Soir

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Entre 20h et 22h, pharmacie, boutiques, épiceries, pressings, tailleurs, quincailleries battent leur plein dans notre rue et le stand de fruits sert de lampadaire public !

 

Voilà ma participation de la semaine au projet 52, retrouvez toutes les autres chez ma’.

ta douleur

larmeA toi mon amie qui n’a jamais eu peur d’aucune lutte, d’aucun combat,

A toi mon amie qui sais mieux que personne encenser les foules, révéler les autres,

A toi mon amie qui aurait pu mourir pour les autres, mourir pour tes idées,

J’aimerai tellement que mes mots te fassent du bien, que les médecins t’apportent le remède miracle que l’on espère tous, que tu te couches sans te demander de quoi sera fait demain, que la peur, la fatigue et le doute ne fasse plus partie de ton quotidien et que tu n’aies pas à subir la souffrance de l’être aimé, c’est si insupportable.

Toi qui m’a montré que j’étais si forte, que j’avais tellement tout en moi, que j’étais la seule propriétaire de mon destin. Toi qui m’a poussée et aidée à devenir meilleure encore, à croire en moi, je me sens aujourd’hui si désemparée pour vous.

J’aurai aimé que la vie ne t’impose pas ce combat de plus.

C’est dur, c’est si dur.

Tu es si loin.

Quel ironie… Toi qui a toujours défendu l’humanité, devoir te battre contre la condition humaine.

Je n’ai pas toujours les mots, à part m’inspirer des tiens, te dire que tu n’as pas le choix, qu’il faut célébrer la vie un jour après l’autre, que tu es mille fois plus forte que ça. Mais peut-être que ce n’est pas une histoire de mots après tout, ou que les mots n’effacent pas tous les maux…

Alors je voudrais juste que tu saches que je t’aime, que je pense à toi et que je suis là pour toi.

Deuxième femme

femme-africaine-triste-720x340C’est en la voyant ce matin, perdue dans ses pensées, accroupie sur les marches de la porte d’entrée, recouverte de son voile pour se protéger de la fraîcheur du matin, que j’ai compris.

Il y a 6 ou 8 mois de cela j’ai entendu des éclats de voix dans la cour des voisins.

Des bruits, des cris, des pleurs, il y en a souvent qui se mêlent aux rires et aux discussions animées, mais un éclat de voix comme celui-ci c’était la première et la dernière fois.

J’ai entendu des menaces de quitter la maison. Par la fenêtre j’ai vu une mère qui tirait ses enfants jusqu’à ce que ses parents fassent barrage de leurs corps devant le portail.

Je n’ai pas entendu sa voix à lui, le mari, mais il était là, serein, à attendre dans le salon que sa femme revienne à la raison, ou qu’on la fasse revenir à la maison/raison.

J’ai appris peu de temps après qu’il avait décroché un emploi à Bamako. En Afrique ce n’est pas rare de devoir quitter le foyer familial pour aller occuper un emploi mieux qualifié, mieux payé, qui permettra de subvenir aux besoins de la famille.

Il a quitté depuis quelques mois la maison maintenant, il reviendra pour des congés, dans un an peut-être ou pour la prochaine fête religieuse, mais le loyer est payé, le bol est servi aux heures des repas, les factures sont honorées.

Ce matin, en croisant le regard mélancolique de ma voisine,  j’ai enfin compris ce que personne ne m’a dit, ce qui ne se raconte pas : il y a aussi derrière cet unique éclat de voix qui résonne encore dans la nuit, derrière cette absence du mari, une deuxième femme…

 

(l’image vient de )

Livre

Encore une de ces satanées coupures d’électricité…

A Dakar, elle le sait bien, aucun quartier n’est à l’abri d’une coupure. L’électricité peut aussi bien revenir dans 3 minutes que dans 12 ou 15 heures. Ne pas savoir à quoi s’attendre, c’est peut-être ça le plus dur à vivre.

Plus d’internet et la batterie de l’ordinateur qui rendra de toute façon bientôt l’âme. A tâtons, elle part dans la cuisine récupérer les bougies conservées toujours à la même place, sur une étagère de la cuisine. Question d’organisation.

