Alors, le deuxième, c’est pour quand ?

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Si vous saviez combien de fois on m’a posé la question… Je ne compte plus. J’imagine que toutes les mamans, et surtout celles avec un petit bambin pas plus haut que trois pommes dans leurs jambes, y ont droit…

Je n’y prête plus attention. Enfin si : j’y prête attention, mais je fais la sourde oreille…

Parce que pour l’instant il n’y a pas et il n’y aura pas de deuxième enfant. Vous m’imaginez rentrer dans les détails avec tous les malheureux passants qui font l’erreur de me poser la question ??!

J’aurai bien aimé vous annoncer une bonne nouvelle, je l’avais même imaginé, rêvé. Avoir un second enfant entre les deux et les trois ans de Michoco, c’est ce que j’avais prévu dans les plans qui sont plantés dans ma tête. Je sais que ça ne fait pas partie des plans de tout le monde, mais je voyais bien les choses ainsi pour ma part, pour ma famille.

Même la nature (et les tests de grossesse faillibles) m’ont joué des tours en avril dernier (ici), mais ça n’aura pas lieu.

Sans le savoir, sans le vouloir, l’excellente blogueuse Lexie Swing a exactement résumé dans l’un de ses articles (ici) pourquoi ça n’aura pas lieu :

J’aime ce chemin que nous faisons désormais à deux, reliés par un, deux, trois enfants ou plus, encadrant et protégeant ensemble cette famille qui est la nôtre. L’égalité est là, pas dans le partage de l’aspirateur ou la capacité à faire un lit au carré, mais dans la possibilité d’être deux pour aimer, et s’entraider.

[Je la rassure, cette décision était prise avant la lecture de ses mots, elle n’a donc rien à voir de près ou de loin avec ma situation, mais il y a de ces mots qui résonnent en vous, parfois comme un miroir, parfois comme votre parfait opposé.]

Moi je n’ai pas de chemin à deux, j’ai un chemin toute seule. Et si on parle de deux, il s’agit de Michoco et moi, sûrement pas de grand choco et moi. J’encadre toute seule, je protège toute seule. L’égalité n’est pas là ni dans le partage de l’aspirateur, ni dans la capacité de faire un lit au carré, mais surtout elle n’est pas là -et c’est bien là que le bas blesse- dans la possibilité d’être deux pour s’aimer et s’entraider.

Dans ces conditions et même si pour moi, pour Michoco, je pourrais en avoir envie, je ne me vois pas inviter un autre petit bout dans ce fiasco. Parce que j’ai des mains et du courage pour sécher les larmes d’un enfant, mais pas deux. Parce qu’au premier, je pourrais toujours expliquer que je rêvais d’autre chose pour lui, que je pensais, naïvement, pouvoir faire en sorte qu’avec lui, qu’avec moi, son papa s’implique, mais comment raconter au second que je n’avais pas été avertie ?

Ce que je peux faire avec un toute seule me semble insurmontable avec deux, toute seule. D’autres l’ont fait, il y a un siècle les femmes ne se posaient sûrement pas toutes ces questions, de nos jours non plus, en Afrique notamment, et partout dans le monde, beaucoup ne se posent pas ces questions. Mais moi, avec qui je suis, mon caractère, d’où je viens, ce que j’ai vécu, je me les pose ! Et je n’ai personne pour se les poser avec moi. Enfin si, je vous ai vous, mais pas grand choco…

Nous n’avons pas de problèmes de couple au sens de la partie visible de l’iceberg puisque si on ne met pas ce sujet sur la table, on se parle bien et on réussit même à organiser une sortie familiale tous les 36 du mois. D’ailleurs pour Grand choco ce n’est pas un sujet à mettre sur la table puisqu’il n’y a pas de sujet. Il ne comprend pas de quoi je parle. Et quand je lui demande de l’aide, quand je veux l’impliquer dans quelque chose qui concerne notre famille : Il n’a pas le temps, il est occupé, il dort, il a autre chose à faire, il veut qu’on le laisse tranquille. Bref, on l’emmerde. (Quand il est là. Parce que la plupart du temps il n’est quand même pas là.)

