à la mode au Sénégal un homme tressé…

Les anciens commentent à voix haute mais quand on leur demande si les premiers fils du caméléon portaient du plastique ou des chaînes métalliques, ils sourient en silence et se replongent dans leurs souvenirs de jeunesse, quand les vieux pestaient déjà contre eux et leurs futiles ornementations, leur total non-respect du sacré et des valeurs…

Demain les jeunes reprendront un à un tous les éléments devenus au fil du temps partie intégrante de leur tenue traditionnelle et l’agrémenteront à leur sauce du moment.

Demain quoi qu’en dise les vieux, on continuera de danser et de célébrer jusqu’à l’aube sur la place du village car cette culture est bien VIVANTE !

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C’était ma participation au projet 52 de Ma’ sur le thème « demain », et les autres sont toutes regroupées ici, et ce dès aujourd’hui !