Elle sourit intérieurement, ces gestes deviennent de moins en moins réguliers, de moins en moins fréquents. Soyons honnêtes : depuis quelques années la situation s’améliore considérablement. Elle touche du bois en pensant à cette autre époque qui n’est pourtant pas si lointaine.

Les voisins viennent de trouver leur torche, le faisceau lumineux pénètre jusqu’à ses fenêtres puis les conversations reprennent au rez-de-chaussée comme si de rien était. Elle ne les rejoindra pas, comment faire avec son petit qui dort dans la pièce d’à côté ?

Elle attrape son livre du moment. Toujours dans ces pensées, elles se remémorent les soirées passées à décrypter le fil des pages à la lueur de la bougie…

La  flamme dansait au rythme de la légère brise qui passait à peine à travers les mailles de la moustiquaire. Bercée par cette danse, elle finissait par sombrer bien vite dans les bras de Morphée, réveillée en sursaut quelques heures plus tard par la sonnerie d’activation des appareils électro-ménagers ou par le néon criard du couloir.

Plus besoin de bougies pour lire maintenant, quand elle ouvre la couverture de son livre, l’écran s’allume tout seul.

Elle ne pensait ne pas s’y faire. Elle s’imaginait que le bruit, le toucher, l’odeur d’un « vrai » livre lui manqueraient, que la sensation d’avancer dans le voyage au fur et à mesure que les pages passent d’une main à l’autre aussi. Mais c’est en fait un vrai plaisir,  toujours le même : celui de la lecture, de la détente, de l’évasion, celui des mots et des histoires.

Mine de rien sa liseuse occupe désormais toute la place sur sa table de nuit, dans son sac à main ou son sac à dos, et contient tous ses livres.

Pour Noël elle lui a même offert un petit relooking en choisissant une jolie housse de protection, histoire de se donner envie de l’ouvrir plus souvent que son blog, histoire de retrouver le plaisir de lire dans l’intimité de la nuit, même quand il y a du courant ;-)

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Voilà ma participation au projet 52 de Ma’ sur le thème du livre, retrouvez les autres ici !

Projet 52

Le principe d’un projet 52 est de poster une photo chaque semaine de l’année sur un thème imposé.

L’année dernière je n’ai pas été très assidue (18 articles sur 52 semaines, hum hum…). Mais je dois bien avouer que j’en ai profité pour écrire des histoires sur « mon » village avec énormément de plaisir et que j’ai reçu tant de retours positifs de votre part que j’ai quand même envie de resigner pour 2016…

Pour ceux qui ont envie de redécouvrir quelques-unes de mes contributions 2015, voici les images et les liens :

Ici, Gros plan, Sucré, Doux, Chaleur, Passé,
Casserole, Rire, Chocolat, Classique, Demain, Animal, Fleur,
Se déplacer, Vert ou bleu, Jeu, Confiserie, Horizon, Détail

Pour cette nouvelle année, voici la liste toute neuve de Ma’:

projet52_2016D’ailleurs, si vous aussi avez envie de participer, n’hésitez pas, plus on est de fou plus on rit ! Tout se passe chez Ma’ >>> .

Pour ma part cette année j’ai décidé de centrer mon projet 52 sur Dakar, histoire de sortir un peu de mes sentiers battus ici et de vous ouvrir une autre fenêtre sur ma vie !

@ très vite donc…

A vos fourneaux maintenant !

De beaux tissus (que je vous présentais ici), une commande toute spéciale et le père Noël qui a bien fait son job, je peux maintenant vous présenter mes cousettes secrètes :

des tabliers de cuisine en wax !
(exposés ici sur ma corde à linge à défaut de mannequins !)

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J’en ai créé une trentaine pour mon amie qui recevait famille et amis à Noël. Les invités ont tiré au sort leur paquet cadeau et ouverts leur surprise tous en même temps, apparemment l’effet était réussi et la fin de la fête très colorée !!

Bien contente que ce petit clin d’œil m’ait permis d’être un peu avec eux le temps des fêtes ;-)

Intemporel

voeux brelParce que je ne me lasse pas de relire ce texte,
Parce que je redécouvre à chaque lecture le sens de chaque mots,
Parce que comment oser écrire après « ça »,
Parce que j’ai envie de partager cette émotion, cette perfection avec vous,

Voici une version des vœux adressés sur Europe 1 le 1er janvier 1968 par le grand Jacques Brel :

 

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences,
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.
Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque,
Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.
Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.