Il n’a pas été là pour les un an de Michoco, ni pour Noël l’an passé d’ailleurs, bientôt un an et la cicatrice est toujours béante. Il n’a pas été là quand j’étais paralysée d’une jambe, quand j’étais au fond du lit avec 40 de fièvre, ni quand Michoco pleurait jour et nuit. Il n’a pas pris part à la décision de l’école de Michoco, des cadeaux de Noël de Michoco, des grandes étapes de Michoco, il ne partage pas à mes questionnements sur les attitudes à adopter pour l’éducation de Michoco, sur nos pérégrinations météorologiques non plus, sur rien de ce qui concerne notre quotidien ou notre avenir, il n’a pas de projets avec Michoco, il n’est même pas au courant que depuis toujours Michoco mange du jambon !

« Mais comprends-moi chérie ». « Oui je comprends qu’on n’est pas ta priorité mon chéri, qu’on passe toujours après les autres, le travail, les obligations, et la grand-mère du voisin de ton oncle. Oui, je comprends que ça ne t’intéresse pas. Qu’ON ne t’intéresse pas… »

C’est un peu triste, voire beaucoup, de ne pas pouvoir faire grandir sa famille. Il dit qu’il nous aime, qu’il pense à nous, qu’il ferait tout pour nous. En attendant il s’occupe surtout de lui et de lui-même.

C’est sûrement dû à beaucoup de questions culturelles, à une attente et une vision très différente de la famille, du couple, j’en conviens mais cette excuse ne suffit pas ni à sécher mes larmes, ni à taire ma colère.

Avec Michoco, je suis passée à autre chose, j’avance. Mais pourquoi faire un deuxième enfant dans ce fonctionnement qui ne me convient pas ?

Certains me diront que je suis trop exigeante, que les hommes sont ainsi. Au contraire, je crois qu’on devrait être plus exigeant aavec ce qu’on a au fond du cœur.

J’étais avec un papa de deux enfants pour le brunch ce dimanche, il était dépassé, il a fait de son mieux pour gérer la semaine d’absence de sa femme qui en temps normal s’occupe de -presque- tout, il a changé sa fille à même le carrelage du bar du resto, ça m’a fait sourire, il s’est énervé un peu vite sur son fils qui a fondu en larmes, mais il se confiait à moi sur le comportement colérique de son fils, il se projetait avec lui dans l’avenir, il se mettait aussi à la place de sa femme. Le lendemain c’est sa femme qui me reparle du bouquin d’isabelle Filiozat que j’ai conseillé à son mari, ça veut dire qu’ils en ont parlé ensemble !

Je ne regrette pas du tout d’avoir Michoco, mais rien qu’à l’idée de devoir bercer, nourrir, changer, rassurer, porter, accompagner, donner des ailes, fixer des limites, laver, soigner, éduquer, divertir un autre enfant, je sais qu’à deux ce serait oui sans réfléchir et que toute seule c’est non tout court…

 

Je ne suis pas allée plagier un site inconnu, la photo de ces adorables chaussons de nourrisson viennent d’ici : Si vous attendez un heureux évènement autour de vous (ou pas !), passez faire un saut chez Panaka62, c’est rempli d’idées ;-)

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c’est l’anniversaire de mon père

tapette-a-mouchesAujourd’hui c’est l’anniversaire de mon père.

Je ne sais pas si il lira cet article car il n’a jamais parlé avec moi de mon blog. Quand c’est bien, il considère que ça ne mérite pas d’être dit. Quand c’est beau, il estime que ce n’est pas nécessaire de le faire savoir. Quand il aime, il juge que ça ne sert à rien de l’exprimer. Alors j’imagine qu’il le lira puisque pour les autres articles il n’a jamais rien dit. Si il ne le lis pas, ma mère le lui en parlera.

Bref, c’est son anniversaire et cette année je ne vais pas lui souhaiter.

Je ne vais pas lui souhaiter car depuis notre dernier passage en France au mois de juillet je ne lui adresse plus la parole.

Je ne lui adresse plus la parole car il m’a frappée avec une tapette à mouche.

Il m’a frappée avec une tapette à mouche alors que je n’avais rien fait, mais excédé par le trop-plein qu’il ne pouvait pas exprimer envers son autre fille, envers sa petite-fille et le spectacle qu’elle a perturbé, c’est moi, qui passait tranquillement par là, qui ait reçu. Devant mon fils en plus.

