histoire de tifs

boutique-mechesLa cousine de notre petite voisine (celle-là) s’est extasiée hier après-midi devant moi : « ooooh ! Elle est belle ta perruque ! »

Alors non, je vous rassure, je ne portais pas de perruque !! Mais oui effectivement je viens de chez le coiffeur, brushing compris…

Ça m’a replongé directement le jour où j’ai découvert que ma copine de quartier portait de faux cheveux !

J’adorais ses nattes. Elle changeait tout le temps de coiffure. Ses cheveux passaient du long au court, de petites tresses à de grosses tresses, de tresses collées à des tresses décollées, tous les styles y passaient et elle avait toujours la classe pendant que moi je n’avais même pas besoin de me coiffer le matin avec ma coupe à la garçonne…

On devait avoir 8 ou 10 ans, tout comme la fameuse cousine de notre petite voisine.

Un jour, on essayait d’apprivoiser un chat sauvage dans un talus de lavande, mangeant la moitié des croquettes qui lui était destinées et attendant qu’il daigne nous rejoindre. J’ai été horrifiée d’apprendre brutalement, comme ça, sans qu’on me demande de m’assoir ou de prendre ma respiration, sans pincettes, que c’était… de FAUX cheveux ! Ses vrais cheveux ne mesuraient que quelques millimètres… En fait elle était chauve ! A partir de ce moment-là, je n’ai plus du tout aimé ses coiffures trop concentrée sur le pourquoi du comment, comment ils tenaient, en quelle matière ils étaient, etc.

A vrai dire, le racisme et la discrimination ne me concernait pas cette époque car je ne m’étais jamais posée la question de sa couleur de peau, de ses origines. Elle était noire, d’ailleurs c’était la seule noire de tout le village, de toutes mes connaissances, mais je ne l’avais même pas remarqué. Son papa était un africain qui travaillait en France (pour moi l’Afrique était un seul et même pays qui se trouvait loin, bien après le pays qui était derrière mes montagnes, et encore après la mer). Sa maman était une dame française blanche, mais je ne m’étais pas posée la question du métissage, sinon j’aurai sans doute compris qu’elle avait une autre maman que cette maman blanche, quelque part sur cette terre et que cette autre maman devait sûrement être très noire comme elle… ça je ne l’ai réalisé que bien plus tard, il y a seulement quelques années, si ce n’est quelques mois !

Alors voilà, la cousine de notre petite voisine vient de découvrir que les occidentales ont de vrais cheveux sur leur tête ! Mi- dégoûtée, mi- admirative, je ne sais pas si dans 25 ans elle se souviendra de cette découverte ? Pour le moment, elle m’a souri  poliment, un peu gênée de ma réponse, puis nous avons recommencé à jouer aux pirates qui catapultent les bébés et se transforment en princesses (et en prince pour michoco !).

J’aime ce monde de l’enfance ou rien n’est tout noir ou tout blanc, ou tout est, tout simplement…

(La photo d’une boutique de mèches vient de !)

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6 réflexions sur “histoire de tifs

  1. Gaou dit :

    C’est pas très gentil de devoiler nos secrets capillaires comme ça! MDR! C’est marrant petite je n’avais pas droit aux rajouts. Je portais mes cheveux jusqu’a la fac et j’en ai voulu longtemps à mes parents. Avec le recul et ma fille, je realise que c’est finalement eux qui avaient raison. Il y a en ce moment (chez certaines filles noires) un gros debat sur les cheveux naturels vs rajouts sur fond de crise identitaire et je realise que je ne me sens absolument pas concernée. Au final c’est juste des cheveux et ça c’est à mes parents que je le dois. Merci pour ton billet bien sympa! :)

    • petiteyaye dit :

      Oui ici ça revient à la mode. Certaines filles commencent à laisser leurs cheveux naturels, et c’est magnifique ! Mais c’est sûr que ça doit demander pas mal d’entretien aussi…

      • Gaou dit :

        Ben de beaux cheuveux en general c’est de l’entretien et ça c’est valable pour tout le monde. Entre mini gaou et moi inutile de dire que je passe un temps fou à soigner nos tignasse. Certaines filles confondent rajouts/tissages avec laisser aller mais quand on a une bonne base on sait que c’est aussi de l’entretien. Après il y a toujours des nanas qui sont magnifiques sans lever le petit doigt mais bon… D’ailleurs je ne les aime pas beaucoup et qu’on ne vienne pas me dire que je suis jalouse MDR :)

  2. Bounty Caramel dit :

    Lol, ça me rappelle mes longs séjours au village, en Casamance et au Sine, et les grandes séances de coiffage et tentatives de tresssage que me faisaient les petites. Une 10aine de main sur la tête, beaucoup de rire, et des aie quand l’une d’elle testait la solidité de mes (vraies) mèches. De bons souvenirs, ton article m’a fait sourire !

Un petit mot, ça fait toujours plaisir ;-)

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