Alors oui, moi aussi je vous souhaite tout ça, et bien plus encore !

Bonne année 2016 !

 

(source image : pinterset.com, source texte : les aventuriers de la vie)

 

Notre Bai Jia Bei !

Un peu plus de neuf mois et le résultat est effectivement encore plus magnifique que toutes nos imaginations, tant par son aspect matériel que spirituel !

Michoco a reçu son bai jia bei pour ses 3 ans comme prévu. Il était ravi de retrouver ses morceaux préférés. Nous l’avons emporté dans nos valises de Noël et en brousse personne n’avait oublié, partant à la recherche de son coupon dans le puzzle de notre assemblage. J’imagine que vous qui me lisez non plus… alors je ne fais pas durer plus le suspens, voilà le résultat !!

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Les enfants se sont empressés d’établir leur camp de base sur notre couverture magique !

Pour ceux qui ont déjà cousu un bai jai bei, vous aurez un regard plus technique, sachez que je me suis même surprise à m’attendrir de toutes les imperfections sénégalaises du résultat !!

Merci à tous et à toutes, parents, amis, proches, blogueurs ou lecteurs. Que votre coupon soit arrivé ou pas, au final, c’est l’intention qui compte. Soyez certains que ce projet va rester gravé dans notre cœur tant il nous a apporté de plaisir et de force.

Alors pour ces cent vœux, nous vous disons mille mercis, et vous renvoyons cent mille vœux !

 

Voici l’historique de notre projet pour celles et ceux qui auraient raté une étape :

Notre projet Bai Jia Bei

le tout premier coupon !

Jolis vœux du bout de la nuit

Au compte goutte

Nous n’avons pas renoncés !

Derniers réglages

Sapin nain !

20151212_130108Ceux qui sont plus grands que lui le trouve ridiculement petit.

Ceux qui sont aussi petits que lui l’ont immédiatement adopté.

Pour celui qui l’a choisi, il est juste parfait.

C’est un peu l’histoire de boucle d’or ce sapin !

Il donne à son petit propriétaire une vision d’ensemble et lui a même permis d’accrocher l’étoile à sa pointe tout seul et à genoux !

Mon nain a choisi cette année un sapin nain, ni trop grand, ni trop haut. Il avait plus de 50 modèles sous les yeux, il s’est faufilé au fin fond de la rangée pour dénicher le sien, le 51ème, un sapin si minuscule à mes yeux mais juste à la bonne taille pour lui.

L’étonnement passé, son choix me semble finalement si évident !

Je suis ravie d’entrevoir le traditionnel sapin de Noël sous cette nouvelle perspective, d’autant plus quand je pense au jour où pour avoir un sapin à sa taille il faudra chercher un modèle qui touche le plafond !!!

Bonnes vacances de Noël, on file en brousse et on va même pouvoir emmener notre sapin dans la valise !

[bai jia bei] derniers réglages

Les dernières promesses d’envoi ne nous sont finalement pas parvenues… Comme quoi elles ne nous étaient peut-être pas destinées ?

100 coupons. La boucle est maintenant bouclée.

Assembler, transformer ces 100 coupons en une seule et unique pièce, plus belle que chacun des ces plus beaux petits bouts de tissus, plus puissante que tous ces vœux pris un à un.

C’est finalement pour tes 3 ans que tu recevras ton bai jia bei mon fils. Comme la vie fait bien les choses…

Laver, couper, assembler puis accepter de passer le relai, de lâcher prise sur les finitions. Décider de confier à un autre la confection, pour qu’il fasse lui aussi partie de ce projet car c’est une évidence, car le lâcher prise fait aussi partie de ce pari un peu fou…

Merci à vous tous, j’ai tellement hâte de vous montrer le résultat !!

Babacar, le moment est venu de te confier ces précieux vœux, venus des 4 coins du monde, de la part d’êtres tous si uniques et chers à nos yeux. Je compte sur toi pour y insuffler ton sourire, ta bonté, ta joie de vivre et ta force de caractère, ainsi qu’autant de tradition, de savoirs-faires et de racines que le nécessite la couture « Baye Fall » qui consiste elle aussi à assembler des coupons multicolores pour créer des habits.

 

montage bai jia bei