Il ne m’a pas blessée physiquement, mais pour moi aussi c’était la goutte d’eau de trop.

La goutte de trop à devoir encaisser qu’il dise aux voisins qu’il s’en foute qu’on vienne lui rendre visite, qu’il est mieux tout seul ; la goutte de trop à devoir supporter ses remarques sur la prétendue éducation qu’on a reçu et qu’on ne transmet pas à nos enfants. La goutte de trop après avoir passé une semaine à mettre tout en œuvre pour que tout se passe au mieux. Oui quand on a un an, deux ans, trois ans, quatre ans, on bouge, on parle, on touche à tout, c’est un peu le concept des enfants, sinon on peut tous élever des poupées, ça respecte mieux les consignes une poupée, ça ne cause pas de soucis, mais ça donne moins d’amour qu’un enfant ! Alors on fait comme on peut, on y met tout notre cœur et on ne s’en sort pas trop mal.

Papa je te parlerai avec plaisir quand tu t’excuseras.

Juste un pardon, un simple pardon pour me dire que ton geste a dépassé ta pensée.

Je ne te demande même pas de me dire je t’aime, même si tu ne me l’as jamais dit.

Je ne te demande même pas de me prendre dans tes bras tendrement, même si tu ne l’as jamais fait.

La moindre des choses quand on fait une erreur est de s’excuser et essayer de ne pas blesser les gens.

De mon enfance, j’ai retenu cette leçon et je l’applique dans ma vie, je tente aussi de la transmettre à mon garçon.

Ton geste m’a blessée.

Tu rodes comme un lion en cage derrière l’écran Skype quand je parle avec maman, tu ne dois pas trop savoir comment t’y prendre. J’imagine que ça doit te rendre triste car j’ai vu ta gorge nouée quand la porte de la voiture s’est refermée sur notre départ.

Alors voici le mode d’emploi en guise de cadeau d’anniversaire :

Tu peux écrire un commentaire à la fin de cet article, prendre ton téléphone, m’appeler sur Skype, m’écrire un message sur Skype, m’envoyer un email, m’écrire une lettre, préparer une carte postale, faire voler un message dans un ballon d’hélium, l’attacher à la patte d’un pigeon voyageur, lancer une bouteille à la mer, tu peux m’envoyer des fleurs ou commander un gâteau avec tes excuses marquées dans le chocolat, m’écrire une chanson et même faire venir une chorale pour me la chanter, m’offrir des vacances au bout du monde juste toi et moi pour l’écrire sur le sable, prendre un avion pour venir dès demain me le dire en face, faire survoler un avion au-dessus de ma tête pour l’écrire dans le ciel, tu peux creuser un tunnel jusqu’à chez moi ou aller me chercher la lune mais je n’en demande pas tant. Il y a mille façons et un pardon me suffira. Un mot. A partir du moment où c’est sincère.

Tu me manques. Et quelques soient tes défauts je t’aime.

 

Pour ceux qui voudraient acheter cette magnifique tapette à mouche, vous pouvez la commander ici pour la modique somme de 1,80 euros, mais avec attaquez-vous aux mouches plutôt qu’aux gens que vous aimez !

 

le début de la fin

Quand j’y pense, je me dis que la fin avait peut-être commencé dès le début.

Je n’avais pas voulu y accorder plus d’importance que cela. J’avais répondu pour la forme. A l’époque j’avais sûrement la prétention de pouvoir changer le fond, les choses, les gens. Mais au fond, on ne change jamais vraiment quelqu’un.

Tout était dit pourtant. Un dialogue qui tient en deux phrases. Deux monologues.

Lui : – Je t’aimerai toujours.

Moi : – Et si tu m’aimais tous les jours plutôt, un jour après l’autre.

Je suis avec une personne qui m’aimera peut-être toujours mais qui ne fait pas partie de ma vie, qui ne connaît pas mon quotidien, qui ne sait rien de mes peines, mes joies, mes problèmes, mes doutes, mes sourires, qui ne partage rien avec moi. Une personne qui ne ressent pas mes envies, mes besoins, ne me rend pas meilleure. Des promesses de demain, de bientôt, de toujours, des promesses qui ne voient pas le jour. Un joli tableau pour toujours mais un quotidien piétiné, abîmé, oublié, renié, laissé de côté jour après jour.

