le destin du zèbre

zèbre

Un jeune zèbre décide de partir voir le monde.

A force de traverser les steppes et les savanes, il se retrouve au milieu d’un troupeau de pur-sangs noirs. Ils sont élancés, fins, majestueux, ils sont impériaux et le zèbre, se retournant sur son échine zébrée, gonfle la poitrine. De son zébrage il ne voit que le noir. Il se sent chez lui ici. « Tu n’es pas noir, élancé, fin et majestueux comme nous » lui lancent les pur-sangs, « tu es blanc ».

Déçu, le zèbre poursuit son chemin, il atteint des prairies d’herbes vertes, continue sur les hauts plateaux et se retrouve au beau milieu d’un troupeau de chevaux sauvages blancs. Ils sont robustes, fougueux, ils ont la crinière soyeuse et le poil vif. Le zèbre, se retournant sur son échine zébrée, reprend du courage. De son zébrage il ne voit plus que le blanc. Il se sent chez lui ici. « Tu n’es pas blanc, robuste et fougueux, ta crinière n’a rien de soyeuse et ton poil n’est pas vif comme le nôtre » lui lancent les chevaux sauvages, « tu es noir ».

Le zèbre passe sa route, la larme à l’oeil. « Si je ne suis pas noir, si je ne suis pas blanc, que suis-je alors ? »

Il repart de plus belle à travers le monde, rencontre des troupeaux de zèbres blancs à rayures noires qui pensent qu’il est un zèbre noir à rayures blanches. Plus loin il fait la connaissance de zèbres noirs à rayures blanches qui lui affirment le contraire. Il aurait juré que ces deux troupeaux se ressemblaient traits pour traits, mais personne ne veut en entendre parler. D’ailleurs ces deux troupeaux ne se parlent plus depuis des décennies, chacun se trouvant plus beau, plus valeureux que l’autre sorte de zèbre…

« C’est à n’y rien comprendre, si je ne suis pas non plus blanc à rayures noires, ou noir à rayures blanches… Si seulement j’avais eu la chance de connaître mes parents… »

Seul au monde, le jeune zèbre dont personne ne reconnaît la filiation, se résigne à une vie d’ermite.

Sur sa route un vieux rhinocéros l’interpelle : « Tu as l’air bien triste ? Que t’arrive-t-il ? »  » Je ne sais pas de quelle couleur je suis, je ne sais pas d’où je viens, je ne sais pas où je vais », lui répond le jeune zèbre. Le vieux rhinocéros l’invite à s’assoir sous l’arbre à palabres, éclaircit sa voix et le regarde avec une profonde bienveillance.

« Tu as la plus belle parure du monde, les animaux noirs envient tes rayures blanches, les animaux blancs ne rêvent que de tes rayures noires, les animaux tout gris, comme moi, aimeraient te ressembler. Non seulement tu es élancé, fin, majestueux, impérial mais en plus tu es robuste, fougueux, ta crinière est soyeuse et ton poil est vif. J’ai connu ton père, j’ai connu ta mère, un pur sang et un cheval sauvage qui se sont tant aimés que leur couleurs se sont mélangées jusqu’à dessiner les lignes de leur destin sur ton pelage.

Ne te soucie pas de ce que peuvent penser les autres. Trouves-toi beau pour ce que tu es. Puises ta force dans chacune de tes ressemblances, dans chacune de tes différences. Et joues-toi de tes rayures. Si tu es fier de ce que tu es, tu seras accepté et pourras te faufiler aussi bien au milieu des troupeaux de pur-sangs, que parmi les chevaux sauvages. Les zèbres noirs et les zèbres blancs ne jureront que par toi également. Tes rayures te permettront de passer inaperçu ou de te faire remarquer à ta guise. Fin parmi les fins, fin parmi les robustes, robuste parmi les fins, ou robuste parmi les robustes, tu peux être ce que tu veux, quand tu le veux. Tu es partout chez toi.

Alors n’oublie jamais ceci : les lignes de ton Destin c’est toi qui les écris sur ta peau. »

 

à mon ami Philippe Barry et à mon fils, qui chaque jour m’inspirent le meilleur.

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23 réflexions sur “le destin du zèbre

  1. Marie Kléber dit :

    C’est une très belle histoire Petite Yaye, une histoire à garder avec soi, à lire à nos enfants, pour leur montrer que chaque jour est à inventé, chaque être est unique et magnifique. Bravo!

  2. petiteyaye dit :

    J’ajoute le commentaire de philippe laissé sur facebook pour le garder en mémoire… « Je me retrouve parfaitement dans la lecture du zèbre. Garde bien ce billet au chaud pour michoco. dans quelques années il comprendra la profondeur de ce texte. Grand merci »

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