une dose d’ocytocine et d’opioïdes apaisants ?

illustr-isabellefilliozatDepuis quelques temps j’ai découvert une nouvelle couleur : le rouge colère !

Comme à chaque difficulté que je pressens être une « phase » dans l’évolution de Michoco, je ressors ma petite bible : « J’ai tout essayé ! » d’Isabelle Filliozat

Page 81 : Il hurle à la moindre frustration

je lis le premier paragraphe :

Que son frère lui prenne un jouet ou que vous lui refusiez quelque chose, la perte vous semble minime, mais pour son cerveau encore immature et incapable de relativiser, c’est un drame.

C’est lui ! Elle ne le connait pas, mais elle parle de Michoco ! Lui reprendre un stylo des mains, c’est comme le poignarder en plein cœur. Refuser de lui donner un objet, mieux vaut sortir les boules quiès… Michoco s’affirme, sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas et le fait savoir… C’est fatiguant car je garde la même ligne de conduite sur les choses autorisées, interdites, les limites sont claires, mais Michoco pique des colères, hurle, pleure jusqu’à en être inconsolable, de grosses larmes roulent sur ses joues, viennent éclabousser le carrelage. Il veut un câlin et me repousse en même temps avec ses pieds. Il veut que je lui sèche les larmes et en même temps repousse ma main avec vigueur.

En pensant à la glace qu’il espérait, son cerveau a fabriqué de la dopamine et des enképhalines, molécules du plaisir et de l’anticipation de la récompense. Quand vous refusez de la lui donner, le taux de ces molécules chute brutalement et déclenche une réaction d’agression vers le premier objet ou la première personne présents. L’enfant frappe ou crie en manière de protestation par simple immaturité des circuits dans la zone du plaisir, de l’agression et les zones qui maîtrisent les impulsions. La perte active les centre de la douleur dans le cerveau et provoque une chute fulgurante du taux de peptides opioïdes. Il a besoin d’apprendre à traverser ces émotions sans en avoir peur.

Après plusieurs tentatives : refus, compassion, consolation, explication, ignorance, dérision, diversion, je tournais en rond et mes nerfs étaient en pelote… Les conseils de ma petite bible m’ont fait du bien. S’ils n’ont pas réglé complètement la situation, il m’ont donné un autre éclairage, une autre façon de penser et de voir la chose.

Manifester de l’empathie sera plus efficace que de consoler. Il a le droit de pleurer ! Il a vraiment mal et son cerveau est sous stress. Le pleur décharge la tension. Une fois la forte vague passée, vous pouvez diriger son attention vers autre chose. Si l’émotion le déborde ou se montre intense, vous interviendrez en le prenant dans vos bras pour le recharger en ocytocine et opioïdes apaisants.

J’apprends même dans la note de bas de page que « chimiquement proches de la morphine, les peptites opioïdes, synthétisés dans le corps cellulaire du neurone, sont qualifiés de morphine endogènes ou d’endorphines. Ces peptites interviennent essentiellement dans le contrôle de la douleur. » Waouh… ça va loin cette affaire !

Finalement à renfort d’empathie, de « oui, je comprends, tu as le droit d’être en colère », puis d’ocytocine et d’opioïdes apaisants, les crises semblent durer moins longtemps, être moins fréquentes. Est-ce moi qui les supporte mieux ? les comprend mieux ? J’arrive parfois à devancer ses crises en lui expliquant que je comprends qu’il a envie de ça, mais qu’actuellement ce n’est pas possible et en lui proposant une solution alternative ou une autre activité, avant que ça déborde.

Une petite victoire sur cette couleur du diable… Ma dose d’ocytocine et de peptites à moi !

 

couv-isabellefilliozat-jaitoutessayeJe conseille à tout parent la lecture du livre d’Isabelle Filliozat, illustré par Anouk Dubois :
« J’ai tout essayé ! » Opposition, pleurs et crises de rage : traverser la période de 1 à 5 ans, 5,99€ aux éditions Poche Marabout.
Un petit bouquin illustré et rempli d’éclairages et surtout bourré de petites astuces pratiques et très concrètes pour désamorcer les bombes !

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15 réflexions sur “une dose d’ocytocine et d’opioïdes apaisants ?

      • bergamotefamily dit :

        Pas toujours non….
        Tu sais, ce mot « empathie » cela me rappelle une phrase inscrite dans la gare de Strasbourg : l’empathie peut tuer le monde.
        J’avais cherché à comprendre le pourquoi de cette phrase… le but… et bien si tu as une théorie je la veux bien !
        Voilà mon HS du jour !
        Bonne journée

        • petiteyaye dit :

          J’ai déjà passé le bac philo une fois, je passe mon tour ;-)
          Mais suis quand même aller revoir la définition d’empathie, c’est juste accepter que l’autre peut avoir des sentiments propres, qui soient différents des vôtres. Isabelle filliozat parle bien d’éviter la consolation.
          allez… de la philo de comptoir pour la route… même si l’empathie pouvait tuer le monde on meurt tous un jour, non ?!

  1. Zhu dit :

    Je suis un peu des deux côtés pour la psychologie de l’enfant. D’un côté, j’aime bien comprendre et savoir ce qui se passe à tel ou tel stade, dans sa p’tite tête. De l’autre, je suis pragmatique et je ne veux pas user et abuser de la psycho. Donc je dis aussi « oui, je comprends, tu es en colère » mais « c’est comme ça… pis c’est tout! » :lol:

    • petiteyaye dit :

      Pour moi c’est justement ça l’empathie : comprendre que la personne a le droit d’avoir des sentiments propres et donc dire « oui je comprends tu as le droit d’être en colère (mais maman ne va pas te donner ça pour telle et telle raison) » au lieu d’essayer de le consoler : « ne pleure pas c’est pas grave » ou lui dire d’arrêter de pleurer (alors qu’à ses yeux c’est grave). Depuis hier, juste après mon article on a commencé un signe quand on est fâché (faire une grimace de colère avec le visage) et ce matin au lieu de fondre en larmes inconsolables il a fait la tête de fâché !! Je lui ai dit « tu es fâché ? » Et il a hoché de la tête ! Puis il est passé à autre chose assez rapidement. C’était trop cool !!!

  2. Gazelle dit :

    Ha ha ha j’adore ! Moi tu sais souvent je joue l’empathie souvent je jette l’éponge ! Quand j’en ai 2 qui crient à tue tête comme si on leur avait arraché leur trésor le plus précieux je dis ok, quand vous aurez fini de hurler vous venez me voir. Et comme les loulous voient que je ne fais plus attention l’accalmie revient vite hi hi hi c’est ma dose à moi d’ocytocine et de peptites

    • petiteyaye dit :

      Oui beaucoup de gens confondent empathie et sympathie. L’empathie c’est juste comprendre les sentiments de l’autre au lieu de vouloir qu’il est les mêmes sentiments que vous. « Les filles je comprends que vous soyiez en colère » au lieu de « arrêtez de pleurer pour rien ». En tout cas plus je lis les commentaires, plus je prends conscience que le chemin va être loooong…

Un petit mot, ça fait toujours plaisir ;-)

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