C’est devenu plus insupportable depuis que je suis avec une personne qui aimera sans doute toujours son garçon mais qui ne fait pas partie de sa vie, ne connaît pas son quotidien, qui ne sait rien de ses peines, ses joies, ses problèmes, ses doutes, ses sourires, qui ne partage rien avec lui. Une personne qui ne ressent pas mes envies, mes besoins, ne le rend pas meilleur. Des promesses de demain, de bientôt, de toujours, des promesses qui ne voient pas le jour. Un joli tableau pour toujours mais un quotidien piétiné, abîmé, oublié, renié, laissé de côté après jour.

Alors quand il me dit « ferme-les yeux » pour me susurrer à distance des toujours, je ne peux pas. Non, je ne peux pas, je ne peux plus « fermer les yeux » justement devant ces toujours qui ne riment à rien au jour le jour.

(cette petite parenthèse juste pour vous dire que l’image vient de  !)

michoco, j’ai chooooooooooo !!!!

L’air est rempli, rempli de chaleur, rempli d’humidité, même sans rien faire, il faut chaud… certes ça pourrait être pire, mais en tout cas, il fait trop chaud pour moi aujourd’hui !

– « Michoco, j’ai choooooooooooo !!!

Pourquoi tu viens me coller ? On joue tranquillement aux petites voitures sur le tapis et il faut que tu viennent faire ton kaola… Tu ne transpires même pas ou si peu (quel est ton secret ?) et bien sûr tu me fais remarquer que je dégouline…

– « Niéniéééééé ! (comprenez : mouillé)

Oui, j’ai très chaud, je transpire… Tu veux pas te décoller un peu de moi ???

Il va chercher une serviette, fais mine de m’essuyer et recolle sa tête contre ma poitrine, m’enlaçant avec ses bras.

Allez, reviens un peu tout contre moi, j’adore ça, chaleur ou pas !

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Je t’aime papa !

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Mon cher papa,

Je suis encore petit pour te dire avec des mots que je t’aime, mais quand je te vois, mon visage s’illumine et je cours me blottir dans tes bras.

Je te cherche dans le lit le matin car j’adore venir te faire des bisous et sauter sur toi comme un cheval fou. Bien sûr, je repars sur la pointe des pieds en faisant « chut » à maman pour ne pas qu’elle te dérange !

Je vois ta tasse de café, tes chaussures, tes chapelets, tes valises. Tous ces objets me font penser à toi, mais pour de vrai, tu me manques.

Quand je vois un beau monsieur habillé en costume, je pense à toi. Quand j’entends un bruit de moteur dans l’allée je pense à toi.

Je ne sais pas encore très bien ce que veut dire bientôt, ce soir, demain, 1 semaine, 1 mois. Quand tu n’es pas là, pour moi, tu es loin. Et à chaque seconde j’imagine nos retrouvailles. Moi je vis dans le présent, alors tes promesses ne remplacent pas ton absence.

Quand tu n’es pas là, je ne sais pas si tu es tout près ou très loin. Tu disparais de mon monde et ça fait mal.

D’ailleurs quand j’étais petit ça me faisait drôlement du souci et je ne dormais pas bien. Je grandis et maman m’a bien expliqué que toi aussi tu m’aimes et que tu penses à moi tout autant que je pense à toi. Mais quand tu es là, je me sens mieux. J’ai besoin de toi dans ma vie.

Quand tu es là aussi, j’aimerai que tu poses ton téléphone quand tu es avec moi, que tu laisses de côté tes soucis pour que l’on passe plus de temps ensemble, du temps où je pourrais te montrer beaucoup de choses, car je suis fier de te montrer tout ce que je sais faire, tout ce que je connais, tout ce que j’ai découvert du haut de mes trois pommes. On aurait aussi du temps où tu pourrais me montrer beaucoup de choses car tu en as des choses à partager avec moi : des mots, des jeux, des rires, des astuces, des blagues, des trucs sérieux aussi, des valeurs, des qualités et quelques défauts, des conseils et de l’aide pour que je me sente bien dans mes baskets, que je devienne un jour un homme bien. Aussi bien que toi. Tu vois, on en a du boulot tous les deux…

Je voudrais qu’on se construise des souvenirs ensemble et quand tu seras vieux, c’est moi qui te les raconterai ! Je les raconterai et les vivrai aussi avec mes enfants car ce sera ça mon plus bel héritage de toi à moi, de moi à eux.

Des fois je vois bien dans tes yeux que tu aimerais tout ça, que toi aussi ça te rends triste mais que tu ne sais pas toujours comment faire. Alors je voulais te dire que j’ai confiance et toi et que tu n’as pas à t’inquiéter car il suffit d’écouter ton cœur, il suffit de me regarder et tu vas savoir tout.

Quelque soient tes joies, personne au monde ne pourra te procurer plus de joies que moi, quelques soient tes soucis, personne ne pour te causer plus de soucis que moi. Alors pose tout ça et viens avec moi !

Quand je suis né, j’ai planté mes yeux dans les tiens. Je venais de naître, j’étais un peu sonné, je voyais vraiment flou. Toi aussi tu n’avais pas l’air tellement dans ton assiette. Mais je t’ai vu et je t’ai reconnu. Mon papa. Toi aussi tu m’as vu et tu m’as reconnu. Ton enfant. Et plus rien d’autre n’avait de l’importance.

On s’est dit des secrets d’amour qui dureront pour toute la vie, et même bien au-delà. On a fait un pacte.

Je t’aime d’un amour inconditionnel, tu es mon roi, tu es mon modèle, tu es moi et je suis toi. Tu es tout et sans toi je ne suis rien. Je suis tout et sans moi tu n’es rien.

Même quand tu ne seras pas là, je serai toujours là pour toi. J’ai tant besoin de toi. Ne l’oublie pas.

Même si je suis encore trop petit pour te le dire avec des mots, tu vois combien je t’aime !

Bonne fête papa !

 

(source photo)

Une tornade vit dans mon monde

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Une tornade vit dans mon monde.

Je crains son arrivée autant que je l’attends.

Je redoute son départ souvent, m’en réjouis parfois.

Car une tornade, pour la survivre, il faut résister, s’accrocher, tenir la branche des deux bras, ne rien lâcher.

On la sent arriver. Parfois plus vite que prévu, parfois dans l’attente, on n’y croit plus.

On a beau se préparer, renforcer les barricades, consulter la météo, le vent se fait plus appuyé, la tornade arrive et vous n’y pouvez rien.

Vous ne pouvez pas influencer sa direction, régler son intensité ou changer sa durée.

C’est fatiguant une tornade. Toute son énergie, toute son attention, ça demande tout, ça vous prend tout. Et ça vous laisse quoi ?

Je voudrais être dompteuse de tornade, mais ne peux que me glisser dans ses coups de vents, apprivoiser ses masses thermiques, faire avec ses bourrasques.

Pourtant la tornade qui vit dans mon monde est vraiment fascinante. Ne le sont-elles pas toutes ?

En un battement de cils, elle efface toutes les colères, toute la rancœur accumulée contre elle.

Dans ses bras, elle apaise tous mes doutes et me remplis de joie.

Dans son souffle, je m’endors sereine.

Rien de tel qu’un passage de tornade pour vous fabriquer un monde tout neuf, un ciel bleu et un air pur.

C’est beau.

Mais derrière elle, la tornade laisse un grand vide, le néant.

Sans force, comment trouver le courage de tout reconstruire après son passage ? Encore, encore, encore.

L’envie de vivre dans un monde sans tornade me vient souvent.

J’arrive à voir au cœur du ventre de la tornade, au fond de ses yeux. Elle aimerait être un soleil, une rosée, une brise parfois. Elle est emprisonnée dans sa propre tornade.

Et je ne sais pas dompter sa tornade non plus.

Pourtant je l’aime. Trop souvent pour le pire, mais quand c’est pour le meilleur alors j’oublie.

La tornade est venue. Elle a tout renversé sur son passage encore. Elle est repartie encore.

(photo : meteocity.com)